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    Maxime Bernier, chef du Parti populaire du Canada: «les médias nationaux nous ignorent»

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    Malgré un départ canon, le Parti populaire a du mal à se faire connaître des Canadiens. Il est même loin d’être acquis que son chef, Maxime Bernier, puisse participer aux débats télévisés de campagne. En entrevue avec Sputnik, le chef de ce nouveau parti de droite revient sur ses débuts et défend sa place dans le paysage médiatique.

    Difficile pour un nouveau parti de s’imposer rapidement dans les médias… et les sondages. Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, en sait quelque chose. Le 11 août dernier, il confiait à un journal local que des gens de sa propre circonscription, dans la région de la Beauce, lui demandaient encore le nom de son parti. Un aveu qui en dit long sur ses difficultés à le propulser sur le devant de la scène. 

    «On me demande quel est le nom de mon parti. Il y a des gens qui ne s’en rappellent pas et c’est un peu normal après 10 mois d’existence. Mon défi, c’est de faire connaître le parti, pas seulement en Beauce, mais partout au Canada», admettait Maxime Bernier au média EnBeauce.com.

    Pourtant, Maxime Bernier est bien connu du public. Il a été plusieurs fois ministre sous le gouvernement conservateur de Stephen Harper (2006-2015) et est passé tout près de devenir chef du Parti conservateur en 2017. Lancé en septembre 2018, le Parti populaire compte déjà 40.000 membres, mais ne récolte pas plus de 5% des intentions de vote. Une réalité que le chef attribue en partie à la couverture médiatique:

    «Je dois admettre que le traitement médiatique est assez différent de celui que l’on a eu lorsque j’ai lancé le parti. Au départ, nous avons eu beaucoup plus de couverture que le Parti vert et que Nouveau parti démocratique, qui sont bien implantés sur la scène fédérale. Toutefois, contrairement aux médias régionaux, on dirait maintenant que les médias nationaux nous ignorent […]. C’est un peu plus difficile pour nous d’être dans les médias traditionnels», a souligné M. Bernier à notre micro.

    Une polémique fait rage sur la participation éventuelle de Bernier aux deux grands débats télévisés, prévus les 7 et 10 octobre prochains. Ces débats (un en français et l’autre en anglais) sont toujours déterminants pour l’issue de la campagne électorale. Une absence à ces débats forcerait Bernier à se contenter d’une visibilité beaucoup moins grande que celle des autres chefs de parti. Un dénouement qu’il souhaite à tout prix éviter.

    Jusqu’à présent, le commissaire aux débats, David Johnston, ferme la porte à la présence de Bernier aux débats. Pour y participer, un parti doit souscrire à au moins deux des trois critères suivants: avoir un député élu du parti, soutenir des candidats dans au moins 90% des circonscriptions et avoir obtenu un minimum de 4% des suffrages à l’élection précédente. Cette dernière condition peut toutefois être remplie si le commissaire juge que des candidats du parti ont une chance d’être élus.

    Le débat des chefs, moment déterminant de la campagne

    Puisque Maxime Bernier a été élu sous la bannière conservatrice, il ne remplit pas le premier critère, mais présentera des candidats dans presque toutes les circonscriptions du pays. Il estime aussi que ses chances de faire élire des candidats sont suffisantes, ce critère étant sujet à interprétation.

    «J’ai encore bon espoir de pouvoir être au débat, parce que le commissaire a rendu une décision préliminaire. La décision finale sera rendue le 16 septembre. Le commissaire n’a pas considéré l’un des critères importants, qui doit tenir compte des sondages d’opinion et du récent contexte politique [le critère concernant les chances des candidats d’être élus, ndlr]. Le commissaire pourrait donc revoir sa décision», a poursuivi le chef du Parti populaire.

    Maxime Bernier estime surtout que sa participation au débat dépend de la valeur accordée par le commissaire à la liberté d’expression. Selon lui, son absence condamnerait les électeurs à assister à un «faux débat».

    «Nous sommes le seul vrai parti conservateur. Sans nous, ce ne serait pas un vrai débat, mais une discussion entre des leaders de partis qui partagent à peu près le même point de vue sur divers sujets. Le Parti populaire a des positions très différentes. Nous sommes les seuls à proposer de baisser les seuils d’immigration et d’abolir les subventions aux entreprises. En ce qui concerne les changements climatiques, nous sommes le seul parti qui ne signerait pas l’Accord de Paris», a-t-il précisé.

    Des commentateurs du Canada anglais sont intervenus dans les médias pour défendre sa participation aux débats. Même s’il est Québécois, Maxime Bernier semble recevoir plus d’appuis provenant des provinces anglophones que de la Belle Province. De fait, son opposition à certaines mesures écologiques trouve écho dans les provinces de l’Ouest, dont l’économie dépend en bonne partie de l’industrie pétrolière. En outre, il est convaincu que son absence au débat apparaîtrait comme une injustice:

    «Il s’agit même de respecter la démocratie canadienne, car il y a des précédents. Il est déjà arrivé que des chefs non élus sous la bannière de leur parti participent au débat, comme par exemple, l’actuelle chef du Parti vert, Elizabeth May. Je vais donc attendre avec optimisme la décision finale», a conclu Maxime Bernier.

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    Accord de Paris sur le climat, Canada
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