Analyse
URL courte
Par
0 417
S'abonner

La Russie respecte ses engagements contractuels dans la coopération militaro-technique avec la Chine. Cette dernière est le premier acheteur du plus récent système anti-aérien russe S-400.

Le S-400 est unique au monde, a signalé dans un entretien à Sputnik le conseiller du commandant des Forces des fusées stratégiques de Russie Viktor Essine. Le système permettra à la Chine de détruire tous les moyens existants et futurs d'attaque aéro-spatiale à une distance de 400 kilomètres, a expliqué l'expert avant d'ajouter:

De nombreux pays ont demandé ce système et la Chine a depuis longtemps cherché à obtenir l'accord de la Russie pour le lui vendre. Nous avons consenti à le livrer à la Chine compte tenu de la situation dans l'arène internationale et de l'intérêt d'améliorer les relations avec elle. Il va de soi que cette décision de la Russie vise à développer la coopération militaro-technique. Elle répond aux intérêts de la Chine, mais aussi aux intérêts de la Russie. Il est dans nos intérêts de vendre nos matériels de guerre et de nous attacher la Chine dans une certaine mesure. La Chine aura besoin des pièces de rechange et de l'entretien et l'exploitation de ces systèmes dépendra de leur livraison depuis la Russie.

En tègle générale, toute modernisation des forces armées en Chine suscite l'irritation et la préoccupation des Etats-Unis. Selon le politologue Vladimir Evseev, cette fois l'achat par la Chine du système anti-aérien russe S-400 ne doit pas provoquer une hystérie à Washington:

Je ne pense pas que la réaction des Etats-Unis sera très maladive. Il n'y est pas question de l'attitude critique observé précédemment à l'égard de l'Iran et attisée par Israël. Israël projetait une frappe aérienne contre l'Iran car pour lui il était critique de savoir si l'Iran aurait les systèmes S-300. La Chine augmente en effet ses capacités de défense anti-aérienne, mais cela ne concerne pas celle de détruire des missiles balistiques. Pour accroître son potentiel de défense antimissile, la Chine a besoin d'autres systèmes russes. Il s'agit notamment des S-300 Antey-2500. Si ces systèmes sont livrés, cela voudra dire que les Etats-Unis auront moins de possibilités de porter une frappe avec des ogives.

Vladimir Evseev estime que l'attitude de Tokyo envers l'achat par la Chine des systèmes S-400 sera également adéquate. La Chine possède déjà les systèmes anti-aériens russes S-300, c'est pourquoi il n'est question que du perfectionnement de son potentiel en la matière:

Le Japon réagira, sans doute, avec calme parce qu'aucun conflit armée n'est envisagé entre lui et la Chine. Les forces navales chinoises suscitent une préoccupation beaucoup plus forte. Si, par exemple, la Russie avait livré des missiles de croisière embarqués d'une grande portée, le Japon aurait réagi plus vivement.

Les détails du contrat russo-chinois n'ont pas été divulgués. L'expert militaire Viktor Baranets a cependant noté dans un entretien à Sputnik qu'un groupe de S-400 pouvait coûter de 250 000 à 300 000 dollars. Il a été communiqué précédemment qu'il pouvait s'agir de la livraison à la Chine d'au moins 6 groupes. Chaque groupe compte 8 rampes de lancement mobiles montées sur des engins de traction à 8 roues. Chaque rampe est dotée de quatre missiles guidés. Un groupe comprend également un poste de commandement et un radar de détection et de guidage.

De cette façon le contrat de S-400 pourrait être évalué à près de 2 milliards de dollars. C'est la plus grande transaction de toute l'histoire de la coopération militaro-technique entre la Russie et la Chine.

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que la responsabilité de son auteur. Elles ne reflètent pas nécessairement la position de la rédaction de Sputnik.

Lire aussi:

La Russie teste un nouveau missile pour les systèmes S-400
Les unités de DCA qui veillent sur Moscou
Tensions et gros incendie aux abords de la gare de Lyon à Paris - vidéos
Tags:
S-400, Viktor Baranets, Viktor Essine, Iran, Chine, Japon, États-Unis, Russie
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook