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    Tubes pour la construction d'un gazoduc

    Il est impossible de faire marche arrière

    © South Stream Transport B.V.
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    Assia Grom
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    La décision de la Russie concernant le South Stream a produit l'effet d'une douche froide pour les Européens. Eprouver la patience de Moscou par des déclarations tapageuses est une chose et ressentir les conséquences en est une autre.

    Il est impossible de mettre en œuvre le projet South Stream dans la situation qui s'est créée. Selon Vladimir Poutine, la position de la Commission européenne est loin de contribuer à réaliser le projet. Le choix pénible de la Bulgarie qui n'a pas autorisé le début des travaux en mer a fait déborder la coupe. Moscou se rend parfaitement compte qu'il est désavantageux d'engager la construction sans son autorisation et il est absurde de s'arrêter au seuil du littoral bulgare. Il est insensé d'examiner les motifs pour lesquels Bruxelles a exercé la pression aussi forte sur la Bulgarie. La conclusion essentielle s'impose: les eurocrates font leur jeu qui n'a rien à voir avec la politique européenne, souligne le directeur de l'Institut d'énergie nationale Serguei Pravossoudov:

    Bruxelles est la partie la plus proaméricaine de l'élite européenne parce qu'ils déclinent en principe le gaz russe. S'ils pouvaient, ils ne l'auraient jamais acheté. Qu'importe comment auraient vécu les gens, comment l'industrie se serait passée du gaz. Ils acceptent à contrecoeur qu'ils ont besoin du gaz russe en saisissant toute occasion de jouer un mauvais tour à Gazprom. D'autant plus que les pays du Sud de l'Europe se sont avérés incapables de se défendre à la différence de l'Allemagne. Ces pays ont décliné le projet avantageux au détriment de leurs intérêts.

    La réaction européenne à la décision de Moscou ne s'est pas faite attendre. La constatation que le marché européen n'avait plus d'importance exclusive pour la Russie a été présentée comme une menace. L'Europe a déjà été prête à une authentique guerre ce qui s'est reflété dans la presse. On n'a pas pris en ce moment en considération que Moscou a renoncé au projet attrayant pour plusieurs businessmen européens à cause de l'opposition de l'UE.

    La décision de Moscou de déployer les travaux dans le cadre du projet Tanap a fait du bruit. Le nouveau tuyau passera par le fond de la mer Noire vers la Turquie. Le gazoduc qui s'étendra sur 1100 kilomètres aura quatre embranchements. Il est prévu de construire un hub gazier à la frontière entre la Turquie et la Grèce. En ce qui concerne les pays de l'UE, ils doivent se préparer à accueillir ce gaz chacun sur son territoire. Or, il est possible que les pays européens concrets en gagnent. L'essentiel consiste à éviter les erreurs faites par le passé, avertit l'expert de l'Union des industriels du pétrole et du gaz de Russie Roustam Tankaev:

    La Grèce qui achetait le gaz russe à des prix élevés vu une grande quantité de transiteurs, bénéficiera de remises importantes lors de la mise en exploitation du Tanap. Elle y est bien sûr vivement intéressée. L'UE et Bruxelles qui ont brisé les rêves de la Bulgarie concernant d'immenses investissements et l'accroissement de l'emploi, essaient maintenant d'en faire de même à l'égard de la Grèce.

    D'après les données évaluées fin avril, le calendrier des travaux de construction du gazoduc est observé. Il est prévu de porter d'ici 2020 la capacité de production à 64 milliards de mètres cube de gaz par an. 

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    Tags:
    énergie, gaz, TANAP, Union européenne (UE), Bulgarie, Europe, Russie
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