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    Russie/France: vers une "résistance culturelle" commune

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    L'écrivain et metteur en scène français Jean-Cyril Vadi appelle à réveiller "le germe de la résistance" face à la colonisation culturelle menée par les Etats-Unis.

    L'autre est en voie d'extinction. Il ne reste plus que le même. Et la société libérale et démocratique continue malgré tout de nous proclamer que l'autre existe, je l'ai rencontré. Elle ne fait même que ça: se peindre le visage aux couleurs de la diversité, du multiculturalisme, de la pluralité, et tout ça dans un seul but: que tout soit égal à tout et réciproquement.

    Lorsque l'URSS disparut, ils célébrèrent la Fin de l'histoire. Avec la mort du communisme soviétique comme alternative à ce modèle politique, économique et social, notre capitalisme a définitivement enterré toutes les alternatives. Plus d'alternative, plus d'ombre, plus d'autre, plus de diable, plus de quête de soi en somme et comment trouver l'homme dans l'homme?

    Le président ukrainien Piotr Porochenko s'est rendu récemment en Roumanie, où il a évoqué avec son homologue roumain, Klaus Iohannis, l'avenir de la Transnistrie, république autoproclamée, de facto indépendante de la Moldavie depuis l'éclatement de l'URSS. En quoi le sort de la Transnistrie, qui borde l'Ukraine, intéresse-t-il Porochenko? Parce que la Transnistrie est russophone, et parce qu'elle le vit plutôt bien. Parce que Porochenko le Slave a disparu au profit de Porochenko le Libéral.

    Comme tous nos présidents européens, Porochenko se promène comme chez lui dans cet Empire mondialisé, froidement dirigé par les marchés. Et ce qu'il ne supporte pas, comme tous nos présidents d'Europe, c'est cet air puissamment mélancolique que souffle la Russie chaque fois qu'elle respire: Porochenko aimerait bien que la Russie cesse enfin de respirer si fort. Entre mêmes, ce serait plus facile de s'entendre. Porochenko a si bien intégré les préceptes de l'économie régnante, si bien accepté l'idée que la langue anglaise s'insinue dans les chairs et colonise les esprits, que la Russie lui apparaît aussi lointaine et sombre que s'il était un Américain. L'âme russe est notre autre depuis toujours. Encore faut-il accepter l'idée que l'altérité est nécessaire.

    Il y a dans l'âme russe quelque chose d'irréductible. Et même si elle a cédé sur bien des points à l'économie libérale, sa résistance culturelle est d'une vigueur exemplaire. Et c'est ce sur quoi butent constamment les Américains, qui n'hésitent pas, en secret ou à découvert, à discréditer et tenter de faire taire à tous prix cette Russie éternelle. Qu'ils arment les islamistes extrémistes en Afghanistan ou ailleurs, diffusent une théorie du complot sur la fameuse main de Moscou ou propagent leur vision binaire du monde grâce au vecteur de propagande massive et populaire qu'est Hollywood, leur capacité de nuisance est sans limite. Leur capacité de nuisance est sans limite, tout comme leur volonté à soumettre les peuples à leur idéologie économiste.

    C'est assez incroyable de constater qu'en France si peu d'intellectuels manifestent leur peine ou leur colère devant cette violence. Et pourtant, il n'en a pas toujours été ainsi en France! Il y a encore en nous, enfoui, le germe de la résistance. Alors, puisons dans l'enfance, et créons les conditions de notre décolonisation. Comme le disait Goscinny en ouverture d'Astérix: "Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ. Toute la Gaule est occupée par les Romains… Toute? Non! Car un village peuplé d'irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l'envahisseur…".

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    Tags:
    propagande, Jean-Cyril Vadi, Piotr Porochenko, Transnistrie, États-Unis, France, Russie
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