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« Que faire des réfugiés du Kosovo ? » - titrait en ces jours son commentaire «Frankfurter Allgemeine Zeitung». Le nombre de ressortissants du Kosovo, cherchant refuge en Allemagne a brusquement augmenté en janvier 2015, écrit en particulier le journal allemand.

Selon les données du département fédéral pour la migration et les réfugiés, en 2015 les autorités de la RFA auront à examiner quelque 230 mille de demandes d'asile, dont 200 mille — de la part de réfugiés de la nouvelle vague. Ce sont des chiffres record pour les dernières années. Selon le même département, parmi ces nouveaux réfugiés les ressortissants du Kosovo sont en deuxième position pour leur proportion après ceux de la Syrie.

Chaque jour on voit des bus bondés quitter la capitale Pristina et d'autres villes en direction de la frontière serbe, le régime du passage de laquelle a été récemment assoupli pour les habitants du Kosovo. Une fois à Belgrade, les passagers poursuivent leur chemin à pied jusqu'à la frontière hongroise, que des contrebandiers et des policiers corrompus les aident à franchir.

Drapeau du Kosovo
© Sputnik . Ilya Pitalev
Leur grand objectif est l'Allemagne, la France, l'Autriche ou encore les pays scandinaves. Avec les habitants du Kosovo la frontière est traversée par des réfugiés de Syrie, Irak, Afghanistan. Selon des données non confirmées, en espace de ces deux mois au moins 30 mille personnes ont quitté le pays, et d'après des journalistes locaux — 50 mille sinon plus. Les causes de la fuite du nouveau pays européen en Europe « vraie » sont claires. Aujourd'hui le taux de chômage au Kosovo dépasse 45 %.

Tel s'est avéré le projet occidental sous l'appellation de « Kosovo », réalisé à coups de frappes aériennes de l'OTAN, dont, d'ailleurs, allemandes.

A présent il est question dans les capitales européennes de procédés d'une déportation simplifiée des migrants clandestins du Kosovo dans leur pays.

Des révélations scandaleuses de l'édition allemande «Report Mainz» ont été publiées ces jours-ci par les médias européens. D'après le périodique, les pays de l'UE expulsaient au fil des dernières années aussi des réfugiés arrivant illégalement du territoire ukrainien. Rien d'extraordinaire, somme toute, si ce n'étaient les détails peu avenants. Les migrants clandestins expulsés en Ukraine étaient mis en prison pour un an et plus, où ils étaient, sans doute pour distraction, maltraités et torturés. Détail piquant: le financement des lieux de rétention en Ukraine, qui s'était proclamée elle aussi défenderesse des tous les droits et libertés européens, était déboursé du budget européen.

Combien loin l'Union Européenne pourra-t-elle aller avec ses approches doubles? A cette question le directeur adjoint de l'Institut de l'analyse politique et militaire, Aleksandr Khramtchikhine donne une réponse univoque.

A mon avis, l'UE est déjà allée très loin, et j'ignore comment elle va faire marche arrière. Pour ce qui est du Kosovo et de l'Ukraine, à bien des égards ce sont les résultats des activités de l'UE même, dont elle cherche maintenant à se débarrasser. En réalité, beaucoup maintenant est fait en Europe en partant des considérations idéologiques et sans compréhension de conséquences diversifiées, économiques comme politiques.

Quoi qu'il en soit, ces jours-ci Giannis Panousis, ministre adjoint en charge de la politique en matière d'immigration, a appelé les centres de rétention des immigrés ressemblant davantage à des prisons, un « phénomène honteux » pour le pays et a déclaré la nécessité de leur fermeture immédiate. On doit dire que la Grèce souffre surtout de l'afflux des immigrés clandestins. Peut-être, que cette décision de nouvelles autorités de Grèce donne exemple à leurs voisins de l'UE?

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que la responsabilité de son auteur. Elles ne reflètent pas nécessairement la position de la rédaction de Sputnik.

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Tags:
migration, réfugiés, Frankfurter Allgemeine Zeitung, Union européenne (UE), Alexandre Khramtchikhine, Giannis Panousis, Kosovo, Allemagne
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