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Inter-LGBT : La théorie du genre n’existe pas !
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Inter-LGBT : La théorie du genre n’existe pas !

Analyse
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« Il faut arrêter avec ces théories du genre fantasmagoriques qui veulent faire croire que l’on va partir dans des délires. Je pense à Farida Belghoul, avec ces journées de retrait de l’école qui sont d’une bêtise absolue »

C'est ce qu'a annoncé à La Voix de la Russie Nicolas Rividi, porte-parole d’Inter-LGBT interrogé à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie.

En tant qu’acteur de la société, toute personne est dans la responsabilité dans l’orientation que prendra celle-ci à l’égard des LGBT – lesbiennes, gays, bi, trans. Il s’agit d’une question d’ouverture dans la société actuelle. Paradoxalement, depuis l’adoption du mariage pour tous, on constate une augmentation de plus de 80 % de cas d’homophobie en France. Comment peut-on faire pour que la société de demain soit plus égalitaire que celle d’aujourd’hui ? Nous avons posé cette question à notre interlocuteur Nicolas Rividi, porte-parole d’Inter-LGBT.

LVdlR. Nous allons parler de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie. Est-ce que ce phénomène est toujours actuel ?

Nicolas Rividi. Pour répondre plus précisément à votre question sur l’existence de l’homophobie encore aujourd’hui et des LGBT-phobies donc les agressions, les discriminations qui touchent aussi bien les lesbiennes que les gays, que les bis et les trans, c’est malheureusement un phénomène actuel. On le voit au niveau international et puis on le déplore au niveau national. Je ne sais pas si vous avez vu le rapport que SOS-homophobie a sorti récemment, mais il fait état d’une augmentation assez alarmante de plus de 80% du nombre de recensement de cas d’homophobie en France, un an après la loi qui a ouvert le mariage pour tous les couples. Cela veut dire que c’est un sujet assez important qui mérite toute notre attention, c’est sûrement pas un sujet qui fait partie du passé.

LVdlR. Alors après l’adoption du mariage pour tous on enregistre plus d’actes de discrimination sexiste ?

Nicolas Rividi. Oui.

LVdlR. Mais pourquoi ?

Nicolas Rividi. Effectivement il y a eu cette grande loi d’égalité qui a été votée en France l’an dernier il y a quasiment un an jour pour jour, et cette loi de toute façon fait avancer les choses. Le problème ce n’est pas l’homosexualité, ce n’est pas le fait que les gens demandent le mariage pour tous. Le problème est ce qu’il y a eu des mouvements d’opposition qui se sont exprimés assez fortement et qui à l’occasion du débat sur la loi « le mariage pour tous » ont implanté en France un climat extrêmement haineux,extrêmement homophobe ce qui fait qu’il y a eu une banalisation d’un certain nombre de propos, d’un certain nombre de conduites allant même jusqu’à des agressions. Il y a énormément de personnes en couples qui se sont faites agresser en pleine rue, en plein Paris. Le problème c’est l’homophobie. Et c’est cela qui nous préoccupe aujourd’hui : comment mettre en place les dispositifs, comment inciter les gouvernements à mettre en place les dispositifs qui permettent de lutter activement contre cette discrimination qui est au même titre que le racisme, l’antisémitisme.

LVdlR. Et qu’est-ce que vous proposez au gouvernement ? Quelles méthodes peut-on prendre pour empêcher ces discriminations de se poursuivre ?

Nicolas Rividi. Nous, ce qu’on demande au gouvernement aujourd’hui, ce sont des mesures fortes immédiates qui soient prises et qui soient assumées par le gouvernement. Je peux vous citer quelques exemples. Cela serait par exemple la réalisation avec les associations d’une enquête annuelle sur les LGBT-phobies. Cela peut être la relance sans délais du plan initié par madame Belkacem en octobre 2012 qui prévoyait un certain nombre de dispositifs de lutte contre l’homophobie et qui est aujourd’hui au point mort. C’est aussi un engagement réel dans l’éducation. C’est-à-dire à l’école dès le plus jeune âge inciter les enfants, les jeunes, les adolescents à lutter eux-mêmes contre les stéréotypes sexistes, contre les stéréotypes de genre, contre l’homophobie en faisant comprendre aux gens que l’autre même s’il est différent n’est pas un ennemi, mais c’est une part de la société et qu’on peut très bien vivre ensemble sans aucun problème.

LVdlR. En ce qui concerne l’école, on parle de plus en plus souvent de la théorie du genre. Est-ce que vous pensez que cette théorie sera finalement adoptée en France, en Europe ou peut-être dans le monde entier ?

Nicolas Rividi. La théorie du genre n’existe pas. C’est un terme qui a été inventé par un certain nombre de personnes désireuses d’entretenir un flou et de faire peur. Il n’y a pas de théorie du genre. Il y a des études de genre. Ce sont des études de sociologie qui visent à étudier la position sociale des uns et des autres, des unes et des autres dans la société en fonction du fait qu’ils sont des hommes, des femmes, des personnes trans, etc. L’objection de l’action du gouvernement avec les ABCD de l’égalité par exemple était justement de montrer que tout cela est très relatif. Par exemple, une femme pouvait bien avoir envie de devenir plombier et un garçon pouvait bien avoir envie de devenir danseur sans pourtant que l’une ne soit plus une fille et que l’autre ne soit plus un garçon. Et là encore ça a été complètement caricaturé par les mouvements d’opposition en France qui en ont fait un étendard pour expliquer que le gouvernement allait transformer en filles tous les garçons et les petites filles en petits garçons dans toutes les écoles. Il y a un moment où il faut être un petit peu raisonnable, un petit peu intelligent, voir les choses avec un peu de pragmatisme et s’apercevoir que de telles caricatures ne peuvent pas perdurer infiniment dans l’espace public. Le grand public n’est pas dupe et l’illusion ne durera pas. Donc il ne s’agit pas d’implanter la théorie du genre en France, il s’agit juste de dire que les filles et les garçons, les hommes et les femmes ont les mêmes droits, les mêmes devoirs et ont droit à la même place dans la société. L’idée qui voudrait que les femmes soient assignées à un certain nombre de rôles, que les homosexuels soient assignés à un certain nombre de rôles et que les hétéros ou les hommes soient assignés à un certain nombre de rôles est une idée erronée aujourd’hui.

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