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    Défilé des anciens légionnaires des Waffen SS à Riga

    Crise de légionellose Waffen SS à Riga

    © AP Photo/ Roman Koksarov
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    Oxana Bobrovitch
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    L'UE continue à ne rien remarquer de ce qui se passe sous son nez.

    On se souvient des images poignantes d'une marche des milliers de prisonniers allemands dans les rues de Moscou, le 17 juillet 1944. On se rappelle ces visages fermes, torturés par la souffrance intérieure, par la honte. Et on se souvient aussi d'une image très forte de camions arroseurs qui fermaient l'écoulement de cette rivière d'uniformes couleur kaki, elles nettoyaient les rues après le passage de cette « peste brune ».

    Ces images ont fait écho dans l'esprit d'organisateurs d'une manifestation « Désinfection » organisée par le mouvement antifasciste de Lettonie. Un groupe de militants en blouses blanches et armés de balais sont passés juste après le défilé d'anciens légionnaires de la Waffen SS et de leurs partisans à Riga. Le défilé des nationalistes et de leurs sympathisants est organisé tous les ans, avec l'indulgence effroyable des gouvernements des pays avoisinants de l'Europe réunie. Ca prend de l'ampleur même. Certaines organisations de connotation nazie ont pris part au défilé, l'année dernière les organisateurs ont invité le Premier ministre ukrainien qui ne s'est pas déplacé. L'UE continue à ne rien remarquer de ce qui se passe sous son nez.

    « Il faudrait que l'Union Européenne réagisse, — souligne l'écrivain Marek Halter, — Les appels à la haine, les appels racistes sont condamnés par les règles de l'Union Européenne. La Lettonie fait partie de l'UE. L'Union Européenne doit faire les mesures et demander de défendre cette sorte de manifestations. L'Europe s'est constituée autour de ses principes et ses valeurs: la solidarité, le respect des autres, la condamnation du racisme et de l'antisémitisme. Si l'Europe ne réagit pas, il faudrait organiser des manifestations devant les ambassades lettones dans tous les pays européens. »

    Pour la Lettonie, cette manifestation n'est pas un cas isolé de décisions « révisionnistes ». Il y a seulement quelques mois qu'on a écrit sur l'annulation de l'exposition «Enfance volée: Holocauste vu par les détenus mineurs de Salaspils», qui devait avoir lieu à l'UNESCO à Paris. La Lettonie, membre de l'Union Européenne, a mis son veto à l'ouverture de l'exposition juste la veille de la Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste célébrée le 27 janvier. En vue de ces faits, on a l'impression que les Pays Baltes veulent gagner des points auprès de l'Union Européenne.

    « Il y a des problèmes avec certains Pays Baltes, — poursuit Marek Halter, — Pendant la (Seconde) guerre ils n'étaient pas de bon côté de la barricade. La plupart des gardiens de camps d'extermination venaient de là-bas. Contrairement à d'autres pays, comme l'Allemagne par exemple, ils n'ont jamais fait leur mea culpa. La « dénazification » n'a jamais était accomplie dans les esprits. Et on les a admis en Europe sans leur demander des comptes sur leur passé. En entrant en Europe, ils devaient accepter l'idéologie de l'Europe. Il ne faut jamais accuser le peuple, c'est une entité extrêmement complexe, mais on n'a jamais extirpé une certaine tendance fascisante en Lettonie. »

    A Moscou, la position est toute autre. « Le défilé d'anciens légionnaires dans le centre de Riga est une honte et une atteinte à l'honneur des millions de victimes de la Seconde guerre mondiale, — considère Constantin Dolgov, le commissaire aux droits de l'homme du ministère des Affaires étrangères de Russie, — De quelle démocratie peut-on parler dans un pays où le gouvernement rend hommage aux criminels de guerre, tandis que les millions de citoyens russophones n'ont aucun droit civique »

    Par ailleurs, un groupe de jeunes a organisé dans la capitale russe le blocus de l'Ambassade de Lettonie pendant deux heures sous le slogan « Contre la falsification de l'histoire, la révision de la Seconde Guerre mondiale, la réhabilitation du nazisme et le défilé des légionnaires SS à Riga »

    Pour être juste il faut constater que Nils Ušakovs, le Maire de Riga a fait de son côté la preuve de bon sens. « Je remercie les habitants de Riga qu'aujourd'hui n'ont pas pris part à la manifestation (fasciste). Nous sommes 700 000 habitants à Riga, et les 1500 manifestants ne représentent que 0,14% d'habitants de la ville. Je remercie les 99,86 autres pour cent qui ont ignoré ce défilé, » — a dit le Maire.

    Tout n'est pas encore perdu dans les esprits des gens.

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    Tags:
    nazisme, Union européenne (UE), Marek Halter, Lettonie
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