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Une nouvelle étape dans le rapprochement entre Cuba et les Etats-Unis après 54 ans de froid diplomatique suscite les doutes et la méfiance parmi les analystes.

Le drapeau cubain flotte désormais à l'entrée du département d'Etat américain, aux côtés des étendards des pays qui accueillent des ambassades américaines. Lundi 20 juillet, un changement de taille s'est opéré à La Havane et à Washington.

Les Etats-Unis s'engagent à maintenir les relations avec Cuba à un niveau élevé, basées sur le respect mutuel, la non-ingérence dans les affaires intérieures et le respect de l'intégrité territoriale du pays. Néanmoins, ces promesses ressemblent plus à des tournures de langage protocolaire.

"Le rapprochement entre les Etats-Unis et Cuba ressemble à la collision d'une locomotive avec un vélo. Les Etats-Unis cherchent à changer le régime politique dans l'île, tandis que Cuba souhaite ouvrir les voies de commerce verrouillées par Washington depuis plus de 50 ans", a déclaré à Sputnik le journaliste et sociologue panaméen, Marco A. Gandásegui Hijo.

Selon l'analyste panaméen, "les Etats-Unis ont également compris que seule l'invasion de l'île correspondait à leurs intérêts. Mais il ne s'agit pas d'une invasion militaire. Les Etats-Unis souhaitent envahir l'économie cubaine, en l'empreignant de capitaux, ce qui pourrait déstabiliser la Révolution cubaine".

Pourtant, Cuba a réussi son intégration dans l'Amérique latine et a trouvé de nouveaux alliés au cours des dernières années. Aussi, l'île a rétabli des relations diplomatiques avec l'Europe occidentale, le Canada, la Chine et la Russie. C'est pourquoi il devient de plus en plus difficile pour Washington, pourtant principal investisseur en Amérique latine, de jouer un rôle clé dans la région.

Raul Castro
© AP Photo / Ramon Espinosa
"L'administration Obama essayera d'isoler Cuba de la réalité latino-américaine afin de le séparer du Venezuela, car les Etats-Unis sont vraiment préoccupés par leurs relations", a noté le journaliste argentin Roberto Montoya dans une interview accordée à Sputnik, en ajoutant que les Etats-Unis essayeront aussi d'empêcher l'arrivée des investisseurs russes, chinois et sud-américains.

Néanmoins, c'est l'heure de vérité pour Cuba. Au-delà des "bonnes intentions" de Washington, Cuba a une occasion historique de profiter de la conjoncture pour créer un réseau international de liens économiques et politiques.

Les Etats-Unis et Cuba ont commencé des négociations secrètes en 2013 pour rétablir des relations diplomatiques, brisées en 1961. Ils ont annoncé leur rapprochement historique le 17 décembre 2014, puis ont eu lieu de nombreuses rencontres diplomatiques à Washington et à la Havane. M. Obama a commencé la procédure visant à enlever Cuba de la liste des pays finançant le terrorisme et a appelé le Congrès à lever l'embargo contre ce pays. Un embargo avait été imposé en 1960, après l'arrivée au pouvoir de Fidel Castro.

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que la responsabilité de son auteur. Elles ne reflètent pas nécessairement la position de la rédaction de Sputnik.

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Tags:
régime politique, Roberto Montoya, Marco A. Gandásegui Hijo, Barack Obama, Cuba, Amérique latine, Venezuela, Chine, États-Unis, Russie
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