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La cérémonie des Golden Globes a repoussé au second plan les principaux événements politiques de la semaine aux États-Unis – la culture pop reste généralement plus populaire que la politique...

Faute de véritables chefs-d'œuvre cinématographiques ces dernières années, on pouvait s'attendre à ce que l'accent se déplace vers des thématiques plus politiques. On a vu se relever le penchant libéral de gauche dominant à Hollywood, qui était évident même pendant les années 1960 relativement conservatrices. A l'époque le cinéma, puis la télévision, se rapprochaient de plus en plus du mainstream libéral, plus exactement du parti démocrate.

Quand les radicaux de gauche des années 1960 ont commencé à rejoindre de plus en plus activement le parti démocrate, les professionnels du cinéma ont continué leur virage à gauche, qui s'est accru après la Guerre froide pour devenir un fait établi au XXIe siècle.

L'activiste conservateur Andrew Breitbart, qui a bien étudié le milieu hollywoodien, écrivait en 2011: « Hollywood est une colonie de gauchistes. Il est facile d'y feindre le "courage" et de dire des "choses impopulaires" car le travail des stars est protégé et leurs patrons croient en la même chose ». Mais Hollywood n'a pas voulu entendre l'activiste conservateur. Breitbart avait pourtant prédit exactement les sentiments au sein de la société. L'élection de 2016 a prouvé que les Américains étaient fatigués des sermons de célébrités.

Les acteurs, qui reçoivent des millions, partagent les prix et les titres prestigieux ne se contentent pas de faire la propagande de l'idéologie de gauche à l'écran. Ils ne doivent pas manquer l'occasion de dire aux Américains comment ils doivent vivre. En effet, payées avec l'argent des Américains ordinaires mais cloisonnées dans le monde des grandes fortunes et des célébrités, les stars sont convaincues que les citoyens ordinaires rêvent d'écouter leurs leçons de politique.

L'alliance des réalisateurs et des démocrates s'est exposée dans toute sa laideur pendant la campagne électorale. Les célébrités faisaient la morale dans les émissions de télévision et dans les vidéos de propagande que tout le monde ridiculise aujourd'hui avec un credo: Hillary et personne d'autre. Mais les Américains ont répondu par leur vote, faisant comprendre aux acteurs qu'ils feraient mieux de faire du bon cinéma plutôt que de mettre leur nez en politique.

Une telle douche froide ne semble pas avoir calmé les célébrités du milieu et pendant cette soirée où des prix étaient distribués entre les moyens et les mauvais films de 2016, une nouvelle attaque a été lancée contre le nouveau président. Non pas que les acteurs américains étaient préoccupés par sa politique — il n'y en a pas encore —, mais le résultat de la présidentielle n'était pas à la hauteur de leurs attentes d'enfants gâtés par le succès. D'où cette volonté de provoquer l'hystérie en public. D'où les blagues pas très drôles sur Trump du présentateur comique Jimmy Fallon, les répliques insensées contre les républicains du Britannique (!) Hugh Laurie et, enfin, le discours de Meryl Streep.

Ses propos portaient à juste titre sur la protection de la liberté d'expression et le comportement indécent de Trump vis-à-vis d'un journaliste handicapé. Mais ils se sont perdus derrière la défense des immigrés et du tableau général: la meute aigrie attaque celui qui ne lui plaît pas. Dans ces conditions, il serait audacieux de ne pas suivre la pensée de groupe des stars de cinéma en tentant de prendre ses distances de la politique et des attaques habituelles contre les républicains tant honnis. Car il est clair que si Hillary Clinton avait gagné, ces mêmes Streep, Fallon et Laurie proféreraient des discours mielleux à son encontre. Aucune audace ici mais de la lâcheté, du conformisme et une obéissance aux instincts de la foule. Et oui, les hollywoodiens insouciants peuvent également être considérés comme une foule.

​Il est très dommage d'avoir réduit à néant, dans ces conditions, les propos justes tenus par Meryl Streep. Trump mérite d'être critiqué. Et les républicains qui aiment tant leur candidat doivent le tenir constamment en joue au lieu de chercher des excuses aux déclarations ou aux actes du nouveau président. Mais la critique politique réfléchie se perd vraiment aujourd'hui derrière les intérêts du parti ou le conformisme hollywoodien.

Trump a pourtant beaucoup de choses en commun avec ceux qui l'ont attaqué aux Golden Globes. Il est également une célébrité hollywoodienne et il a tout gardé de ce Hollywood de gauche libérale. Et sa disposition à ne pas faire de la politique pour s'occuper de l'héritage d'Obama, mais maudire sur Twitter Streep et consorts est précisément la preuve qu'il est resté, au fond, un hollywoodien grincheux.

​D'ailleurs, on voudrait le féliciter pour son audace d'avoir écrit « Streep est une actrice surcotée ». Elle l'est, même si les professionnels du milieu ne peuvent pas le reconnaître. Or quand Trump côtoyait les stars, il ne disait pas la même chose: pour lui, Streep était l'une de ses actrices préférées… « Meryl Streep est excellente. C'est une belle personne aussi », disait-il en 2015. C'est pourquoi en l'occurrence on ne peut pas non plus prendre au sérieux cette appréciation d'actrice surestimée à première vue raisonnable.

Les présidents républicains Nixon et Reagan étaient rejetés par le mainstream hollywoodien de gauche libérale pour leur politique anticommuniste et leur réticence à suivre le sillage des élites de la pop-culture. Et les représentants du cinéma qui avaient le courage de prendre la défense de ces présidents peuvent être considérés comme des héros. John Wayne par exemple. Nixon et Reagan étaient parfaitement conscients du danger du conformisme des idées de gauche au cinéma et c'est pourquoi, en luttant contre les communistes, ils étaient toujours opposés à la censure d'État.

Le conflit entre Hollywood et Trump est une dispute entre « initiés ». Ce conflit a déjà prouvé le manque d'idées et le conformisme du Hollywood de gauche. Mais du côté de Trump également, il n'y a pas beaucoup de positif dans ce conflit.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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