Ecoutez Radio Sputnik
    Cérémonie de lancement de l'AIIB (2014)

    Les investissements viendront de l'Est

    © REUTERS / Takaki Yajima
    Analyse
    URL courte
    Liudmila Matsenko
    0 193

    La Russie devient un pays fondateur de la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (AIIB). Cette nouvelle institution financière dont le capital social sera de 100 milliards de dollars et le capital initial, de 50 milliards, a été créée à l'initiative de la Chine.

    L'AIIB aura son siège à Pékin et ses activités doivent débuter avant la fin de l'année.

    La décision de se rallier à l'AIIB a été prise par le président de Russie Vladimir Poutine fin mars. Les demandes de participation à la création de la banque ont été déposées par 52 pays. 46 d'entre eux ont déjà obtenu le statut de co-fondateurs.

    Le ministre des Finances de Russie Anton Silouanov trouve que la participation à l'AIIB créera des possibilités de développement complémentaires pour l'économie russe. D'autant plus qu'une part considérable du territoire russe est située en Asie, la région visée par l'activité de la banque.

    Nous avons un très grand pays. Par conséquent, il nous faut construire les routes, les ponts, les voies ferrées, plus particulièrement à grande vitesse, les lignes de transport d'énergie. Tous ces projets d'infrastructure pourraient intéresser le monde des affaires. Ce seront des investissements stables, bien qu'à long terme.

    La participation à l'AIIB aidera la Russie à attirer des investissements dans les régions de Sibérie orientale et d'Extrême-Orient, dont le développement est proclamé prioritaire par l'Etat, signale le professeur Feng Shaolei qui dirige l'Institut des études internationales Shanghai. Selon lui, la coopération de la Russie et de la Chine dans le cadre de la nouvelle institution financière sera également profitable pour la banque.

    L'adhésion de la Russie à l'AIIB est une nouvelle étape importante dans le développement de la coopération russo-chinoise. Cela renforce la confiance mutuelle entre les deux pays partenaires, mais aussi cela étend les horizons de leur coopération grâce à la participation de pays tiers. La participation à l'AIIB d'un pays aussi prestigieux que la Russie contribuera au succès de son activité et stimulera l'essor de la coopération d'investissement dans l'ensemble de la région d'Asie-Pacifique.

    L'accent mis sur le financement des projets d'infrastructure distinguera cette nouvelle structure internationale des institutions déjà existantes, plus particulièrment de la Banque mondiale et de la Banque asiatique de développement. Des projets de développement ont un grand besoin de financement partout dans le monde. De nombreux projets d'infrastructures ont un coefficient de capital extrêmement élevé. Selon les experts, cela veut dire qu'il n'y aura pas de concurrence économiquement fondée entre les banques de développement polyvalentes même après l'apparition des acteurs aussi puissants que l'AIIB et la Banque de développement des BRICS.

    La liste définitive des co-fondateurs de l'AIIB a été publiée le 15 avril. Il est notoire que deux grandes économies mondiales, les Etats-Unis et le Japon, ont préféré ne pas adhérer au projet initié par la Chine. Leur position tient plutôt à la politique qu'à des raisons d'utilité économique. 

    Lire aussi:

    Le glas financier américain a sonné
    Washington et Pékin au corps à corps pour le contrôle des marchés financiers
    L'Iran rejoint la banque asiatique AIIB
    Tags:
    AIIB, Chine, Russie
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik