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    Salon naval international de Saint-Pétersbourg

    Salon de Saint-Pétersbourg: quelles innovations pour la flotte de demain?

    © Sputnik . Igor Russak
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    La 7ème édition du Salon naval international de Saint-Pétersbourg se déroule du 1er au 5 juillet dans la capitale russe du Nord, à LenExpo.

    Drones sous-marins de Kalachnikov, nouveaux porte-avions et destroyers, sous-marins diesel-électrique: les nouveautés présentées au Salon naval international de Saint-Pétersbourg ont tout pour rivaliser avec le fameux char Armata qui, depuis la parade du 9 mai sur la place Rouge à Moscou, inquiète les pays occidentaux et les pousse à développer des technologies similaires.

    La 7ème édition du Salon se déroule du 1er au 5 juillet dans la capitale russe du Nord, à LenExpo. L'endroit est déjà symbolique: le fameux hall des expositions à l'Ile Vassilievski vient d'accueillir le Forum économique international de Saint-Pétersbourg baptisé le "Davos russe". Même si l'ampleur des événements et le nombre de participants sont encore peu comparables, la portée est presque identique.

    Le Salon réunit plus de 30 bateaux de guerre, embarcations et navires auxiliaires russes ainsi que plus de 330 exposants de 91 pays du monde. Vous y retrouvez, notamment, le missile de croisière supersonique Brahmos, fruit de la coopération russo-indienne, ou le fameux aéroglisseur de classe Zoubr, le plus grand au monde, ou encore la corvette Stoiky doté du système de furtivité Stealth. Plus de 30 unités de dimensions différentes sont à quai. Le Salon fera la part belle aux drones sous-marins. La Russie est pionnière dans ce domaine, contrairement aux drones aériens.

    Le consortium Kalachnikov présentera pour la première fois sa solution de débarquement, analogique à la plateforme Armata. La solution allie embarcations et systèmes d'armes modernes avec les dernières innovations dans le domaine des drones, qui ont, désormais, la possibilité d'être lancés depuis le pont. Plus précisément, la solution inclut un nouveau navire de débarquement et de transport BK-16, une embarcation de débarquement et d'assaut BK-10 et un nouveau navire d'appui-feu BK-9 sans égal en Russie, muni de plaques de blindage pour une meilleure protection des effectifs à débarquer. Tout comme la plateforme Armata pour l'Armée de terre, toute embarcation de Kalachnikov peut être transformée selon les besoins et les objectifs de combat. En termes d'armements, par exemple, le BK-16 peut embarquer quatre mitrailleuses d'un calibre de 7,62 mm avec soit un module lance-grenade d'un calibre de 40 mm, soit deux mitrailleuses d'un calibre de 12,7 mm, ou encore des mines antisubversives et des missiles Kornet.

    Mais la caractéristique la plus fascinante de la solution de débarquement de Kalachnikov est la possibilité d'y installer des drones de reconnaissance léger ZALA 421-16ЕМ. Ce dernier a l'avantage d'avoir une taille réduite et de conserver, en même temps, les meilleures performances tactiques et techniques. Le drone peut transmettre une image vidéo en temps réel à 25 km à la ronde, de jour comme de nuit, et détecter rapidement la zone cible pour un débarquement.

    Le troisième sous-marin diesel-électrique polyvalent du projet 636.6 Varchavianka n'est pas moins attrayant. Le Stary Oskol va être remis à la Marine russe le vendredi 3 juillet. Baptisé "trou noir" en Occident pour sa discrétion, ce sous-marin de 3ième génération est un adversaire redoutable. Il peut être doté de quatre missiles Kalibr, de 18 torpilles de 533 mm et de 24 mines. Avec un déplacement de 2.350 tonnes en surface et de 3.950 tonnes en plongée, il peut développer une vitesse de 20 nœuds. Le sous-marin a 45 heures d'autonomie et peut plonger jusqu'à 300 mètres de profondeur. Au total, la Russie compte construire d'ici 2016 six submersibles du projet 636 qui feront tous partie de la flotte de la mer Noire.

    Une autre vedette déjà connue du public est, sans aucun doute, le fameux patrouilleur polyvalent le Yaroslav Moudri (projet 11540). La frégate, selon l'OTAN, est destinée à protéger les bâtiments de guerre contre les navires et sous-marins. Le patrouilleur a un déplacement de 4.500 tonnes, une vitesse de 30 nœuds. Il est doté de missiles antinavires Kh-35U (Uran) et SS-N-16 Stallion (en russe: RPK-6 Vodopad), de système antiaériens de courte et moyenne portée, etc. Dans le garage, un hélicoptère Ka-27 porte des torpilles anti-sous-marines, des roquettes et des bombes de profondeur. De surcroît, le Yaroslav Moudri a l'avantage d'être plus écologique que le navire tête de série, le Neustrashimy, grâce à une ligne d'échappement plus performante.

    A ne pas manquer: le porte-avions Chtorm ("Tempête") et le destroyer du projet 23560E, deux concepts qui semblaient encore hier incroyables en Russie. Les deux sont présentés par le centre national de recherche Krylov à l'occasion, semble-t-il, du 120ième anniversaire du groupe.

    Le Chtorm est le premier navire en son genre en Russie. Il peut embarquer jusqu'à 90 appareils de diverses classes et, en termes d'armements, 3.000 missiles de croisière et bombes aériennes. Il est possible d'y installer deux tremplins et deux catapultes électromagnétiques. Les experts sont d'ores et déjà unanimes sur le fait que si le projet était réalisé, ce serait l'un des porte-avions les plus puissants et les plus performants du XXIe siècle.

    Le futur destroyer de Krylov ne manque pas d'impressionner. Il a un déplacement d'eau de 18.000 tonnes contre, en moyenne, 5.000 tonnes d'eau chez les corvettes et frégates actuelles. Avec une vitesse de 32 nœuds, il embarque 70 missiles de croisière antinavires comme armement principal. Il a un système de défense antiaérienne et antimissile S-500 Prometeï avec 128 missiles. Il sera équipé d'un armement anti-torpille de nouvelle génération, ainsi que de 24 missiles anti-sous-marins. La Russie n'avait pas lancé la construction de navires de cette classe depuis plus d'un quart du siècle.

    On pourrait s'étendre infiniment, mais rien qu'à voir les quelques nouveautés du Salon susmentionnées, on dirait que la flotte russe mérite toute l'attention. Si auparavant, on comptait près de 79 sous-marins aux Etats-Unis contre seulement 45 navires russes dont la moitié nécessitait une modernisation profonde, aujourd'hui, la Russie privilégie la qualité de l'exécution au détriment de la quantité d'unités en mer. Qui plus est, Moscou a finalement rattrapé son retard en termes de drones "maritimes" basés sur des porte-avions. Rappelons que l'équipement en appareils sans pilote était inscrit dans la revue de défense américaine pour quatre ans en 2006, la première version Phantom Ray a été exposée au grand public en 2010, et un an plus tard, le premier drone X-47B a effectué son vol. Aujourd'hui, Sea Avenger de General Atomics est la suite logique des fameux Predator et Reaper. En Russie, au contraire, le projet du consortium Kalachnikov n'a pas d'analogues dans le pays.

    Репетиция парада Победы в Балтийске
    © Sputnik . Host Photo Agency/Igor Zarembo
    Dans certains secteurs de l'industrie navale, la Russie est loin devant ses grands concurrents, les Etats-Unis et la Chine. Les plateformes unifiées, mises en place par Moscou, ont une belle perspective. Ce n'est pas un hasard si la Chine veut acquérir des chars Armata, les Etats-Unis développer des technologies semblables, et l'Europe, elle, construire un nouveau char Leopard 3 capable de contrer le T-14.

    Bref, on attend déjà la parade maritime et aérienne consacrée à la Journée de la marine russe, fin juillet, à Sébastopol. Outre un accueil traditionnellement chaleureux en Russie, de nombreuses surprises d'ordre technique seront dévoilées aux experts et au grand public. 

    Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que la responsabilité de son auteur. Elles ne reflètent pas nécessairement la position de la rédaction de Sputnik.

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    Tags:
    flotte, Russie, VIIe Salon international de la défense maritime de Saint-Pétersbourg 2015
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