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La révolution sur les réseaux sociaux, les barricades sur Twitter, les entretiens sur Facebook. Le printemps arabe est étroitement lié à Internet.

L'évolution des événements a démontré que pour le moment il n'était possible d'utiliser les réseaux sociaux qu'à l'étape initiale des protestations révolutionnaires. Cependant, les Américains ont essayé activement ces technologies au Proche-Orient, ça suffit.

Le printemps arabe, ce sont les réseaux sociaux en activité. Cet instrument a permis de soulever les masses dispersées et de les répartir parmi les mouvements et les organisations nécessaires. Le résultat de ces activités ne s'est pas fait attendre en Tunisie, en Egypte et au Yémen. Les manifestations de protestation engagées sur appel lancé sur les réseaux sociaux ont entraîné en un moment la démission des leaders élus. Il y a eu l'effusion de sang en Syrie et en Libye. Dans d'autres pays, par exemple, en Jordanie et au Bahreïn, les manifestants ont réussi à obtenir des concessions insignifiantes de la part des autorités. Les faits confirment qu'au début des troubles un pour cent des habitants utilisaient Internet dans les pays du printemps arabe. Dans le même temps, il ne faut pas sous-estimer la mentalité locale: l'information ne doit pas être l'apanage exclusivement de l'utilisateur mais aussi de ses proches, amis et même des passants. Le chef du secteur des études caucasiennes de l'Institut russe d'études stratégiques Arthur Ataev raconte: 

Les objets sont minutieusement choisis dans la stratégie de la guerre informationnelle… Ce sont de petits groupes… Leurs activités et problèmes sociaux sont examinés et ensuite on élabore la stratégie d'une guerre informationnelle sur la base de ce plan.

Les Américains ont un plan beaucoup plus vaste. L'expérience du printemps arabe a permis à Washington de se fixer les objectifs sensiblement plus ambitieux, dit le professeur de l'Institut d'économie mondiale et des relations internationales de l'Académie des sciences de Russie Vladimir Zakharov:

Ils ont placé d'immenses capitaux, leurs spécialistes conçoivent les projets de désintégration des Etats. Ils y ont réussi en Libye, en Egypte, une lutte acharnée se déroule en Syrie. Or, les Etats-Unis fondent les Etats terroristes, notamment l'Etat islamique d'Irak et du Levant. En faisant de gros investissements et en recrutant les commandos, ils espéraient contrôler la situation. Cependant, ayant fait sortir le djinn de la bouteille, ils ne comprennent pas qu'il n'y revient pas. Il ne fait qu'exiger l'argent et s'il ne le reçoit pas, il suit ses scénarios qui ne correspondent pas aux projets des Etats-Unis.

Les Américains se sont déjà heurtés à ce problème avec Al-Qaïda mais ils n'ont, semble-t-il, pas tiré les enseignements de leur expérience. Les tentatives de révolutions interactives au Proche-Orient doivent réjouir les pères fondateurs: le mécanisme s'avère efficace. Washington ne réfléchit pas aux conséquences. Or, c'est juste le moment de le faire: l'épanouissement du segment arabe sur Internet est l'un des résultats du printemps arabe.

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que la responsabilité de son auteur. Elles ne reflètent pas nécessairement la position de la rédaction de Sputnik.

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Tags:
réseaux sociaux, Libye, Egypte, Syrie, États-Unis
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