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    Non au multiculturalisme français !
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    Non au multiculturalisme français !

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    Nicolas Dupont-Aignan, maire d’Yères (Essonne) et homme politique français, chef de file du pazrti gaullien « Debout la République » se prépare aux élections au Parlement Européen. Il nous raconte son approche de la souveraineté nationale un brin différente de l’optique d’une Marine Le Pen.

    Voix de la Russie. A quoi faut-il s’attendre par rapport aux nouvelles élections européennes ?

    Nicolas Dupont-Aignan. Ce qui est certain, c’est que l’Union Européenne telle qu’elle a été construite est en faillite, comme l’Union Soviétique ! C’est la fin d’un monde ! C’est comme un avion qui, à un moment donné, a explosé en vol ! Ce n’est pas simplement le besoin d’une réorientation ou d’un changement. C’est beaucoup plus profond ! C’est que ça ne marche pas ! Et ça ne marche pas parce que le système ne peut pas marcher. On a confié le pouvoir à des gens qui ne sont pas élus et qui ne sont responsables devant personne : la commission de Bruxelles, la Banque Centrale, la Cour de Justice… C’est la multiplication des normes absurdes… C’est l’absence de défense de nos entreprises ! C’est un euro trop cher ! C’est 26 Millions de chômeurs ! Mais on ne peut pas continuer comme ça ! Moi, je propose une Europe de nations et de projets. Je ne cherche pas à critiquer pour critiquer. La critique, tout le monde la partage. Maintenant comme on sait, il y a ceux qui veulent plus d’Europe c’est-à-dire qui pensent qu’en prenant des médicaments on va guérir, ce qui n’est pas possible. Ce n’est pas en donnant plus de pouvoir à ces gens-là que l’on va y arriver. Et puis il y a ceux qui veulent un repli total et pas d’Europe du tout. Cela ne m’intéresse pas parce que ce n’est pas réaliste. Et puis moi, je propose avec les gaullistes « Debout la France ! » - ni système, ni extrême… Je propose une Europe de nations. On rapatrie vers la nation la loi, la monnaie, le budget, les frontières… Chaque pays se gouverne librement, démocratiquement. Et puis ensuite on met en place la coopéra tion. Coopération à 4 ou 5 pays sur des sujets d’avenir : la voiture propre, la lutte contre le cancer, les autoroutes numériques, la robotique, etc. C’est une Europe gaullienne. C’est-à-dire qui concilie, qui articule les démocraties nationales et les coopérations concrètes européennes.

    VDLR. Si vous aviez une comparaison à dresser avec le FN, en quoi votre programme est-il différent par rapport à celui de Marine Le Pen ?

    Nicolas Dupont-Aignan. La critique est commune. Elle l’est même avec M. Chevènement qui vient de la gauche. En revanche les propositions, je pense, mes propositions sont plus réalistes, plus constructives que celles du FN qui se contente souvent de critiquer. C’est bien de critiquer mais moi, je propose une alternative, par exemple, en 265 articles pour se substituer aux multiples traités actuels incompréhensibles. Je propose des coopérations sur Airbus. Je ne suis pas pour replier la France ou l’isoler. Et puis l’autre différence est que je veux le faire avec tous les Français qui qu’ils soient… Et puis notre projet est beaucoup plus réaliste et plus concret. Et je pense que nous avons besoin en France d’un patriotisme constructif. C’est comme ça que je vois la différence principale avec le FN.

    VDLR. « Debout la France ! »… Est-ce un mouvement ou un label ?

    Nicolas Dupont-Aignan. C’est un slogan de notre campagne ! Mais notre parti s’appelle « Debout la République ! ». On peut dire que ce n’est pas très éloigné, que c’est presque la même chose. Nous voulons que notre pays se lève. Quand on voit la Russie qui a retrouvé sa fierté d’elle-même ! Quand on voit les Etats-Unis qui sont fiers d’eux-mêmes ! Et quand on voir la France à genoux… Ca fait de la peine ! Nous voulons simplement que la France se redresse mais pas contre les autres ! Mais simplement pour défendre ses intérêts et puis défendre ses alliés dans le monde et une autre politique étrangère.

    VDLR. Quand vous dites « La France doit se redresser », entendez-vous restaurer les valeurs de terroir et les libertés de région ?

    Nicolas Dupont-Aignan. On ne peut pas revenir en arrière. En revanche je pense que nous sommes un pays aux valeurs et qui a des racines chrétiennes. Nous sommes un pays qui doit davantage assimiler tous ceux qui sont venus sur son sol et qui se réclament d’autres religions et d’autres coutumes, mais je suis pour l’assimilation ! Je refuse le concept de communauté. Il n’y a qu’une communauté – c’est la communauté nationale !

    Et puis j’aimerais surtout que la France ait sa propre vision dans le monde – sur l’Ukraine par exemple où la France est couchée derrière les Etats-Unis. Que la France se prononce sur la Syrie et autres sujets importants. J’aimerais aussi qu’on ait un partenariat développé avec la Russie. On peut ne pas tomber d’accord sur certains points mais nous n’avons pas à épouser cette russophobie qui règne actuellement en France et qui est délirante.

    VDLR. L’Ukraine et la Russie… Le chef du CIFAL a dit qu’il considérait la Russie comme une terre d’expansions pour le capital français. Qu’en pensez-vous ?

    Nicolas Dupont-Aignan. M.Rémy est un grand chef d’entreprise qui a joué un rôle important entre la France et la Russie. Il est évident que nos pays respectifs sont complémentaires. Je pense que la Russie a de grands atouts : c’est un magnifique pays ! Et nous devrions travailler – la France et la Russie – la main dans la main ! Chacun doit respecter les caractéristiques d’autrui : moi, je ne demande pas à la Russie de devenir la France ! Je ne vois pas pourquoi on voudrait que l’Ukraine soit américaine et que la Russie ne défende pas son intérêt national. Je ne demande que ce que la France défende son intérêt national pareil et que l’on travaille ensemble. Il y a tellement de beaux projets que l’on pourrait faire ensemble.

    Commentaire de l’Auteur. Se ressourcer, revenir en arrière, puiser dans ses racines nationales… Décidément l’Europe n’a que ces slogans à la bouche. Mais il y a une vérité cruelle qui perce parce que l’on ne saurait feindre de l’ignorer. Nous sommes tous une société de prédateurs qui ont appris à se respecter. Si vous n’y croyez pas, allez chez votre dentiste : il fera vite de vous expliquer que vous n’avez pas que des molaires mais aussi des crocs dans la bouche. Comme Nicolas Dupont-Aignan rejette le multiculturalisme, il lui faudrait reconnaître que n’importe quel prédateur doit défendre son espace vital qu’est d’ailleurs l’Ukraine pour la Russie l’espace vital s’étalant un peu plus loin que les frontières juridiques d’une entité donnée.

    Dès que l’on aborde la notion de « défense » on se heurte à la perception de la France par d’autres peuples venus pour la coloniser dans l’esprit d’une communauté multiculturelle. La Russie est passée par là au moment des guerres de Tchétchénie et l’adoption de l’idée nationale. La politicaille nazillonne de Kiev en fait maintenant l’expérience dans le Sud-Est de l’Ukraine : n’importe quel pays impose sa loi dans le feu et le sang s’il est besoin de s’imposer. L’équilibre de la violence est le résultat d’une longue évolution du respect mutuel qui mène à la paix par l’acceptation de la force d’autrui. Or la France n’est plus perçue comme une entité avec ses propres idées : elle est vue comme une terre à coloniser de l’intérieur et comme un suiveur du Grand Frère américain de l’extérieur. Donc pour ressusciter, il faudra apprendre à se défendre ce qui, bien évidemment, passe par la violence de l’auto-affirmation. Il se peut que les gens qui peuplent maintenant la France acceptent de devenir Français en oubliant leur culture de souche. Il se peut que l’Amérique accepte la France en tant qu’une entité souveraine au grand dam de ceux qui l’ont réintégré dans le dispositif militaire de l’OTAN. Mais un tel changement capital ne se fera jamais sans heurts et séismes. Alors soyons forts pour être souverains ! Un peu comme les gens du Sud-Est de l’Ukraine qui défendent leurs libertés les armes à la main ne se pliant pas aux exigences de l’envahisseur.

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