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L'hélicoptère d'attaque Mi-24 se distingue par son aspect original, qui lui a valu le surnom de "Crocodile"

Cet hélicoptère est devenu, au même titre que le fusil automatique Kalachnikov, un symbole de la puissance militaire soviétique. Hormis ses excellentes performances au combat le Mi-24 se distingue par son apparence spécifique, qui lui a valu le surnom de Crocodile, et sa fiabilité totale dans les conditions les plus difficiles — caractéristique typique de l'armement russe. Aujourd'hui, le Mi-24 est encore vendu dans plus de 50 pays du monde. L'usine Rostvertol, partenaire de longue date de la banque VTB, continue de produire ses dernières versions pour l'export sous l'indicatif Mi-35. Au total, près de 3 500 appareils sont sortis d'usine et le Crocodile reste le noyau dur du parc d'hélicoptères d'attaque de la Russie. Mais pourquoi est-il devenu si légendaire?

Mi-24
© Sputnik . Pavel Lissitsyne
Mi-24

1. Un véhicule de combat d'infanterie volant

Le Mi-24 a effectué son premier vol le 19 septembre 1969, devenant ainsi le deuxième hélicoptère d'attaque spécialisé au monde après l'AH-1 Cobra américain. Deux solutions techniques inédites ont été employées lors de sa conception. Tout d'abord, le Mi-24 a été développé sur la base des moteurs du Mi-8 de transport, conformément au concept de "véhicule de combat d'infanterie volant". Il a également été doté d'un compartiment de transport pouvant accueillir huit fantassins, qui n'a finalement été que très peu utilisé. En effet, si la cabine des pilotes était blindée, le compartiment pour l'infanterie n'était pas protégé — et comme le Mi-24 était appelé à survoler le champ de bataille sous le feu ennemi, peu de volontaires souhaitaient embarquer comme passagers… Par ailleurs, il était impossible de tirer depuis les portes ouvertes — comme les Américains au Vietnam — à cause de la vitesse de déplacement du Mi-24. Le compartiment pour le personnel est alors devenu un fardeau inutile qui a rendu l'hélicoptère rapide mais lourd. La masse de décollage maximale du Mi-24 s'élève à 11 500 kg, contre 4 500 kg pour l'AH-1.

Dessin 3 vues du Mi-24
© Wikipedia /
Dessin 3 vues du Mi-24

2. Un pilotage "funambule"

Le manque de manœuvrabilité du Mi-24 s'est manifesté lors d'un épisode peu ordinaire: dans un combat aérien entre un hélicoptère russe et américain en 1983 à la frontière entre la RFA et la RDA, un Mi-24 en vol de reconnaissance le long de la frontière est tombé sur un AH-1 qui effectuait la même mission. Les pilotes ont commencé à manœuvrer sans utiliser leur armement. Le Mi-24 a alors exagéré un virage et s'est écrasé. Le fait est que le diamètre de l'hélice porteuse du Mi-24 était significativement inférieur par rapport au Mi-8, présentant les mêmes caractéristiques de même masse et de puissance (17,4 m contre 21,3 m). Les pales de l'hélice avaient également été raccourcies et élargies, ce qui affaiblissait leur résistance et demandait une grande maîtrise et précision dans le pilotage — certains disent qu'il est "aussi facile de piloter cet hélicoptère que de faire du funambulisme".

Mi-24 lors de l'entrainement
© Sputnik . Pavel Lissitsyne
Mi-24 lors de l'entrainement

3. Un hélicoptère avec des ailes

La seconde particularité technique du Mi-24 est plutôt une réussite: cet hélicoptère dispose d'ailes de 6,4 m d'envergure. Elles sont utilisées non seulement pour embarquer des armements, comme sur d'autres hélicoptères de combat, mais créent également une force ascensionnelle en vol jusqu'à 28%, déchargeant l'hélice principale et augmentant la charge utile de l'appareil. Le Mi-24 est donc quasiment un hybride hélicoptère-avion. Cela se reflète également sur sa tactique d'utilisation: si les hélicoptères d'attaque occidentaux utilisent activement le régime de vol stationnaire en sursautant depuis les irrégularités du relief ou les arbres pour attaquer, l'atout du Mi-24 est sa vitesse.

4. Une vitesse record

Le Mi-24 fait partie des hélicoptères les plus rapides du monde et il détient même le record pour le matériel de série à 335 km/h en vol horizontal. En 1978, le Mi-24 a établi un record mondial absolu de vitesse en hélicoptère à 368,4 km/h. Toutefois, pour réduire le poids et la résistance de l'air, le Mi-24 volait sans armement, sans blindage et sans ailes. Ce record a été battu seulement en 1986 par l'hélicoptère polyvalent britannique Westland Lynx à 400,87 km/h. Cependant, l'hélicoptère utilisé pour cet exploit ne ressemblait pas à un appareil de série: il était propulsé par des moteurs 40% plus puissants et possédait des ailes spéciales au niveau de l'hélice porteuse. La vitesse d'un Lynx classique ne dépasse pas 260 km/h.

L'assemblage du Mi-24
© Sputnik . Sergey Wieniawski
L'assemblage du Mi-24

5. Comme un avion au décollage

Compte tenu de sa masse élevée le Mi-24 décolle le plus souvent en s'élançant, comme un avion. Certains l'ont même critiqué, qui affirmaient qu'il ne pouvait pas décoller verticalement et rester en vol stationnaire. Le Mi-24 est capable de rester en vol stationnaire mais il lui est effectivement difficile de décoller verticalement avec une charge maximale. Notamment en montagne où l'air est déchargé ou dans les pays chauds où la puissance du moteur diminue à cause des températures élevées. En Afghanistan, les Mi-24 décollaient en général en s'élançant sur 100-150 mètres sur la roue avant. Ils atterrissaient également comme un avion, mais pour une raison différente: il fallait avancer devant le nuage de poussière soulevé par les hélices pour voir le sol.

Mi-24 en Afghanistan
© Sputnik . A. Solomonov
Mi-24 en Afghanistan

6. Le blindage

L'une des principaux caractéristiques de cet hélicoptère d'attaque est son blindage. Le Mi-24 dispose de vitres de cabine blindées, de sièges blindés et de plaques blindées autour de la cabine du pilote et de l'opérateur, ainsi que sur les capots du moteur. La vitre blindée du Mi-24 n'a jamais été transpercée en Afghanistan, bien qu'après une mission on ait compté six impacts de balle. Le Mi-24 n'avait pas seulement pour mission d'appuyer les troupes et de couvrir les convois au sol, mais également de protéger les avions civils et de transport. Par exemple, à Kaboul, deux Mi-24 accompagnaient les atterrissages des avions d'Aeroflot en tirant des contremesures infrarouges. En cas de détection du lancement d'un missile sol-air, ils avaient pour ordre d'aller sur le missile pour couvrir l'avion de ligne.

7. Un jouet "interdit aux enfants"

Le Mi-24 peut embarquer des armements très puissants: ses ailes supportent un poids total de 2 400 kg — à titre de comparaison, l'approvisionnement de combat du char T-72 pèse moins d'une tonne. La charge standard du Mi-24 en Afghanistan se composait de deux blocs de fusées non guidées, de deux bombes FAB-250 et de munitions pour un canon ou une mitrailleuse. Le Mi-24 était initialement doté d'une mitrailleuse rotative à quatre canons YakB-12,7 avec une cadence de tir maximale de 4 500 coups/min installée dans la tourelle avant. En 1982, lors d'une attaque contre un convoi de moudjahids en Afghanistan, le Mi-24 a coupé un bus en deux avec cette mitrailleuse. Cependant, la cinématique du YakB-12,7 s'est avérée trop capricieuse en conditions réelles. La mitrailleuse a été remplacée par le double canon automatique GCh-30K installé sur la version Mi-24P. Ce canon de 30 mm était si puissant qu'il a été impossible de l'installer dans une tourelle mobile: il est donc fixé sur le côté du fuselage et la visée n'est pas prise en charge par l'opérateur mais par le pilote, ce qui nécessite de réorienter tout l'hélicoptère pour tirer. Au final, un compromis a été trouvé: un double canon automatique GCh-23 de 23 mm a pu être installé dans la tourelle à l'avant et grâce à sa grande précision et cadence de tir, il n'avait rien à envier au canon de 30 mm en termes d'efficacité. A la fin des années 1980, le Mi-24 est devenu le premier hélicoptère du monde à être armé de missiles air-air.

FAB-250
© Wikipedia /
FAB-250

8. Le feu et l'assaut

Au final, ce ne sont pas les munitions de haute précision mais les blocs de roquettes non guidées qui se sont montrés les plus efficaces en Afghanistan contre les moudjahids. En général, le Mi-24 se mettait à grande vitesse en position d'attaque et tirait plusieurs roquettes à 1200-1500 m en balayant le champ de bataille avec les flèches empennées d'acier contenues dans leurs ogives (2 200 flèches par roquette). En s'approchant de la cible, le pilote ouvrait le feu avec le canon, permettant à l'opérateur de larguer des bombes avec précision. Curieusement, les Américains qui diffusent largement des spots "publicitaires" sur l'utilisation des armes de haute précision sur hélicoptère utilisent la même tactique des tirs de roquettes à grande vitesse en conditions réelles, en cas de résistance au sol.

9. Les moteurs

L'un des secrets de la fiabilité du Mi-24 est son moteur TV3-117V, le même qui équipe le Mi-8 — l'hélicoptère le plus répandu au monde. Ce moteur a été développé en 1972 à Saint-Pétersbourg par le bureau d'étude Klimov. Jusqu'à récemment il était fabriqué en Ukraine, mais compte tenu des événements survenus dans ce pays en 2014, la production de sa dernière version VK-2500 a été mise en place en Russie. Ce moteur unique est d'une fiabilité impressionnante. En Afghanistan, alors que le sable abîmait le revêtement protecteur des pales de l'hélice, le TV3-117 continuait de fonctionner parfois même avec une turbine "ébréchée" — lors de la maintenance d'un moteur, on avait une fois constaté que 17 des 51 lames de la turbine manquaient. La fiabilité d'un hélicoptère de combat est probablement une qualité encore plus importante que la protection ou la puissance de feu. Entre 2001 et 2009, dans les opérations en Irak et en Afghanistan, les USA ont perdu 79 hélicoptères d'attaque AH-64 dont 11 ont été touchés par l'ennemi et 68 se sont écrasés sans aide extérieure.

10. Chasseur de chars

Quand on parle de la tactique spécifique d'exploitation du Mi-24, il faut savoir que cet hélicoptère a été conçu avant tout pour la lutte antichar, c'est pourquoi il était doté d'un excellent complexe de missiles guidés antichars Chtourm. En réalité, il n'a pu s'essayer au rôle de chasseur de chars seulement que pendant la guerre Iran-Irak de 1980-1988, la dernière guerre "classique" de l'histoire. Par exemple, durant les trois premiers mois des opérations, un seul Mi-24 a éliminé 55 chars ennemis. Puis les succès ont été plus modestes — tout simplement parce que l'Iran n'avait plus de chars.

Les hélicoptères Mi-24 en vols d'entraînement
© Sputnik . Andrey Alexandrov
Les hélicoptères Mi-24 en vols d'entraînement

11. Hélicoptère vs hélicoptère

La guerre Iran-Irak fut aussi une première en ce qu'elle s'est transformée en arène de combats aériens intenses entre hélicoptères. Il s'agissait essentiellement d'affrontements entre des Mi-24 et des AH-1 Cobra, qui tiraient des missiles antichars. Voici la description d'un combat typique: le 25 février 1984, trois AH-1 iraniens ont soudainement attaqué trois Mi-24 irakiens. Mais les Crocodiles se déplaçaient en chaîne étendue, c'est pourquoi les Cobra ont tiré des missiles Tow à partir de la distance limite et ont raté leur cible. Ces tirs ont signalé aux Irakiens qu'ils étaient attaqués, ils ont alors fait demi-tour et attaqué l'ennemi. Ils ont réussi à éviter six missiles iraniens lents et peu manœuvrables, puis à abattre deux Cobra en tirant leurs propres missiles. Le troisième AH-1 a tenté de s'enfuir mais les Mi-24 ont facilement rattrapé le fugitif pour l'exécuter par une salve de missiles à une distance de 1 500 m. Ce jour-là a donc tourné à l'avantage des Mi-24, mais ce ne fut pas toujours le cas. L'Irak a annoncé 16 victoires aériennes des Crocodiles sur les Cobra avec une perte de six Mi-24 mais l'Iran annonce des chiffres inverses. La vérité se trouve probablement entre les deux: les adversaires se valaient.

AH-1 Cobra
© Wikipedia /
AH-1 Cobra

12. En combat nocturne

Le Mi-24 a également remporté des victoires sur des hélicoptères américains bien plus sophistiqués. Par exemple, en 1999, le Mi-35 serbe (version d'exportation du Mi-24) a abattu le tout nouvel hélicoptère d'attaque américain AH-64 Apache et un UH-60 de transport qui participaient à l'opération de sauvetage du pilote d'un F-16 qui s'était écrasé. Cette victoire a été remportée dans un combat nocturne, bien que le Mi-24 ait été fabriqué en 1986 et fût bien moins sophistiqué que l'AH-64D plus moderne, dont la production de série a commencé en 1993. L'unique avantage du Mi-35 était ses missiles antichars Chtourm de toute dernière version avec une portée de 7 km. Les équipements ont joué un mauvais tour aux Américains: l'Apache avait un radar panoramique et les Serbes ont détecté son rayonnement, se sont placés à couvert à 6 700 m et ont tiré leur missile. Après avoir abattu l'Apache, l'hélicoptère serbe a rattrapé et détruit l'UH-60.

13. Une victoire confirmée

Le 22 juillet 2002, un Mi-35 nord-coréen a abattu un AH-64 sud-coréen et, fait rare, cette victoire a été totalement confirmée. La Corée du Sud avait d'abord nié l'élimination de son hélicoptère, affirmant qu'il s'était écrasé à cause d'un "dysfonctionnement du système de suivi du relief". Cependant, les experts américains ont mené leur propre enquête et ont découvert dans les débris de l'Apache des tiges tungstiques utilisées comme éléments offensifs dans les missiles du Mi-35. Les Américains cherchaient justement à prouver que leur matériel avait été abattu car la version d'un dysfonctionnement technique aurait pu engendrer des pertes colossales pour le fabricant de l'AH-64: la compagnie américaine McDonnell Douglas. Dans la plupart des autres cas, les adversaires ne se sont pas empressés de confirmer les victoires du Mi-24.

14. Le Mi-24, un hélicoptère entouré de légendes

Le 8 juin 1982, dans le ciel du Liban, un Mi-24 syrien a abattu un chasseur supersonique. L'hélicoptère avait été attaqué par un F-4 Phantom israélien, qui s'est trahi par son rayonnement radar. Le Mi-24 s'est tourné en direction de l'ennemi et a lancé vers sa pointe deux missiles air-air R-60 à une distance de 8 km. Les deux ont touché le chasseur qui arrivait à l'attaque à une vitesse de presque 1,5 fois la vitesse du son. Le 27 octobre de la même année, selon la revue irakienne gouvernementale Bagdad Observer, un Mi-24 aurait également abattu un Phantom iranien. Bien évidemment, ces deux victoires n'ont jamais été confirmées par la partie adverse.

Les hélicoptères Mi-24 russes en vols d'entraînement
© Sputnik . Pavel Lissitsyne
Les hélicoptères Mi-24 russes en vols d'entraînement

15. Sur un pied d'égalité

Le Mi-24 élimine assez facilement les avions subsoniques. Au Nicaragua, il abattait les vieux chasseurs américains F-86 qui mesuraient leur force avec des MiG-15 depuis la guerre de Corée de 1950-1953, ainsi que des avions d'attaque légers Cessna A-37. Selon certaines informations (non confirmées bien sûr) un Mi-24 irakien aurait aussi abattu un A-10 américain qui attaquait un convoi de chars couvert par l'hélicoptère. En 1992 en Abkhazie, un Mi-24 aurait abattu avec un missile Chtourm l'avion d'assaut Su-25 géorgien, et en décembre 1994, pendant la première guerre de Tchétchénie, un Mi-24 aurait abattu un avion de transport An-12 transportant des armes et de l'argent destinés aux terroristes avec un missile R-63.

16. La terreur des criminels

Pour sa rapidité, le Mi-24 était aussi utilisé en URSS pour intercepter les avions légers qui violaient la frontière. L'hélicoptère a commencé à être utilisé à ces fins après l'atterrissage retentissant de l'Allemand Mathias Rust sur la place Rouge, le 28 mai 1987. A au moins cinq reprises, le Mi-24 a empêché les contrevenants d'atterrir. Un jour, lors d'une approche d'atterrissage, un criminel des airs a tenté de fuir mais le Mi-24 l'a rattrapé, s'est positionné au-dessus de lui et l'a forcé à descendre. En mai 2015, un journaliste de la chaîne Zvezda aux commandes d'un Cessna — comme celui de Mathias Rust — a tenté de se rendre de la région de Kaliningrad par la frontière Ouest de la Russie jusqu'à Moscou pour reproduire l'exploit de l'Allemand. En moins d'une minute, un Mi-24 a surgi et a "soufflé" l'avion avec la force de son hélice pour le pousser de plusieurs dizaines de mètres vers le bas et le forcer à atterrir. "Si Rust avait été confronté à une telle pression, il n'aurait certainement pas osé aller plus loin", témoigne le journaliste.

Mi-24 en Syrie
© Sputnik . Dmitry Vinogradov
Mi-24 en Syrie

17. Les nerfs à vif

Un autre atout du Mi-24 est la pression psychologique qu'il permet d'exercer sur l'ennemi. Ses dimensions, sa rapidité, son aspect de prédateur et sa sonorité caractéristique font passer les fameuses images du film Apocalypse Now (avec le vol du groupe UH-1 Iroquois sur la musique de Wagner) pour une valse de papillons par rapport à une attaque du Mi-24.. Les moudjahidines afghans ne disaient pas par hasard: "Nous n'avons pas peur des Russes. Nous avons peur de leurs hélicoptères".

Le corps d'infanterie de marine des USA a spécialement acheté des Mi-24 pour entraîner son personnel contre l'"hélicophobie". Dans la caserne de Fort Polk (Louisiane), des unités de soutien utilisent des Mi-24 pour entraîner le personnel à parer une attaque d'hélicoptère. Comme le reconnaissent les Américains, même les unités ayant suivi cette formation avec des hélicoptères américains se retrouvent incapables de se défendre contre des Mi-24 pendant les premières journées de formation. "Il n'attaque pas comme les hélicoptères américains. Tout se passe soudainement. Les gars s'étonnent même de voir à quel point ils ont été effrayés", explique l'instructeur de la "formation".

18. Vu par les yeux de l'ennemi

Au milieu des années 1980, les services secrets américains avaient réussi à obtenir un Mi-24 dans le cadre d'une opération secrète. Il a été étudié par le pilote américain Jeff Slayton, qui se souvient de sa première impression: "J'avais les genoux qui tremblaient. La première pensée qui m'est venue était: cet engin est immense!".

"Il est endurant comme un tracteur. Mettez-le pendant un an dans un hangar, puis rechargez les batteries: vous pouvez voler. Ce n'est pas le cas de nos hélicoptères. Et en vol il file droit, comme une Cadillac de 1962", déclare Steve Davidson, un autre pilote américain qui s'est familiarisé avec le Mi-24.

"Si je voulais voler en hélicoptère uniquement par plaisir, sans l'ombre d'un doute le Mi-24 serait en tête de liste", affirme Slayton.

19. Toujours en service

La Russie dispose d'hélicoptères bien plus moderne que le Mi-24. Par exemple, le Mi-28 est un appareil de combat bien plus sécurisé et efficace. Ses moteurs sont protégés et couverts de telle manière qu'il est pratiquement impossible de les toucher en même temps. Le Mi-28 présente également plusieurs nouveautés techniques, par exemple un châssis énergo-absorbant qui sauve l'équipage en cas d'atterrissage brutal. La cabine, dotée de vitres blindées, résiste à l'impact d'une munition de 20 mm. Les ailes d'hélice composites continuent de fonctionner même après un impact de munitions de 30 mm. Malgré tout, les Mi-24 ne sont pas retirés du service et la fabrication de leur dernière version (Mi-35) se poursuit à Rostov-sur-le-Don.

20. L'hélicoptère du futur

Le 23 décembre 2015, le premier hélicoptère rapide expérimental a décollé de la piste d'essai de l'usine d'hélicoptères de Moscou Mil, à Tomilino. Il ne s'agit pas d'une nouvelle conception ni d'un prototype de futur hélicoptère, mais d'un laboratoire volant pour mettre au point les moteurs, les transmissions et les hélices pour des vitesses de vol avoisinant les 400 km/h. La maquette de cet appareil, appelée "démonstrateur d'un futur hélicoptère grande vitesse", a été présentée au salon de l'aéronautique MAKS 2015 avant son premier vol. Sous ses formes aérodynamiques on devine facilement les contours prédateurs du Mi-24. C'est sur la base du Crocodile légendaire qu'a été conçu ce "cygne" anobli du point de vue aérodynamique. Le potentiel de l'hélicoptère, qui a décollé pour la première fois il y a plus de 35 ans, permet donc encore aujourd'hui de créer sur sa base les appareils militaires de demain.

 

Mi-24
© Sputnik . Vitaly Ankov
Mi-24

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aviation, hélicoptères, AH-1S Cobra, Mi-24, Russie
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