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Rira bien qui rira le dernier. Cuba, centre d’intérêt de Washington, Moscou et Pékin, est sur le point de tourner la page de la guerre froide avec l’ancien ennemi.

Après 50 ans de rupture, les Etats-Unis et Cuba vont rétablir leurs relations diplomatiques. Cette annonce a été officialisée par les présidents Barack Obama et Raul Castro le mercredi 1er juillet. La réouverture des ambassades est prévue rapidement, à partir du 20 juillet. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry se rendra dans l'île pour « hisser fièrement le drapeau américain » sur l'enceinte diplomatique.

Ce rapprochement, tant attendu après que Washington a retiré, fin mai, La Havane de la liste noire des Etats « soutenant le terrorisme », incite à la prudence. Maints sujets qui fâchent, côté américain et cubain, s'intercroisent. Primo, Cuba demande de mettre fin à l'embargo américain, en vigueur depuis 1962. Mais les deux chambres du Congrès, majoritairement républicaines, s'y opposent farouchement. Secundo, l'île réclame la restitution de la base de Guantanamo, ce qui, bien évidemment, ne s'inscrit pas dans les intérêts de Washington, selon le ministre américain de la Défense, Ashton Carter. Tertio, les indemnisations pour les biens confisqués après la révolution cubaine, se heurtent, côté cubain, aux dommages causés à l'île par les sanctions. Qui plus est, l'ouverture de l'ambassade américaine à La Havane laissera les mains libres à la NSA, sans parler de la propagande anti-cubaine depuis Miami (en Floride).

Deux acteurs s'ajoutent dans ce chassé-croisé: la Russie et la Chine. Vladimir Poutine jouit d'un fort soutien diplomatique du continent latino-américain. Il en était de même avec les leaders soviétiques. L'URSS, puis la Russie, disposait d'un centre de renseignement radio-électronique à Lourdes, fermée en 2001, et de missiles nucléaires, retirés après la crise des missiles de Cuba, en 1962. Aujourd'hui, Poutine a effacé la dette de 31 milliards de dollars (22,8 milliards d'euros) que Cuba avait contractée à l'époque de son alignement sur l'ex-URSS. Ce geste de bonne foi n'est pas passé inaperçu aux Etats-Unis.

Quant à la Chine, elle a les intérêts purement géopolitiques: elle projette d'installer des missiles nucléaires à Cuba pour, semble-t-il, répondre au déploiement de missiles tactiques américains en Asie-Pacifique. Serait-ce probable? Non. Même si on rejette le rapprochement entre les USA et Cuba qui rend la mission chinoise impossible, le déploiement de missiles à ogives nucléaires à Cuba est contraire à la doctrine nucléaire de la Chine, pays-signataire du TNP.

Quelle fin pour ce triangle « amoureux »? Si la Russie est un partenaire de longue date qui a tendu la main à Cuba au moment difficile, les Etats-Unis ont mis un demi-siècle pour corriger leurs fautes. Ils ont à développer une capacité d'autoanalyse et d'anticipation, comme l'a récemment mentionné le président tchèque, Zeman Milos. Et les corrections, on ne sait pas ce qui va en découler.

On peut jeter une passerelle entre Cuba et l'Iran, dont la « soumission nucléaire » est tant convoitée par les Américains. La république islamique, une coïncidence de plus, est un partenaire fiable de la Russie. Reste à savoir, si Washington est disposée à satisfaire les demandes hypertrophiées des deux « filles à marier », Cuba étant, aux yeux des Etats-Unis, un butin plus maigre mais plus facile à acquérir.

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que la responsabilité de son auteur. Elles ne reflètent pas nécessairement la position de la rédaction de Sputnik.

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Tags:
Vladimir Poutine, Barack Obama, Cuba, URSS, Chine, États-Unis, Russie
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