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    Du gaz naturel pour le futur: on en redemande

    © Photo. Chepko Danil
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    Victoria Issaïeva
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    Ces jours, Paris accueille le 26e Congrès mondial du gaz. Du 1er au 5 juin, des experts de l’industrie gazière discutent sans discontinuer des enjeux et des problèmes de la filière. Plus de 80 pays y sont représentés, plus de 3000 délégués y participent. La Russie est représentée au Congrès par le Gazprom.

    La compagnie énergétique russe expose sur son stand le projet du nouveau gazoduc Turkish stream, avec l'explication de ses enjeux et de son importance pour la sécurité énergétique de l'Europe. L'Iran a déjà annoncé qu'il voudrait utiliser éventuellement le gazoduc russe pour les livraisons de son combustible bleu vers Europe. Le président de la société gazière iranienne NIGC Azizollah Ramezani a déclaré, en marge du Congrès du gaz, que les gazoducs de la Russie et de l'Iran pourraient à terme se rallier et approvisionner l'Europe en gaz ensemble puisque le Turkish Stream représentait le meilleur trajet pour le gaz iranien. 

    Le président de l'Union internationale du gaz et du 26e Congrès mondial du gaz Jérôme Ferrier interviewé par la Radio Sputnik, s'est dit optimiste sur le futur des relations gazières entre l'Europe et la Russie. « L'Europe continue d'avoir des besoins et il n'y a pas d'alternative durable, massive, à court et moyen termes. La Russie continue d'avoir besoin de ses clients et de montrer toute la fiabilité dans la fourniture des quantités [actuelles]. L'Europe a besoin durablement du gaz russe… », a-t-il déclaré. Monsieur Ferrier a précisé que, dans le cadre de Turkish Stream, le tuyau « s'est trouvé opportunément redirigé vers un marché dont on peut penser qu'il aura des besoins nouveaux qui s'exprimeront avant le reste du continent européen ». Mais, toujours d'après le président du Congrès, le sens du message adressé par la Russie à l'UE est clair: « Aujourd'hui vous n'avez pas ces besoins additionnels [en gaz], cependant si vous les avez demain et si vous voulez à nouveau de notre gaz russe en quantités additionnelles, il suffira de construire le raccordement nécessaire et vous pourrez accéder à ces quantités sous réserve des contrats qui auront été négociés à ce moment-là ».


    En réaffirmant que le gaz est un facteur de stabilité et non pas d'instabilité, Jérôme Ferrier s'est référé notamment au dernier accord que la Russie a signé avec la Chine et qui est qualifié d'accord majeur de livraison depuis la Sibérie Orientale vers la Chine. Le doyen de l'industrie gazière est persuadé que c'est aussi « le signe de cette politique où on se lie, comme un mariage solide, pour du long terme, parce que chacun est dépendant de l'autre et cela dans un intérêt commun où personne n'a intérêt à remettre en cause du jour au lendemain d'un côté la fourniture ou de l'autre l'enlèvement et la consommation ».
    Les grandes zones qui vont exprimer des besoins significatifs en gaz naturel dans les années qui viennent sont la Chine, l'Inde, le Moyen-Orient et l'Afrique. L'Europe qui subit actuellement les effets négatifs de la crise, qui est sur des taux de croissance faibles et en même temps concentrée sur les énergies renouvelables, n'éprouve pas un fort besoin de combustible bleu. Mais le gaz naturel est à juste titre considéré par les experts du secteur dont M. Ferrier comme une solution aux défis climatiques auxquels le monde est confronté aujourd'hui. Le gaz représente une énergie fossile la moins polluante et, comme le souligne Jérôme Ferrier, peut accompagner intelligemment le développement des énergies renouvelables et permettrait de réduire la consommation de charbon.


    D'autre part, comme l'alimentation de l'Europe en gaz est suffisante pour le moment, le gaz de schiste qui coûterait cher à l'UE n'est pas de « première nécessité » pour les pays européens. « Ce n'est pas l'exportation de gaz, à l'origine de gaz de schiste des Etats-Unis, qui va modifier significativement la donne en Europe, a fait savoir le Président du 26e Congrès mondial du gaz dans l'interview. — L'Europe continuera d'être dépendante des sources d'approvisionnement essentiellement terrestres à partir des pays qui sont déjà des pays-grands fournisseurs: Russie, Norvège, Algérie, quelques cargaison-spot qui se présenteront maintenant sous forme de Gaz Naturel Liquéfié et puis peut être demain en provenance des approvisionnements de ces zones géographiques riches en gaz mais qui sont encore peu développées, du Turkménistan et de l'Iran ».
    Mais pour le moment, l'UE a à régler le fastidieux problème des livraisons de gaz russe via l'Ukraine. Le risque de coupure et de diminution des livraisons du gaz vers l'Europe demeure car l'Ukraine ne cesse de compromettre sa fiabilité. Il est aujourd'hui question de l'élaboration d'un nouveau accord gazier entre la Russie, l'UE et l'Ukraine que ces pays vont discuter lors de la rencontre trilatérale annoncée pour la fin du mois de juin. La Russie est ouverte au dialogue et envisage de convaincre ses partenaires européens de noter noir sur blanc les engagements de l'Ukraine, à savoir le dépôt de gaz dans les réservoirs souterrains ainsi que la responsabilité financière de l'UE vis-à-vis de Kiev quant aux achats du gaz.

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    Tags:
    gaz, Afrique, France, Chine, Europe, Russie, Proche-Orient
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