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    Protestation contre le TTIP

    #NonauTAFTA

    © Sputnik . Elena Shesternina
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    Un #tag peut faire avancer les choses ! Surtout un #tag bien choisi. Le Front National compte sur son campagne «#NonauTAFTA !» pour informer la population sur sa campagne anti-TAFTA (Trans-Atlantic Free Trade Agreement, TTIP)

    Un partenariat entre le parti, le collectif Nouvelle Écologie et le Front national des jeunes a été conclu pour mener à bien cette initiative formatrice. Effectivement, près de 6 Français sur 10 n'ont jamais rien entendu de l'existence de ce Traité qui risque d'être nuisible pour certaines filières de l'agriculture ou de l'environnement.

    Mais, visiblement, il y en a d'autres aspects, beaucoup plus importants pour la souveraineté de la France (rien que ça!) qui ne sont pas prises en compte par l'opinion public et ce qui a fait agir le Front National et le Front national de la Jeunesse.

    « Notre proposition contre l'accord du TAFTA a toujours existé, — nous confie Gaëtan Dussausaye, directeur du Front national de la Jeunesse, — Lors des élections européennes du 2014 nous avons déjà commencé à alerter le peuple français de l'avancée des négociations et de conditions dans lesquels se faisaient les négociations autour du Traité Transatlantique.

    Notre opposition à ce projet funeste de l'UMPS en France a toujours été très importante et nous l'avons renouvelé. Nous savons qu'avec l'arrivée prochaine des élections présidentielles aux Etats-Unis, les négociations concernant le Traité Transatlantique allaient s'accélérer pour voir ce Traité ratifié, sans demander l'avis au peuple européen.

    Etant donne l'urgence de la situation, il fallait à tout prix lancer cette campagne «#NonauTAFTA!». Ce traité est le nième clou planté dans la souveraineté française: nous n'avons déjà plus de monnaie nationale, plus de possibilité de gérer le budget nous-mêmes, ni gérer nos frontières, ni l'immigration… désormais, on veut nous enlever notre souveraineté alimentaire, agricole, sanitaire, environnementale. »

    Ainsi, les jeunes frontistes se lancent dans la campagne anti-TAFTA, parce que derrière les accords qui paraissent inoffensifs, ils voient se jouer l'avenir de leur cadre de vie. Ils entendent protéger ce qu'ils considèrent comme modèle français d'agriculture: des petites zones agricoles, artisanales, avec des hommes qui connaissent le terrain depuis les générations. Et cette image (d'Epinal) est opposée dans leurs idées au modèle américain avec d'énormes structures agricoles où il n'y a pas de normes environnementales et sanitaires, ce qui permet aux Américains de développer du bœuf aux hormones, du poulet au chlore, du maïs transgénique, etc.

    On dit que ce projet est préparé par les Etats-Unis presque en secret total vis-à-vis du grand public. La question se pose sur les raisons de ces cachoteries, sachant que le projet concerne la totalité de la population via l'agriculture.

    Gaëtan Dussausaye n'y voit rien d'étrange: « La raison est assez simple: si ces accords étaient rendus publics, si en France on avait un débat (ce qui n'est pas encore le cas) autour des accords Transatlantiques, les politiques qui nous gouvernent — aussi bien les dirigeants de droite que de gauche, ceux de Bruxelles et ceux des Etats-Unis — auraient affaire à une véritable opposition du peuple. Personne ne veut de ce Traité, ni de reformes qu'il implique. On voit bien qu'en absence d'un débat, l'opposition du peuple français est peu présente, alors qu'elle existe.

    Par exemple, il y a un ensemble de collectifs qui a lancé une pétition à l'échelle européenne. En Allemagne, il a eu un débat autour du Traité transatlantique et un million de signatures pour cette pétition. En France, il n'en a pas eu de débat, pour l'instant nous n'avons que 70 000 signatures. Si les élites médiatiques et politiques acceptaient que l'on puisse débattre du Traité transatlantique, je suis certain qu'on dépasserait le million allemand »

    Si on regardait à la loupe ce collectif des signataires de la pétition « Non au TAFTA » on y verrait les principales associations paysannes au niveau national français. Effectivement, la machine est en marche, sauf que les routes qu'elle suit restent encore en dehors de la vision du public. On sait que les ouvriers agricoles et les fermiers se battent dans leurs problèmes spécifiques — prix d'achat de leur production insuffisant pour la survie, impôts trop élevés, crise économique, problèmes financiers, isolement, etc. Le public citadin a d'autres problèmes, et pas les moindres… A qui doit s'adresser un message du Front national pour avoir l'impact sur toute la société française actuelle? Quelle tranche de population doit-il toucher?

    « Avec une telle campagne, nous pouvons et nous devons nous adresser à tout le monde, — affiche sa certitude Gaëtan Dussausaye, — Quand il s'agit d'un modèle agricole, environnemental, même — d'un modèle démocratique, nous nous devons d'agir. A travers ce Traité dès qu'il est ratifié, les multinationales peuvent trainer devant les tribunaux les Etats-nations. C'est est scandaleux. Lorsqu'il s'agit d'un évènement aussi important pour notre démocratie, que ça soit notre santé ou notre environnement, la majorité des français — ouvriers, employés, cadres, retraités, chômeurs, jeunes, vieux… — seront contre ce Traité. Plusieurs sondages ont été faits auprès de la population, indépendamment de leur position sociale et professionnelle, et ils montrent que lorsqu'on parle du fond de ce Traité Transatlantique, il y a une opposition populaire réelle. »

    Une inquiétude reste quand-même entière: si la France a suffisamment de forces pour s'opposer aux idées qui viennent d'outre-Atlantique. Parce que la relance de la croissance, ce n'est-ce qu'hypothétique et minime, est un attrait assez fort pour les populations subissant de plein fouet la crise économique. Faire miroiter l'amélioration de la condition personnelle, de l'ouverture des marchés et l'abaissement des taxes douanières pourrait avoir un effet d'attirance. Le problème est qu'il n'est pas prévu pour l'instant de demander l'avis des Français sur le Traité transatlantique.

    « Je pense qu'il y a un dernier moyen dans la palette de moyens démocratiques pour s'opposer frontalement à ce projet mondialiste, — ne désarme pas Gaëtan Dussausaye, directeur du Front national de la Jeunesse, — c'est la voie du référendum. Si les élites qui nous dirigent pensaient à mettre en place un référendum au niveau national sur le Traité Transatlantique, je suis persuadé que le « non » l'aurait emporté avec une large majorité. Cela accordera à la France une véritable force pour refuser le TAFTA face aux Etats-Unis. Mais connaissant nos gouverneurs et leur attitude anti-démocratique, nous pouvons les soupçonner de ne pas vouloir mettre en place ce référendum.

    Nous ferons tout pour, nous mènerons ce débat en France, on fera tout pour faire entendre la voix du peuple qui ne veut pas de ce Traité. Si on ne nous écoute pas, cela devrait être à l'image de notre démocratie actuelle. La preuve — en 2005 il a eu un référendum sur la Constitution européenne. Alors que le peuple français s'est exprimé « contre », deux années plus tard on a fait voter les députées et les parlementaires qui ont ratifié le même traité, le Traité de Lisbonne de l'époque. La démocratie n'est plus une habitude ni une passion du gouvernement de gauche, ni de droite en France. »

    Dans le scénario le plus optimiste, les négociations sur le TAFTA ne devraient pas aboutir avant 2016. Entre-temps, la lutte peut être — et certainement sera — efficacement menée en France contre ce traité.

    Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que la responsabilité de son auteur. Elles ne reflètent pas nécessairement la position de la rédaction de Sputnik.

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    Tags:
    Front national (FN), Gaëtan Dussausaye, France
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