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L'Unesco a désigné l'Iran pour assister l'Irak et la Syrie afin de rétablir les sites classés du patrimoine historique et culturel dans ces pays.

C'est ce qu'a raconté à notre correspondant Ivan Zakharov le porte-parole de l'Organisation du patrimoine culturel, des artisanats et du tourisme de la République Islamique d'Iran, Hamid Ziaei Parvar:

L'Unesco a confié à l'Iran la tâche d'assister l'Irak et la Syrie pour ce qui est de restaurer leurs sites historiques et culturels endommagés ou détruits aux cours des hostilités menées ces années-ci en leurs territoires. Pour l'Iran, comme un pays au regard historique et culturel proche de l'Irak et de la Syrie, c'est un grand honneur que de participer à la mission de conservation des monuments de culture et d'art de ses voisins. Nous avons déjà établi des contacts avec nos collègues à Bagdad et à Damas à ce sujet. Nous comptons préparer prochainement un plan d'actions communes.

Les événements du début de mars, quand les djihadistes de l'Etat islamique, armés de masses, brisaient des sculptures, des bas-reliefs et d'autres œuvres d'art de très grande valeur au Musée des antiquités à Mossoul, dans le nord irakien, et ont tué quatre habitants ayant refusé de prendre part à cet acte de vandalisme, n'ont pas échappé à l'attention de l'Iran voisin. Comme on le sait, l'Iran est l'un des foyers de la naissance de la civilisation sur la planète. Même si au fil des millénaires les conquérants brûlaient les manuscrits et ruinaient les villes iraniennes pour priver le peuple de ses racines culturelles, en 8 mille ans de son histoire l'Iran a su sauvegarder la plupart de ses monuments historiques. Ce ne sont pas simplement des vestiges de sites préhistoriques, de mosquées, de minarets et de palais. Ce sont des fragments de l'histoire vivante, auxquels on peut s'initier aujourd'hui.

Considérant son patrimoine culturel comme un bouclier stratégique de sécurité, fier de son passé, l'Iran aspire à comprendre les racines historiques d'autres peuples et Etats. Ainsi, en territoire de la République Islamique d'Iran sont conservés et reconstruits des monuments de la culture arménienne. Récemment trois ensembles monastiques arméniens, situés en territoire iranien, Saint Stéphan, Saint apôtre Thaddée, ainsi que Dzor Dzor — ont été portés sur la liste du patrimoine culturel mondial de l'Unesco.

Il est donc logique que l'Iran s'est dit prêt à « abriter » des monuments culturels et d'art d'Irak pour le temps des hostilités en territoire de celui-ci. La République Islamique d'Iran a adressé cette proposition à ses collègues irakiens et attend une réponse, dit Hamid Ziaei Parvar:

A ce moment nous n'avons pas encore de réponse officielle de la partie irakienne. Mais en somme, je peux dire que vu des liens historiques et culturels entre nos pays soutenus, nous, dans l'Organisation du patrimoine culturel de la République Islamique d'Iran, ne doutons pas de la réaction positive. Il importe qu'une entente de principe à ce sujet soit conclue et qu'elle reste en vigueur.

La réponse de la partie irakienne sera, probablement, positive. Ayant toutes les raisons d'ordonner ses rapports avec Bagdad exclusivement de façon pragmatique, Téhéran met, toutefois, l'accent sur son attachement aux rapports de bon voisinage, ainsi que sur sa volonté de conserver le patrimoine culturel de l'Irak, qui est indissolublement lié à l'histoire iranienne.

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que la responsabilité de son auteur. Elles ne reflètent pas nécessairement la position de la rédaction de Sputnik.

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Tags:
Irak, Syrie, Iran, Hamid Ziaei Parvar, UNESCO
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