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Séisme de 2011 au Japon et ses conséquences (136)
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Le Japon a lancé en 2014 un appel d'offres pour la conception et l'installation d'un système de purification des déchets radioactifs liquides de tritium, accumulés suite à l'accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima.

29 requêtes ont été déposées au total pour participer à cet appel d'offres. Trois sociétés restent encore en lice: une canadienne, une américaine et une russe (l'entreprise publique de traitement des déchets radioactifs RosRAO). Les présentations de leurs systèmes de purification d'essai pour éliminer le tritium dans l'eau seront organisées au Japon en 2016. Le projet le plus abouti sera lancé par le gouvernement japonais à l'échelle industrielle.

RosRAO, succursale du groupe nucléaire public russe Rosatom, a ses chances d'aider les spécialistes japonais à éliminer le tritium contenu dans les déchets radioactifs liquides (DRL) accumulés à la centrale nucléaire de Fukushima. Son volume est déjà critique — près de 800 000 mètres cubes. La commission de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui a effectué une vérification de l'état de la centrale ce mois-ci l'a également souligné. Le problème de l'eau radioactive, selon les représentants de l'AIEA, reste parmi les problèmes les plus difficiles et urgents. Les experts de l'AIEA ont indiqué à la direction de la centrale qu'il fallait contrôler le processus afin que l'eau déversée dans l'océan soit la plus décontaminée possible.

Il s'agit d'une question centrale. Les spécialistes testent actuellement à Fukushima un système de purification de l'eau utilisée pour refroidir les trois réacteurs, conçu pour traiter 62 types de substances radioactives — mais le tritium n'en fait pas partie. Sachant que la concentration de tritium dépasse plusieurs fois les normes acceptables établies par l'Organisation mondiale de la santé.

Le chercheur russe Sergueï Floria, chef du projet, a expliqué à la radio Sputnik les avantages de la technologie russe:

"Nous obtenons une concentration bien plus importante du produit avec les mêmes dépenses que nos concurrents. En fait, après la décontamination, les DRL se présentent sous forme d'eau distillée avec un dépôt de tritium. La tâche consiste à créer un dispositif qui récupérerait le tritium pour l'éliminer à l'issue du cycle intégral de traitement. Ces technologies existent et sont déjà exploitées: par exemple, la rectification et l'échange isotopique catalysé. Notre méthode consiste en une combinaison optimale de ces technologies, ce qui est bien plus économique et permet de remplir la tâche avec un maximum d'efficacité…"

Le gouvernement japonais a alloué à chaque participant 9,6 millions de dollars pour créer un projet de démonstration. Les spécialistes de RosRAO se sont déjà mis au travail. Le directeur de RosRAO Nord-ouest Alexandre Bogoutski précise:
"Il s'agira d'une maquette à l'échelle 1:100 par rapport à la version industrielle. Ce modèle montrera la légitimité et la fonctionnalité de notre technologie, c'est-à-dire si elle remplit les critères exigés — à savoir la décontamination des eaux de tritium et le placement du tritium dans une matrice spéciale pour être éliminé. C'est très pertinent pour les Japonais. Nous sommes actuellement à l'étape de conception et de construction, l'assemblage de la maquette commencera au second trimestre 2015…"

Les compagnies doivent présenter leurs maquettes d'ici mars 2016. En cas de succès du projet de démonstration, les auteurs du projet russe pourront prétendre à la conception d'un appareil industrielle à l'échelle réelle pour traiter les déchets radioactifs à forte concentration de tritium dans la centrale nucléaire de Fukushima.

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que la responsabilité de son auteur. Elles ne reflètent pas nécessairement la position de la rédaction de Sputnik.

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Tags:
radioactivité, nucléaire, centrale nucléaire de Fukushima, Rosatom, RosRAO, Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Japon, Russie
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