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    Le chef de la diplomatie américaine, John Kerry et Vladimir Poutine

    La Russie "isolée" ou la XXème rencontre de l’année entre les Russes et les Américains

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    Le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, a rencontré Vladimir Poutine et Serguei Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères entre les murs bien isolés du Kremlin. Leur vingtième rencontre de l’année a été cruciale…

    Le thème central est toujours le conflit syrien et les moyens d'une collaboration efficace entre la Russie et les pays-membres de la Coalition Internationale dans la lutte contre Daech.

    La liste des radicaux syriens considérés comme "modérés" n'a pas pu être déterminée. Mais les questions essentielles seront soulevées le 18 décembre à New York à l'occasion de la prochaine réunion du Groupe international de soutien à la Syrie dont les résultats seraient fixés dans une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies.

    Deux déclarations faites par monsieur Kerry ont traversé l'atmosphère jadis tendue entre les deux puissances mondiales. Les fameuses divergences semblent ne plus être. Tout d'abord Kerry a estimé que «les USA n'aspirent pas actuellement au changement de régime en Syrie". En précisant tout de suite que Bachar al-Assad n'avait "pas sa place dans la future Syrie". Mais ce futur est assez indéfini… Comment L'Europe, qui a soutenu fermement les positions étatsuniennes, va-t-elle agir maintenant que Washington ne dit plus la même chose? Pierre Lorrain, journaliste et spécialiste de la Russie, est persuadé que l'Europe suivra les décisions des américains:

    « Le problème actuellement c'est que lorsqu'on voit la position de la maison blanche et du pentagone et la position de l'Otan ce n'est pas exactement la même. Le pentagone, et l'Otan sont sur une ligne un peu plus dure que celle de la maison blanche qui a tendance depuis plusieurs mois à vouloir arrondir les angles. Or là de la part de John Kerry c'est une information qui est forte, et qui destinée à mettre de l'ordre dans la cacophonie qui régnait à l'ouest. Je crois qu'à partir du moment où il y a un signal fort qui vient de Washington, les pays européens qui sont les plus hostiles à la Russie, seront obligés d'adoucir également leurs discours, ce qui donnera un peu plus de puissance au message français ou aux messages d'autres pays qui ont une ligne proche de celle de Paris. Il y a bien entendu Rome mais également d'autres pays européens.»

    Le deuxième point important soulevé par John Kerry à Moscou était: les sanctions antirusses. Le Conseil européen se réunira jeudi pour prendre une décision sur la prolongation ou non prolongation des sanctions contre la Russie. Comment ce changement de la part de la Maison Blanche va-t-il impacter la politique européenne envers Moscou? Djordje Kuzmanovic, secrétaire national du Parti de Gauche en charge des questions internationales et de défense, nous parle du « suivisme » européen…

    « Nous espérons que l'Europe va réagir d'une bonne manière et lever les sanctions russes, puisque que ce sont des sanctions qui pèsent sur l'économie russe, mais elles pèsent beaucoup sur l'économie européenne et en particulier française. Etant donné le suivisme de l'UE, et de la France sur les positions des Etats Unis, on peut s'attendre à ce que il y ai une inflexion en ce sens, et la démarche engagée par l'Italie permettra d'entrainer les autres pays, en particulier la France, à lever les sanctions. En tout cas il y a beaucoup de forces qui vont être poussées en ce sens-là, et encore une fois connaissant le suivisme de M. Hollande, on peut espérer que cette fois son suivisme serve à quelque chose »

    Notre expert Pierre Lorrain estime que le fait que John Kerry n'ait pas évoqué la Crimée en parlant des sanctions, est un changement de plus:

    Ce qui est important c'est que John Kerry a mentionné les accords de Minsk pour la suppression des sanctions, et il n'a pas parlé de la Crimée. Et ça je crois que c'est un point qu'il faut remarquer, parce que cela signifie que désormais l'affaire de la Crimée et les sanctions sont disjointes. Ce qui n'est pas encore le cas en Europe. En Europe on est toujours dans la position, les sanctions sont liées à la Crimée, et à la situation dans l'est de l'Ukraine et aux accords de Minsk. Mais si John Kerry a dissocié les deux, il est semblable que l'UE fera exactement la même chose.

    Les Amis de la Syrie se réunissent à Paris, une nouvelle coalition qui voudrait lutter contre tous les terroristes de la planète Terre, et la Russie n'est pas invitée. Peut-être que La Russie n'est pas encore amie avec Les Amis de la Syrie, mais elle est certainement amie avec John Kerry, du moins c'est ce qu'il souhaite…

    "Mon vœux est que les peuples russes et américains soient bons amis, et que nos deux pays puissent se rassembler dans la paix."

    Matteo Renzi a déjà pu réagir aux déclarations de la diplomatie américaine, le premier ministre de l'Italie estime que l'Europe sera obligée de lever les sanctions. Qui sera le prochain dans l'UE à changer d'avis?

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur. 

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    rencontre, diplomatie, politique, Pierre Lorrain, Djordje Kuzmanovic, John Kerry, Sergueï Lavrov, Vladimir Poutine, États-Unis, Russie
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