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    Un puits de forage de gaz de schiste du  géant pétrolier américain Chevron en Pologne

    Une déception de schiste

    © AFP 2019 JANEK SKARZYNSKI
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    Les compagnies produisant du pétrole de schiste perdent leur intérêt pour la Pologne. La semaine dernière Chevron a annoncé la fin des travaux de prospection, précédemment Exxon Mobil et Total avaient quitté le pays.

    Les experts l'expliquent par une surévaluation des réserves en Pologne, mais aussi par des problèmes globaux de l'économie. Les prix du pétrole sont toujours plus loin de leur maximum d'avant, et de nombreux projets deviennent tout simplement désavantageux.

    La nouvelle sur le départ d'encore un géant a été perçue avec déception en Pologne, qui aspirait depuis longtemps à devenir indépendant de la Russie au regard de l'énergie. Or le jour où la Pologne puisse se suffire en pétrole semble s'éloigner. Il s'est avéré qu'il est plus difficile d'y produire du pétrole de schiste qu'on ne s'y attendait, que ses réserves ne sont pas aussi importantes qu'on ne le supposait. Le projet est devenu désavantageux, et a dû y renoncer. Comme au rêve d'une révolution de schiste en Europe. Les problèmes apparaissent de même aux Etats-Unis, constate Nikolaï Podlevskikh, chef analytique de la compagnie d'investissements Zerich Capital Management.

    Même si les roches y sont un peu différentes, moins denses, et les technologies de production y sont mises au point, ce qui leur permet d'extraire des quantités considérables. Alors qu'en Europe, les roches sont principalement plus dures, mais l'essentiel réside dans une plus grande densité de la population, et en conséquence les critères écologiques pour la production y sont plus sévères. On doit y forer beaucoup, tandis que le forage d'un puits revient à des millions de $.

    D'ailleurs, les consommateurs américains sont pour le moment contents. Et les médias se dépêchent d'appuyer cette euphorie et promettent un avenir fabuleux aux hydrocarbures de schiste. Toutefois, certains analystes scrutent déjà l'horizon. Dès à présent le prix bas du baril coupe l'appétit aux compagnies. Et en dépit d'un grand nombre d'emplois créés ces temps-ci dans le secteur pétrolier de plusieurs Etats américains, l'effet peut s'avérer peu durable. Et moins coûtera le pétrole, moins il restera d'emplois. Et à part les Etats-Unis cela touchera les pays, où les plus gros projets sont en voie de réalisation. Par exemple, l'Australie.

    Chevron informe déjà des plans de compression d'un quart du personnel dans l'Etat de Pennsylvanie. La grogne des ouvriers dans le secteur pétrolier tourne en actions de protestation de masse. Une grève, la plus importante depuis les années 80 du siècle dernier, a commencé ce dimanche aux Etats-Unis.

    D'habitude, les géants pétroliers et gaziers engloutissent de plus petites compagnies. Mais c'est coûteux et tous ne peuvent pas se le permettre dans les conditions présentes, dit Nikolaï Ivanov, en charge des marchés énergétiques à l'Institut de l'énergie et des finances.
    Certes, des compagnies peu efficaces vont faire faillite, englouties par de plus grosses, plus efficaces ou plus agressives. Je ne pense pas que d'importantes compagnies vont investir beaucoup dans des projets d'hydrocarbures de schiste lorsque les prix sont bas
    Chevron a informé de la diminution de près d'un tiers de ses profits — dans le dernier trimestre de 2014 la compagnie a gagné moins de 3,5 milliards de $, alors que ses investissements doivent se monter cette année à 35 milliards de $, et encore après une réduction des dépenses de 13 %. Fin janvier des réductions ont été annoncées par Conoco Phillips américaine et Royal Dutch Shell hollando-britannique.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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    Tags:
    pétrole de schiste, Mobil, Total, Pologne
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