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    La Parade de la Victoire du 24 juin 1945

    La Russie libre face au retour du fascisme en Occident

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    Nicolas Bonnal
    par Nicolas Bonnal
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    70 ans après la victoire sur le nazisme, la Russie fait face au fascisme américain et au Nouvel Ordre Mondial.

    La rapidité avec laquelle l'Espagne s'est soumise au diktat américain dans l'affaire du navire de guerre russe à Ceuta montre que l'on n'est pas face à un pays libre mais à une colonie soumise au fascisme américain et au Nouvel Ordre Mondial. Et d'obéir comme un seul homme à Washington et à ses sbires britanniques (quand rendront-ils Gibraltar aux espagnols d'ailleurs?).

    Ce n'est pas la première fois que la vieille et sainte Russie doit faire face à une poussée d'urticaire occidentale. Une demi-douzaine de nations fascistes l'ont attaquée en juin 41 pour se partager ses dépouilles. Elle n'a fait ensuite que se défendre, et « on a prétendu après que cette défense était une conquête » (Murray Rothbard). C'est Tolstoï qui rappelle dans Guerre et paix que la Russie tsariste fut attaquée par une partie de l'Europe, pas seulement par Napoléon.

    Menée par une presse ruinée, déshonorée et hystérique, la campagne de russophobie accompagne ce qu'il est convenu d'appeler le nouvel ordre mondial, et qui se manifeste par les cinq traits suivants:

    — Une liquidation des États-nations en Europe, qui accompagne une extermination des pays arabes libres. L'Algérie est prochaine sur la liste. Le pouvoir est remis chaque fois aux frères musulmans des puissances anglo-saxonnes, le pétrole à qui l'on devine.
    — Une liquidation agressive et obsessionnelle de toutes les cultures et de la polarité sexuelle.
    — Une liquidation des économies avec le TTIP obligatoire et abolition du cash, l'interdiction apocalyptique un beau jour de toutes les transactions (le fameux 666) non ordonnées.
    — Une invasion obligatoire de miséreux venus des pays détruits par l'OTAN et les mercenaires financés par la péninsule arabique.
    — Une soumission des peuples par la techno-passivité et le terrorisme médiatique, qui passe par la diabolisation des partis populistes, de la Russie ou du tiers-monde (ce mot a toujours pour nous sa dignité, et on l'a oublié) encore libre.

    Il est possible qu'une guerre nucléaire limitée soit envisagée par le pentagone et une partie de nos élites dérangées pour faciliter la mise en place de ce Nouvel Ordre Mondial.

    Le rôle presque sacré de la Russie accompagne dans ce cadre apocalyptique la folie guerrière occidentale. Il signifie l'élection de la Russie comme terre de la liberté, paradoxe pour un pays marqué par une tradition autocrate. Mais Dostoïevski disait déjà dans son Journal que la Russie est haïe par les bourgeoisies occidentales car elle est progressiste. Et il ne faut pas oublier c'est grâce à la Russie que le nazisme a été vaincu et que le progrès social a eu enfin lieu en Occident (voyez mon livre à ce sujet). Le prolétariat européen dut ses trente glorieuses et sa bonne fortune à l'Armée Rouge et à la peur bourgeoise du communisme. Dès que cette peur eut disparu, en 1989, la bourgeoisie écrasa les classes moyennes et inférieures, remplaça les populations (chapitre III du Prince de Machiavel), délocalisa les usines, détruisit la culture, sabota l'humanisme. Joe Stieglitz pense comme nous à ce sujet.
    Mais je retrouve la prophétie de Dostoïevski:

    « Dès que l'Européen verra que nous recommençons à nous estimer nous-mêmes, il nous estimera aussi. Plus fort sera notre développement dans le sens russe, plus puissante sera notre influence sur l'âme européenne. En revenant a notre nature vraie, nous prendrons enfin l'apparence d'humains et ne ressemblerons plus à des singes imitateurs. On nous considérera alors comme des hommes capables d'action et non plus comme des fainéants internationaux infatués d'Européanisme et de faux libéralisme. »

    C'est bien pour cela que la Russie est populaire aujourd'hui dans plein de partis et de couches populaires de la population en Europe, effarés par la tournure fasciste que prennent nos affaires (interdire les médias russes, ignorer les Brexit, interdire les partis populistes, fasciser les syndicats ? Calmez-vous les petits!).

    Emmanuel Todd écrit lui en 2002 :

    « Rien n'interdit a priori d'imaginer une Russie libérale et démocratique protégeant à son tour la planète contre une Amérique tentant de raffermir une posture globalement impériale. »

    La Russie révèle au monde la puissance factice américaine, qui repose comme la magie noire d'ailleurs sur le virtuel, le sémiotique (la monnaie de singe ou les images violentes).

    Emmanuel Todd :

    « Après la Seconde Guerre mondiale, chaque pas approchant ensuite l'armée américaine d'une confrontation avec le véritable vainqueur terrestre de ce conflit, la Russie, a révélé la fragilité militaire fondamentale des États-Unis. En Corée, l'Amérique n'a qu'à moitié convaincu, au Vietnam pas du tout; le test face à l'Armée rouge n'a heureusement pas eu lieu… »

    Néanmoins il ne se faisait pas d'illusions :

    « Le maintien d'un certain niveau de tension entre États-Unis et Russie devait empêcher le rapprochement entre Europe et Russie — la réunification de la partie ouest de l'Eurasie — en préservant le plus longtemps possible l'antagonisme hérité de la guerre froide. »

    Et Todd ajoute sur cette vocation non-bourgeoise (vérifiez, tout bourgeois hait Poutine) de la Russie :

    « La Russie est de tempérament universaliste… les paysans russes fraîchement alphabétisés du XXe siècle ont spontanément perçu les hommes comme a priori égaux… Le bolchevisme a aspiré vers ses cercles dirigeants les minorités de l'empire: baltes, juifs, géorgiens, arméniens. Comme la France, la Russie a séduit par sa capacité à considérer tous les hommes comme égaux. »


    Nos lecteurs doivent aussi découvrir des chroniqueurs redoutant ou dénonçant l'hégémonie US et sa général Orwell. Découvrez sur le NYT Ross Douthat (il y dénonce le 23.10.2016 la folie de l'élite), sur Il Giornale Piero Ostellino, sur ABC Juan Manuel Prada. Eric Hazan dans le monde juif rédigeait un texte courageux sur la crainte de Poutine d'une résurgence du nazisme en Europe 16 octobre 2014. Ce système n'est pas antisémite pour l'instant, mais il se sert du terrorisme ou de l'humanitarisme pour justifier ses guerres. On va voir ce qui va se passer si la « générale Orwell » Hillary se fait élire grâce aux médias et aux machines à voter financées par Soros, ce sinistre roi du monde dont le nom signifie le cercueil en grec ancien.

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    Bibliographie

    Dostoïevski _Journal d'un écrivain
    Nicolas Bonnal — Lettre ouverte à la vieille race blanche
    Emmanuel Todd_Après l'Empire
    John Hobson — Imperialism, a study
    Rothbard — A libertarian manifesto

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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    Tags:
    pays occidentaux, russophobie, nazisme, Seconde Guerre mondiale, Armée rouge, OTAN, Donald Trump, Fiodor Dostoïevski, Hillary Clinton, Vladimir Poutine, Occident, Europe, Russie
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