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    Assemblée parlementaire du conseil de l'europe

    Une révolte à bord du «navire européen»?

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    Oleg Severguine
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    La délégation russe à l’APCE a annoncé l’arrêt de la coopération officielle avec l’Assemblée à Strasbourg de priver à nouveau la délégation russe du droit de vote et de participation aux organes directeurs.

    Les titres des articles publiés ces derniers jours dans les médias européens sont éloquents. Par exemple, « Schulz avertit Athènes contre les actes unilatéraux » ou « La pression de la part des Etats-Unis: l’UE est désintégrée en ce qui concerne les nouvelles sanctions contre la Russie » et enfin « L’Europe ne parle plus allemand ». Les commentaires susmentionnés sont pénétrés d’inquiétude: l’Europe unie n’est plus unanime, en premier lieu à l’égard de la Russie.

    Selon les agences d’information, la délégation russe à l’APCE a annoncé l’arrêt de la coopération officielle avec l’Assemblée à Strasbourg de priver à nouveau la délégation russe du droit de vote et de participation aux organes directeurs. Il ne fallait, d’ailleurs, pas s’attendre à un autre résultat du vote dans le contexte de l’hystérie antirusse dans l’espace politique de l’Europe unie. Cependant, la décision n’a pas été adoptée à l’unanimité.  

    148 délégués à la session ont voté pour l’amendement sur la prorogation des sanctions à l’égard de la délégation russe et 64 délégués – contre. Fait révélateur: l’initiative de soumettre l’amendement au vote général n’a été adoptée au Comité sectoriel de l’APCE pour le monitoring qu’à la majorité d’un suffrage: 35 contre 34. 

    Il n’y a pas non plus d’unanimité concernant la politique russe au sein de l’UE. Le chancelier autrichien Werner Faymann s’est opposé récemment à l’extension de l’« instrument des sanctions ».  Les journalistes ont qualifié ceux qui se prononcent contre la guerre des sanctions à l’égard de Moscou de « Sept audacieux ». En plus de l’Autriche, ce sont la Hongrie, l’Italie, la Tchéquie, la Slovaquie et la France. L’administration grecque, notamment le nouveau premier ministre: le leader du parti de gauche Syriza Alexis Tsipras a exprimé sa position le plus catégoriquement. « Nous insistons que nous n’y avions pas consenti », a déclaré Tsipras à Federica Mogherini. 

    Selon «Deutsche Wirtschafts Nachrichten», les Etats-Unis renforcent la pression sur l’UE par crainte de scission concernant le durcissement des sanctions antirusses. Cependant, l’expert en vue du Centre d’analyse situationnelle de l’Académie des sciences de Russie Serguei Outkine n’envisage pas la scission. 

    – Certes, il y a des divergences, dit Outkine. Il existe des pays qui sont pour une large part prêts à comprendre la politique de la Russie et ceux qui y sont moins disposés. Les décisions sont adoptées dans l’UE sur la base du consensus ce qui porte à croire qu’il est possible d’éviter les sanctions les plus dures. Or pour y parvenir, il faut atténuer le conflit en Ukraine ce qui ne se produit pas pour le moment.  

    Il convient d’évoquer que la démarche grecque n’est pas liée à la Russie mais à la politique d’austérité préconisée par l’Allemagne qui applique, en outre, la politique des Etats-Unis sur tous les volets. « Le remplacement du pouvoir à Athènes est la défaite de Merkel », a souligné le chaîne de télévision allemande «n-tv» dans le commentaire intitulé « L’Europe ne parle plus allemand ». Parlera-t-on en Europe en anglais américanisé ou bien les langues nationales prendront le dessus? Il n’y a pas pour le moment de réponse à cette question.   


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    Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), Strasbourg, Europe, Grèce, Russie
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