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Propagation du coronavirus dépisté en Chine - 2020 (672)
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Le coronavirus commence à inquiéter, voire à semer la panique au pays de l’érable. Les Canadiens sont de plus en plus nombreux à éviter de fréquenter les personnes et quartiers associés à la communauté chinoise. Des Sino-Canadiens se disent maintenant la cible d’actes discriminatoires. Sputnik fait le point sur cette psychose.

Ottawa est plus en plus préoccupé par le coronavirus.

Le 2 février dernier, le gouvernement du Canada a annoncé qu’il était enfin prêt à évacuer les ressortissants canadiens bloqués à Wuhan. 325 ressortissants canadiens faisaient pression sur Ottawa pour être évacués le plus rapidement possible de la province de Hubei, région de l’est de la Chine où se trouve cette ville tristement célèbre. Les autorités ont annoncé que les ressortissants feraient l’objet d’un «examen médical approfondi avant l’embarquement, pendant le vol et à leur arrivée» au Canada.

«Le gouvernement du Canada prend très au sérieux la santé et la sécurité des Canadiens, tant au pays qu’à l’étranger. Nous intervenons pour rapatrier les Canadiens de Wuhan, en Chine, tout en veillant à ce que des mesures appropriées soient mises en place pour prévenir et limiter la propagation du nouveau coronavirus», a déclaré François-Philippe Champagne, ministre des Affaires étrangères.

Apparu dans un marché de fruits de mer et d’animaux vivants de Wuhan, le virus a été détecté chez seulement quatre personnes au Canada, mais un sentiment de peur est de plus en plus palpable dans le pays. Depuis le début de la crise, Ottawa réaffirme pourtant que les risques de contracter le virus sont peu élevés au Canada.

«L’Agence de santé publique du Canada a évalué le risque pour la santé publique associé au nCoV-2019 comme étant faible pour le Canada. Dans l’ensemble, le risque pour les voyageurs canadiens à l’étranger est faible. Le risque pour les voyageurs canadiens se rendant en Chine est jugé élevé. Le gouvernement du Canada recommande d’éviter tout voyage non essentiel en Chine», peut-on lire sur son site officiel.

Si les autorités disent avoir la situation bien en main, elles peuvent difficilement contrôler la réaction et dissiper l’inquiétude d’une partie de la population. Justin Kong, le directeur de la division de Toronto du Conseil national des Canadiens chinois, a déclaré à la presse qu’un climat de peur généralisé s’était installé dans la métropole ontarienne.

Selon M. Kong, de nombreux Canadiens évitent de se rendre dans les restaurants et commerces associés à la communauté chinoise. Les quartiers chinois des grandes villes sont donc pratiquement désertés, observe-t-il.  

«Nous l’avons vu avec le SRAS, à la fois les dommages économiques et sociaux qu’il a causés. [Le résultat est] la stigmatisation des régions où vivent des Chinois et des Canadiens d’origine chinoise», a mentionné Justin Kong en entrevue avec Al-Jazeera.

Le directeur de la branche torontoise du Conseil national des Canadiens chinois n’est pas le seul à avoir observé que des citoyens craignaient d’entrer en contact avec des Sino-Canadiens. Le Premier ministre canadien lui-même, Justin Trudeau, est intervenu pour mettre en garde contre la méfiance exprimée à l’égard des Canadiens d’origine chinoise.

À l’occasion d’une célébration du nouvel an chinois à Toronto, M. Trudeau a tenu à réconforter les membres de la communauté asiatique:

«Les Canadiens d’origine chinoise, vietnamienne et coréenne rendent cette ville plus forte, plus vibrante, plus prospère. [...] Les manchettes ont été difficiles pour vous ces dernières semaines. Vous vous inquiétez pour vos proches. Nous devons être solidaires. Il n’y a pas de place pour la discrimination dans notre pays», a alors déclaré Justin Trudeau.

L’Administratrice en chef de la santé publique du Canada, Theresa Sam, a également exprimé son désarroi face à la situation. Sur son compte Twitter, Mme Sam a notamment écrit que les Canadiens devaient «tirer des leçons de leur expérience avec le SRAS, lorsque des Asiatiques du Sud-Est ont été confrontés à beaucoup de racisme et discrimination».

​L’un des Canadiens ayant contracté le coronavirus habite London, en Ontario, et étudie à la Western University, située dans cette ville. Il s’agit d’une jeune femme ayant voyagé dans la région de Wuhan, avant de revenir à Toronto par avion le 23 janvier dernier. La direction de cette université encourage la population à ne pas faire circuler de fausses informations qui pourraient mener à faire de la communauté chinoise un bouc émissaire.

«Parfois, lorsque nous avons peur, nous recherchons quelqu’un ou quelque chose à blâmer dans le but de donner un sens à la situation. Cependant, la publication et le partage d’informations non vérifiées sur les médias sociaux ne sont pas utiles et peuvent contribuer à la propagation de la désinformation et de la peur», a fait valoir la Western University par voie de communiqué.
Dossier:
Propagation du coronavirus dépisté en Chine - 2020 (672)

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communauté chinoise, Covid-19, Canada
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