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Indépendance du Kosovo (198)
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Bruxelles et Washington placent à la "présidence" du Kosovo un homme dont un rapport du Conseil de l'Europe dit qu'il est : "le plus dangereux des parrains des pègres de l'UCK."

On s’amuse bien au « parlement » du Kosovo! Vendredi dernier, 26 février, il y avait tous les ingrédients nécessaires en effet pour faire un bon vieux Monty Python ou un truculent Kusturica: dans l’arène parlementaire deux candidats du même parti, la LDK (Ligue démocratique du Kosovo), pour briguer le poste de président de la République du Kosovo (oui au Kosovo ce sont les députés qui élisent le président, c’est comme ça), une opposition violente représentée essentiellement par le part Vetëvendosje qui déclenche des bagarres et lance des gaz lacrymogènes à l’extérieur comme à l’intérieur du parlement et 10 heures plus trois tours de vote pour enfin obtenir le nom de l’heureux élu que tout le monde connaissait d’avance: Hashim Thaçi.

A l’unanimité des dernières voix Thaçi devient donc le 3è président du Kosovo, au passage cela signifie que son opposant n’a même pas voté pour lui-même…. Bref, dans la rue les opposants qui lançaient des cocktails Molotov contre la police se couchent et sont remplacés par quelques centaines de partisans de Thaçi qui agitent leurs drapeaux albanais et américains et, dans une moindre mesure, kosovars tout en tirant leurs armes à feu en l’air pour exprimer leur joie du moment. Le spectacle lamentable montré par les élections de vendredi sont le reflet de ce qu’est réellement le Kosovo, ce pseudo État inventé par les néoconservateurs américains et qui, 16 ans après les bombardements illégaux de l’OTAN, ressemble plus à un cirque sous LSD qu’à un semblant de démocratie.

Tout échoue au Kosovo et c’est normal, ça n’est pas un Etat, cette région n’a aucune légitimité historique, culturel ou politique à se revendiquer comme Etat et quand on voit où il en est malgré les milliards d’euros et de dollars dépensés par Bruxelles et Washington depuis 1999 on peut assurer, les yeux fermés, qu’il n’est pas prêt de le devenir. Souvenons-nous. Officiellement les pays membres de l’OTAN ont bombardé la Yougoslavie pour créer ce nouvel Etat du Kosovo et y ont envoyé depuis tout ce qu’ils comptent de généraux, de conseillers, de financiers, de politiques, d’artistes pour montrer à l’ensemble des Balkans et à l’Europe comment construire une démocratie. 16 ans plus tard ils n’arrivent même pas à organiser une élection où des Albanais, entre eux, doivent désigner leur propre président sans violence, sans soupçons de fraude, sans bouffonnerie. On pourrait vraiment en rire si la situation n’était pas si dramatique. N’oublions pas que pour en arriver là l’OTAN a déclenché une guerre en Europe, tuant des milliers de civils, poussant plus de 100 000 Serbes à quitter la terre qu’ils habitent depuis le Moyen-Age, excitant les peuples des Balkans les uns contre les autres et livrant une région entière aux mains du crime organisé sous la présidence maintenant de l’homme le plus sulfureux du Kosovo: Hashim Thaçi.

Hashim Thaçi n’est en effet pas un enfant de cœur et tous les habitants du Kosovo et de la Métochie le savent. Il a chapeauté très rapidement le mouvement terroriste UCK dans les années 1990, où son nom de guerre était « le serpent », et a mené un combat d’une violence extrême contre les Serbes et les Albanais soupçonnés de collaborer avec Belgrade. C’est lui que l’OTAN va désigner comme représentant des Albanais du Kosovo aux négociations de Rambouillet en lieu et place d’Ibrahim Rugova, le représentant de l’aile plus modérée des indépendantistes albanais, car ce que voulait l’OTAN ça n’était pas la paix mais bien la guerre.

Même l’Américain Henry Kissinger a dû l’admettre: « Le texte de Rambouillet, qui exigeait de la Serbie la présence de troupes de l’OTAN à travers la Yougoslavie, était un prétexte, une excuse pour commencer à bombarder ». Depuis Rambouillet, Thaçi, l’homme fort de l’UCK est l’homme lige des Atlantistes malgré tous les dossiers, les rapports et les preuves qui s’accumulent contre lui. Dans le rapport du Conseil de l’Europe sur « Le traitement inhumain des personnes et le trafic d’organes humains au Kosovo », rédigé par le sénateur suisse Dick Marty en 2010, Thaçi est le « plus dangereux des parrains de la pègre de l’UCK. » Pour des rapports de la BND (Bundesnachrichtendienst, les services de renseignement extérieur allemand) comme dans des documents fuités de l’OTAN il n’y a aucun doute sur les liens entre Thaçi et le crime organisé et pourtant c’est cet homme que les pouvoirs atlantistes soutiennent depuis bientôt 20 ans et qu’elles ont poussé aujourd’hui pour devenir le nouveau président de leur République bananière. Pourquoi? Parce que l’invention du Kosovo comme Etat n’a pas du tout été réalisée pour promouvoir les droits de l’homme où améliorer la démocratie locale ou les relations entre les peuples mais bien au contraire pour pouvoir déployer une opération militaire régionale et s’imposer économiquement localement. Que s’est-il réellement passé ces 16 dernières années.

Quels sont les faits? L’OTAN occupe militairement le territoire, les très grandes multinationales membres de pays de l’OTAN reconstruisent le pays que l’OTAN a bombardé et, en contrepartie, Thaçi, sur place, poursuit la purification ethnique des Serbes et ses différents trafics et il pourra continuer à le faire tant qu’il ne touchera pas aux intérêts des pays membres de l’OTAN. Pour Thaçi et l’OTAN le pari n’est pas encore 100% gagné. Malgré les intimidations, les pressions impressionnantes de Bruxelles sur Belgrade et les attaques régulières contre les Serbes et autres minorités, ceux-ci refusent de partir et empêchent le Kosovo d’être ethniquement pure et bloquent ainsi l’accès du Kosovo à de nombreuses institutions internationales. N’oublions pas que l’ONU, le Vatican, la Russie, l’Argentine, l’Algérie et de nombreux autres pays ne reconnaissent pas du tout l’indépendance du Kosovo. Le Kosovo a vu son accession à l’UNESCO refusé contre toute attente en novembre dernier et même des pays membres de l’OTAN ou de l’Union européenne se sont abstenus ou ont voté contre son accession!

En parallèle de cela la grogne monte contre la classe politique dans sa totalité représentée par Thaçi et ses amis de l’ex-UCK. L’opposition représentée par le parti ultranationaliste Vetevëndosje dirige la « capitale » Priština et organise des manifestations de plus en plus violentes contre le pouvoir en place: cocktails Molotov, gaz lacrymogène à l’intérieur du parlement et scènes de guérilla urbaine entre Albanais sont aujourd’hui banals au Kosovo. Le Kosovo est devenu une des régions les plus pauvres d’Europe où un tiers de la population est au chômage et un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté. Presque 100 000 Albanais du Kosovo ont fui cette région de 1,8 millions d’habitants en 2015. Cela représente 5% de la population et hisse le Kosovo au 3è rang des pays de provenance de la vague d’immigration sauvage que connaît l’Union européenne en 2015 juste derrière la Syrie et l’Afghanistan! Pour le sociologue albanais Dukagjin Gorani, le Kosovo est un « pays à la dérive contrôlé par des élites prédatrices» et pour le sociologue albanais Belgzim Kamberi: « Les Albanais du Kosovo étaient réputés le peuple le plus optimiste d’Europe. Après la guerre, les réfugiés voulaient à tout prix rentrer chez eux, même si le pays était dévasté. Aujourd’hui, un seul rêve hante leurs enfants, partir. » Voici concrètement le résultat de 16 ans de nation building américain sur le territoire souverain de la Serbie. C’est un échec total et le soutien appuyé de Bruxelles et Washington à l’élection de Hashim Thaçi est le signe qu’ils ne veulent rien voir changer. Divide et impera, divise et règne! Tant que Washington pilotera la stratégie politique du monde unipolaire, l’OTAN continuera de placer ses bases et ses troupes sur le grand échiquier géopolitique et de très grandes multinationales gagneront de très belles parts de marché. Pour la paix, la démocratie et les droits de l’homme: on reviendra.

 

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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