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    Un soldat

    Ces épisodes historiques qui ont failli provoquer une guerre entre les USA et l'URSS

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    par Oxy
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    Le 11 août 1984, Ronald Reagan déclarait soudainement dans un message radio adressé aux Américains: «Mes compatriotes américains, je suis ravi de vous annoncer aujourd'hui que j'ai signé un décret proclamant la Russie hors-la-loi à tout jamais. Le bombardement commencera dans cinq minutes».

    Et ce n'est pas la seule fois que le monde s'est retrouvé au seuil d'une Troisième Guerre mondiale.

    Le vol de Francis Powers

    Le 1er mai 1960, Francis Powers, pilote américain et agent de la CIA, effectuait un vol de reconnaissance routinier. Il avait pour mission de photographier les sites militaires et industriels sur le territoire de l'Union soviétique, ainsi que d'enregistrer les signaux des stations de radar. Rien ne laissait présager un malheur imminent. Ce n'était pas le premier vol de ce genre effectué par Powers, mais en pleine Journée du travail les garde-frontières soviétiques étaient sur leurs gardes. 8 missiles ont été tirés contre l'avion de Powers, dont un a abattu un avion soviétique envoyé pour intercepter l'espion américain. A 10.000 mètres d'altitude, Powers s'est éjecté, est descendu en parachute et a été capturé par les habitants à son point de chute.

    En apprenant l'incident, le président Eisenhower a déclaré que l'avion s'était perdu pendant une mission météorologique — mais les équipements spéciaux de Powers et sa déposition ont révélé l'absurdité de la déclaration du dirigeant américain. Sur décision du tribunal, l'agent américain a été condamné à 10 ans de prison. Deux ans plus tard, il a été échangé contre Rudolf Abel. Cet incident a sérieusement détérioré les relations entre les pays impliqués dans la Guerre froide et a accéléré l'arrivée des crises de Berlin et de Cuba.

    La crise des missiles de Cuba

    L'histoire de la crise des missiles de Cuba est bien connue. Les Soviétiques et les Cubains étaient des «frères pour la vie» et les missiles soviétiques à Cuba ont rendu les Américains très nerveux. Selon les données soviétiques officielles, les Américains avaient commencé en installant en Turquie des missiles de moyenne portée Jupiter qui menaçaient réellement aussi bien les centres industriels que la capitale de l'URSS. Pendant près de deux mois, le monde était au bord du conflit mais la guerre de l'aviation de reconnaissance n'a pas cessé durant toute la crise.

    La situation a été finalement réglée pacifiquement: l'URSS a retiré ses missiles de Cuba, les USA ont levé le blocus et ont promis de ne pas manifester d'agressivité envers le «pays de Fidel Castro».

    Fausse alerte

    Le 9 novembre 1979, les USA ont tiré la sonnette d'alarme en découvrant un lancement massif de missiles depuis le territoire ennemi et ont donné l'ordre de riposter immédiatement. Les avions d'interception ont décollé et même l'avion présidentiel était préparé pour l'évacuation du chef de l'État. L'alerte n'a duré que six minutes — jusqu'à ce qu'il s'avère qu'une bande avec un exercice d'entraînement avait été insérée par accident dans l'ordinateur du complexe de Cheyenne. Il ne s'agissait d'ailleurs pas de l'unique «bug» du système d'avertissement. La guerre nucléaire était plus proche qu'on ne l'imagine.

    L'incident du Boeing coréen

    Le 1er septembre 1983, un Boeing 747 sud-coréen a été abattu au-dessus du territoire de l'URSS dans le ciel de Sakhaline alors qu'il transportait 269 passagers. Cet incident est considéré à juste titre comme l'un des plus mystérieux de l'histoire de l'aviation civile. Quelques jours plus tard, l'Union soviétique a officiellement reconnu que sa défense antiaérienne avait abattu cet avion qui avait violé l'espace aérien soviétique et n'avait pas réagi aux avertissements. En apprenant le crash de l'avion sud-coréen, le président américain Ronald Reagan l'a qualifié de «crime contre l'humanité qui ne devra jamais être oublié», et l'URSS d'«Empire du mal».

    Faux avertissement

    Le 26 septembre 1983, l'URSS a reçu un faux avertissement mentionnant une attaque en provenance des USA. Le satellite avait transmis un message informant du lancement de plusieurs missiles depuis la partie continentale des USA mais la surveillance radar ne pouvait pas le confirmer parce que ces «missiles» se trouvaient encore hors de son champ. Le commandement soviétique n'a probablement pas donné l'ordre de riposter parce qu'il était admis qu'une éventuelle attaque des USA devait être massive, pour neutraliser les postes de commandement soviétiques et détruire la majeure partie du potentiel nucléaire du pays. Or, le lancement de quelques missiles ne s'inscrivait pas dans cet algorithme. Quoi qu'il en soit, la décision du colonel Stanislav Petrov de reconnaître la menace comme fausse a sauvé le monde.

    Le message radio de Reagan

    Le 11 août 1984, Ronald Reagan se préparait pour son message radio adressé aux Américains le samedi suivant. En testant le micro avant son allocution, Reagan a «plaisanté» en disant: «Mes compatriotes américains, je suis ravi de vous annoncer aujourd'hui que j'ai signé un décret proclamant la Russie hors-la-loi à tout jamais. Le bombardement commencera dans cinq minutes». Cette plaisanterie a filtré sur la place publique.

    La réaction officielle de l'URSS a été relativement dure et exprimée sous la forme d'un communiqué: «… l'Union soviétique condamne l'attaque hostile sans précédent du président américain. Un tel comportement est incompatible avec la grande responsabilité qui incombe aux chefs d'État, qui plus est possédant l'arme nucléaire, pour le destin de leur propre peuple, pour le destin de l'humanité».

    La plaisanterie de Khrouchtchev

    Mais Reagan fait figure de «petit plaisantin» à côté de Nikita Khrouchtchev. Ce dernier prononçait parfois des phrases à faire rougir la situation internationale. Sa rencontre avec un sénateur américain est très révélatrice du caractère de Khrouchtchev.

    Il avait apprécié l'Américain et lui avait demandé d'où il venait: «De Minneapolis», avait répondu ce dernier. Le premier secrétaire du Comité central du PCUS s'était alors approché de la carte et avait entouré Minneapolis avec un crayon en plaisantant: «C'est pour ne pas oublier quelle ville doit rester intacte quand nos missiles décolleront».

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