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La crise financière en Grèce (237)
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Les médias européens rapportent que pendant de la réunion de l'Eurogroupe à Bruxelles Athènes a rejeté la proposition des ministres des Finances de la zone euro sur l'extension de l'actuel programme d'aide à la Grèce.

Selon les ministres, de nouvelles propositions demandent du temps tandis que le programme en cours expire le 1er mars.

Les sceptiques avaient raison. La réunion s'est achevée sur un constat d'échec. Les représentants du nouveau pouvoir grec dans lequel le la est donné par le parti Syriza ayant remporté les élections législatives du 25 janvier dernier ont qualifié la proposition de l'Eurogroupe d'absurde et inacceptable. Le problème est dans le fait que la continuation de l'actuel programme signifie pour la Grèce la confirmation des engagements pris devant les créanciers. D'autre part, sans prolonger le programme la Grèce ne pourra pas bénéficier du reste des moyens débloqués par le Fonds européen de stabilité.

Il convient de rappeler qu'à la veille des élections législatives le chef de file du parti Syriza Alexis Tsipras devenu premier ministre a promis dans son programme électoral de couper court à la politique de rigueur, de porter le salaire minimum à 750 euros et d'obtenir l'effacement de la dette grecque, non viable selon lui, devant la troïka des créanciers internationaux, à savoir l'UE, le FMI et la Banque centrale européenne. Peu avant la rencontre de Bruxelles Alexis Tsipras a déclaré dans un entretien au magazine allemand Stern que pour son gouvernement il n'était pas question de nouveaux crédits.

Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis lui a fait écho dans les colonnes du New York Times. Il a signalé notamment que pour la Grèce la voie d'une croissance stable était plus importante que de nouveaux crédits. Nous sommes pleins de résolution d'obtenir qu'on ne nous traite pas comme une « colonie endettée », a-t-il conclu.

Précédemment, à l'époque où la campagne électorale battait encore son plein en Grèce, des débats ont été menés en Europe sur son départ possible de la zone euro. Il est curieux, mais c'est en Allemagne qu'on a déclaré que ce ne serait pas une catastrophe pour l'Union européenne. Il ne faut pas oublier l'effet domino car il y a d'autres pays incapables de rembourser leurs dettes.

Cependant le professeur de l'Ecole des hautes études en sciences économique Ivan Rodionov n'est pas si pessimiste:

Le nouveau gouvernement grec allait aux élections avec les slogans rejetant le diktat de l'UE. Il est compréhensible qu'il n'a pas d'issue. A présent il va chercher une solution permettant de ne pas perdre la face aussi bien devant les électeurs que devant l'UE. Selon toute vraisemblance, la Grèce reconnaîtra les dettes pour les restructurer et repousser à plus tard. Pour l'UE il importe de garder du moins les apparences que les règles établies sont observées.

Ces derniers jours une caricature de L'Echo a été largement reproduite sur Internet. Sur l'image intitulée « Pourquoi les nouveaux ministres grecs ne portent pas de cravate » Tsipras et Varoufakis montrent du doigt Angela Merkel qui a soulevé l'ancien premier ministre Antonis Samaras en le tenant par la cravate pour le sermonner. La réponse est brève: Parce que. C'est une blague. Mais plusieurs politiques sérieux estiment que la Grèce devient « la clé de l'avenir de l'UE ». Et cela ce n'est plus une blague.

 

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Tags:
zone euro, Syriza, Fonds monétaire international (FMI), Banque centrale européenne (BCE), Union européenne (UE), Alexis Tsipras, Grèce
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