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Pour le moment les garants occidentaux du processus de paix Angela Merkel et François Hollande gardent le silence au sujet des décisions de la Rada Suprême.

Selon des informations officielles, le sommet de deux jours de l'UE, s'ouvrant le 19 mars à Bruxelles, se propose de se pencher sur le sort des sanctions imposées à la Russie à propos de la crise en Ukraine et expirant en juillet. Et la veille le parlement ukrainien a adopté une série de lois censées régler la situation dans l'Est du pays, y compris concernant un statut particulier pour certaines parties du Donbass. Telle qu'elle a été adoptée, ladite loi a suscité une très vive réaction négative tant dans les Républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk, qu'à Moscou.

Il convient de rappeler que la loi « Sur l'administration particulière de certains districts des régions de Donetsk et de Lougansk » a été approuvée par les députés de la Rada Suprême déjà en automne dernier.

Et voilà qu'à présent le président ukrainien Piotr Porochenko a proposé d'amender ce document suite aux accords conclus à Minsk le 12 février dernier. Sur un plan général, certains districts sont mentionnés dans cette loi. Avec à la fois cette réserve que l'administration particulière y sera provisoire, pour un délai de 3 ans, après l'entrée en vigueur de la loi. Or cela n'aura lieu qu'après des élections locales suivant les lois ukrainiennes. En même temps, pour tenir ces élections, indique le document, toutes les « formations armées illégales » et le matériel de guerre doivent être évacués desdits territoires.

Et encore une nuance significative. Les territoires dont il est question sont désignés par les députés comme « occupés ». Par qui? Bien entendu, par les troupes russes que les officiels ukrainiens et les généraux de l'OTAN voient dans leur délire politique. Et enfin, le parlement d'Ukraine, pays qui aspire à faire partie du « monde civilisé » européen, a voté la décision de demander au CS de l'ONU et l'UE d'envoyer une mission de paix dans le pays.

Les autorités des républiques autoproclamées ont exigé dans leur déclaration d'annuler ces décisions, selon eux, « honteuses » sur le Donbass. Autrement, aucun compromis avec le pouvoir à Kiev ne sera possible.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a, pour sa part, noté que les leaders de France et d'Allemagne, en tant que coparticipants au processus de règlement auraient dû envoyer des signaux appropriés à Kiev, dont les autorités sont les premières à freiner l'application des principaux aspects des accords de Minsk. Là il convient de remarquer que pour le moment les garants occidentaux du processus de paix Angela Merkel et François Hollande gardent le silence au sujet desdites décisions de la Rada Suprême.

Comme ils ont laissé sans réaction la lettre ouverte adressée à eux précédemment par les dirigeants des Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk, demandant d'exercer une influence sur les autorités à Kiev en matière de strict respect des ententes conclues à Minsk. Pour le moment on ne perçoit pas de même de rôle substantiel des observateurs de l'OSCE, dont il a été décidé de doubler le nombre, en le portant à 1000 hommes.

Il y a quelques jours les représentants de la République populaire de Donetsk, par exemple, ont constaté que rien qu'en 24 heures l'armée de Kiev avait violé le cessez-le-feu à 19 reprises. Ils ont indiqué exactement d'où les tirs au lance-mines étaient menés. Les observateurs de l'OSCE ont fixé les faits de tirs, mais pas plus. En somme, la position de l'Occident en Ukraine est marquée par la duplicité des approches, a constaté dans un entretien avec nous Igor Korottchenko, rédacteur en chef de la revue russe « Défense nationale ».

D'un côté l'Allemagne et la France étaient des participants actifs aux pourparlers de Minsk. D'un autre, nous voyons que lorsque Porochenko cherche à substituer aux dispositions les plus importantes des accords de Minsk de quelconques pseudo-initiatives, quand Kiev applique une politique fausse et lâche, l'Occident garde le silence. Tandis que la politique des Etats-Unis a un caractère franchement instigateur. On peut dire en somme que l'Occident incite Porochenko à reprendre les hostilités. 

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que la responsabilité de son auteur. Elles ne reflètent pas nécessairement la position de la rédaction de Sputnik.

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Petro Porochenko, Russie, Ukraine
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