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    Vladimir Poutine au "Figaro" : «Arrêtez d'inventer des menaces russes imaginaires!»

    © AFP 2017 Jean-Christophe Verhaegen
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    par Laurent de Angelis
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    OTAN + Union Européenne : Menaces imaginaires... mais manne financière bien réelle!

    Lors du sommet de l'OTAN le 25 mai 2017, les brebis apeurées ont tenté de chercher un peu de réconfort auprès du nouveau maître, Donald Trump, qui les a menacé de mettre sa protection sous condition financière…

    Mois après mois, année après année, malgré l'évidence, tout esprit un peu lucide reste stupéfait de voir les chefs d'état l'Europe orientale, Pologne et pays Baltes en tête, continuer à crier au loup envers la Russie, avec des schémas de pensée hérités de la guerre froide. Pendant ce temps, le terrorisme islamiste gangrène le monde, tandis que Donald Trump fait des déclarations d'amitié à une détestable dictature qui les encourage.

    Financement des dépenses de l'OTAN, plus subventions de l'Union Européenne: les mécanismes de la soumission.
    Pensent t-ils sérieusement ce qu'ils disent, lorsqu'ils agitent ainsi, le visage grave, le spectre d'une invasion russe, une sorte de plan Barbarossa à l'envers version XXIème siècle, dénaturant totalement les circonstances du retour de la Crimée à la Russie en 2014?

    Pour n'importe quel observateur avisé et factuel, cela semble difficile à croire. Outre que l'on voit mal pour quel motif une telle invasion, aux conséquences incalculables, pourrait être déclenchée, comment y croire une seule seconde, à l'heure des satellites militaires d'observation, des AWACS et des drones qui scrutent 24 h sur 24, par tous temps et sur toutes les longueurs d'ondes, chaque m² du territoire de la Russie?
    Cela ne semble pas sérieux. Et ça ne l'est pas, en effet. En vérité tout ceci est une posture, du théâtre, auquel personne de sensé ne croit sérieusement un seul instant.
    Ni les européens qui les profèrent, ni les américains qui les écoutent.
    Mais tout le monde fait semblant, car tout le monde y trouve son compte.

    Les pays d'Europe orientale, nouveaux membres à la fois de l'UE et de l'OTAN, sont certainement beaucoup plus malins que ne se l'imaginent les occidentaux. Ils exploitent un mécanisme extrêmement efficace d'assistanat perpétuel.

    Explication.
    Dans le budget d'un état, la ligne "défense" est généralement la dépense la plus lourde. Les équipements militaires et de défense, sans cesse plus sophistiqués, coûtent des sommes littéralement astronomiques. Et pour la plupart des pays, ils ne sont pas fabriqués sur place, mais doivent être achetés à prix d'or à l'étranger, aux Usa en l'occurrence, et payés en $. Le ministère de la défense britannique, en partant du célèbre "Spitfire" avait calculé que si la courbe d'augmentation de prix des avions continuait, la RAF pourrait s'offrir… 1 Avion à l'horizon 2050! le F-35 américain et ses coûts vertigineux en donnent un avant goût…

    Grâce à l'OTAN, les pays d'Europe de l'Est utilisent à moindre coût des équipements militaires qu'ils seraient bien en peine de financer. Le vrai prix à payer est, naturellement, la soumission sans conditions aux intérêts américains, aujourd'hui relayé efficacement par l'UE, notamment en matière de vote dans les instances internationales.
    Ce qui explique bien des choses qui paraissent incompréhensibles: la veulerie de nombreux chefs d'état par exemple. Et pourquoi des prises de position en faveur de la levée des sanctions anti-russes prises suite à la crise ukrainienne — notamment prises par la Grèce, la Hongrie, la Slovaquie, la Tchéquie, voire l'Italie — s'évanouissent comme par enchantement au moment fatidique du vote pour la reconduction: soudain, miracle, l'unanimité règne!
    Les fonds structurels de l'UE, fontaine de jouvence…
    Malins, les nouveaux pays de l'UE ont vite compris tout l'intérêt qu'ils pouvaient tirer: la Pologne est le principal bénéficiaire des fonds structurels européens. Tous les pays d'Europe orientale sont fortement bénéficiaires, tandis que les pays d'Europe de l'Ouest sont contributeurs nets et surtout… perpétuels, à l'exception du Portugal.

    Equipements militaires de l'OTAN, plus manne financière de l'Union Européenne: un moyen commode d'équilibrer les budgets nationaux à bon compte!
    Les aides de l'UE avaient été bâties à partir une théorie économique séduisante, mais qui s'est avérée totalement fausse: la nécessaire convergence entre pays membres d'une union économique, l'UE en l'occurrence. Pour faire court, tous les habitants, au bout d'un certain nombre d'années, devaient accéder à un niveau de vie moyen équivalent à un allemand ou un danois, moyennant une solidarité financière des plus riches envers les moins riches. Un petit tour dans certains pays montre l'ineptie de cette théorie, violemment démentie par les faits, mais qui reste un credo européen ressassé comme un mantra. L'harmonisation des niveaux de vie prendrait en réalité des siècles. 30 ans après son adhésion, l'Espagne, qui a pourtant connu un fort développement au cours de cette période, à un SMIC… moitié moindre du SMIC français…

    La convergence n'arrivera sans doute jamais. Et de toute manière, lorsque l'on considère les égoïsmes nationaux (gouvernement polonais…), il y a fort à parier qu'au moment d'un hypothétique basculement, ou ils devraient à leur tour faire preuve de solidarité envers d'autres états membres, ils quitteraient purement et simplement l'UE qui ne leur serait alors plus d'aucune utilité…
    Le cas extrême de la Grèce, ou: le chantage à la théorie des dominos…
    Lorsque les générations futures étudieront de l'interminable crise grecque, elle sera, sans nul doute, emblématique d'un déni systématique du réel et d'aveuglement volontaire dont l'histoire offre peu d'exemples. En cela, elle sera peut être rapprochée du crash de 1929 ou le président Herbert Hoover, proclamait "la prospérité est au coin de la rue" alors que son pays s'enfonçait dans une crise terrifiante qui jetait des millions de familles américaines dans la rue.
    Car, rappelons le,
    La Grèce a perdu plus du quart de son PIB, événement sans précédent pour un pays qui n'est pas en guerre, depuis la crise de 1929! une catastrophe absolue. Cela, essentiellement à cause d'une monnaie totalement inadaptée à son économie, suivi de mesures de "sauvetage" dont l'effet a été d'aggraver encore le mal. Le tout, sans qu'un dirigeant européen ait enfin osé dire la seule solution possible: la sortie de la Grèce de la monnaie unique, voire de l'UE, source à la fois de souffrances pour les grecs et d'aides sans fin pour les autres pays membres.
    Mais le gouvernements grec n'est pas de cet avis. Retournant sa veste sans vergogne, M. Tsipras (trahissant en quelques mois électeurs et résultat d'un référendum qu'il avait lui même convoqué) a adopté de facto le comportement d'un pays du tiers monde. C'est à dire en agissant en fonction de montants d'aide qu'il pense obtenir, pas en fonction de l'intérêt à long terme de la nation.
    La Grèce est donc devenue une nation sous perfusion financière perpétuelle.
    Contrairement à ce que l'on imagine l'assistanat permanent à la Grèce ne date pas de la crise de l'€. Il a démarré en fait le…. 1er janvier 1981, date de l'adhésion de ce pays à l'UE. Depuis 36 ans (!), les naïfs (ou complices?) européens déversent, sans le moindre espoir de retour, des dizaines de milliards qui vont essentiellement profiter à une oligarchie et… à la fonction publique grecque.
    Habilement, le gouvernement grec joue sur la peur de la fameuse théorie des dominos: si on quitte l'Euro, l'Euro s'écroule, si on quitte l'UE… 
    La Grèce cumule donc l'OTAN, l'UE, et les tranches d'aides accordées par l'Eurogroupe au nom de la défense idéologique de l'€. Seul pour l'instant, le FMI rechigne à mettre à son tour la main à la poche, préférant laisser le tonneau des Danaïdes (légende grecque!) aux autres…

    L'ennui, c'est que ce système pourrait se lézarder avec Donald Trump et le BREXIT.

    Pragmatique businessman, Trump veut que l'OTAN paie le vrai prix de sa défense. Tandis que les Britanniques ont quitté l'UE, notamment parce qu'ils ne voyaient pas l'intérêt de payer sans fin pour les autres. Quel avenir pour les "rentiers" actuels du système?

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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    Tags:
    menace russe, OTAN, Union européenne (UE)
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