Ecoutez Radio Sputnik
    Préparation au FEISP

    Le Forum économique de Saint-Pétersbourg : la Russie sort de l’ombre des sanctions

    © Sputnik . Alexei Kudenko
    Analyse
    URL courte
    Valérie Smakhtina
    2272

    Le Forum économique international de Saint-Pétersbourg se déroulera du 18 au 20 juin au hall des expositions LenExpo. L’édition 2015 a pour devise : « Temps d'agir: efforts communs pour la stabilité et la croissance ».

    Malgré la crise ukrainienne et les appels des Etats-Unis à boycotter la rencontre, quelques 7.000 représentants du pouvoir, hommes d'affaires russes et étrangers sont venus dans la capitale du Nord en vue de mener un dialogue constructif sur la coopération. Plus de 200 chefs d'entreprise de 66 pays ont confirmé leur participation à quelques 72 événements. La signature de près de 65 accords internationaux est attendue. C'est un véritable succès pour la Russie, constatent les organisateurs.

    La Russie semble développer une immunité contre les sanctions. En un an de restrictions économiques et commerciales, les hommes d'affaires russes et internationaux ont prouvé que les décisions politiques étaient incapables de stopper la coopération dans le business. Les leaders occidentaux semblent l'avoir compris.

    Ainsi, Washington a atténué sa position sur la participation d'entreprises américaines au Forum et a de facto autorisé les top-managers de se déplacer à Saint-Pétersbourg, ce qui n'était point le cas en 2014. De ce fait, la liste des hôtes reste traditionnelle: ce sont, notamment, les Etats-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Suisse, etc. Cependant, les organisateurs soulignent l'intérêt croissant des pays latino-américains et asiatiques, par exemple, la Chine et le Japon. Ce n'est pas étonnant vue la réorientation de la Russie vers l'Est et vers ses partenaires des BRICS.

    L'un des événements majeurs du rendez-vous économique sera, sans nul doute, l'intervention du président russe Vladimir Poutine, le 19 juin. Si en 2014, le président fut contraint de parler politique, la crise ukrainienne obligeait, cette année, son discours ne portera pas sur la question, ni sur les réformes sérieuses visant à faire sortir la Russie de récession, à baisser le niveau de corruption ou à défendre les droits des actionnaires. Le leader russe se penchera sur l'économie. Il va faire part aux Russes et aux investisseurs comment le pays a surmonté les conséquences des sanctions occidentales, d'une part, et de la chute du prix de pétrole, de l'autre.

    Vladimir Poutine projette, en outre, de rencontrer le premier ministre grec Alexis Tsipras, les ex-premiers ministres français François Fillon et italien Romano Prodi.

    On attend de ces rencontres la signature du contrat gazier russo-grec sur la prolongement du gazoduc « Turkish Stream » en Grèce. Il est conçu comme une alternative au projet South Stream fermé en décembre 2014. Il devrait transporter du gaz russe vers l'Europe en passant par la Turquie en contournant l'Ukraine, sachant que le contrat gazier avec Kiev expire en 2019.

    Autre contrat attendu est celui entre Rosneft et BP. La compagnie britannique envisage de lancer l'exploitation de gisements stratégiques russes en Sibérie orientale. Le contrat est estimé à près de 700 millions de dollars. Il faut également mentionner la coopération des Chemins de fer russes et du consortium sino-russe qui vont signer un protocole d'accord sur un projet de train à grande vitesse reliant Moscou et Kazan, pout un montant total de 360 millions de dollars.

    Or, le Forum économique de Saint-Pétersbourg sera l'occasion pour la Russie de chercher de nouveaux alliés géostratégiques capables de remplacer les pays européens et les Etats-Unis. Les membres des BRICS et de l'OCS pourront l'être. Ce n'est pas par hasard que le programme du Forum comprend la tenue des sommets des BRICS et de l'OCS et que Vladimir Poutine soutient l'initiative de créer une zone de libre-échange avec les pays de l'Asie-Pacifique.

    L'économie russe s'est avérée beaucoup plus solide que les experts occidentaux ne l'avaient pensée en 2014. Il y a 15 ans, les investisseurs qui ont cru en Vladimir Poutine et en Russie ont gagné énormément d'argent. La situation, va-t-elle se répéter en 2015?

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

     

    Lire aussi:

    Forum de Saint-Pétersbourg: de nombreuses personnalités attendues
    L'ambassadeur US à Kiev appelle à boycotter le Forum de Saint-Pétersbourg
    Tags:
    sanctions, Forum économique international de Saint-Pétersbourg 2015, British Petroleum (BP), Organisation de coopération de Shanghai (OCS), BRICS, Rosneft, Vladimir Poutine, Suisse, Royaume-Uni, France, Allemagne, États-Unis, Russie
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik