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Au Canada, les sondages semblent favorables aux mesures sanitaires. Mais un vent d’opposition au confinement commence à balayer le pays d’est en ouest. Une insatisfaction appelée à se répandre? Pour Maxime Bernier, chef du Parti populaire du Canada, le pays est en train de devenir un «État policier» doublé d’un État en faillite. Entrevue.

Alors que près de 19.000 décès y ont été attribués au Covid-19, une opposition aux mesures sanitaires commence à se faire entendre au Canada.

Depuis le début de la crise, plusieurs manifestations ont dénoncé une érosion des libertés. Des politiciens prennent maintenant la parole pour réclamer un assouplissement des mesures. 

Des politiciens rebelles opposés au confinement 

Au Québec, c’est le cas du célèbre chroniqueur Éric Duhaime, dorénavant candidat à la chefferie du Parti conservateur du Québec. Dans la Belle Province, il est le seul politicien à remettre publiquement en cause le confinement. Au micro de Sputnik, Éric Duhaime déclarait en novembre dernier: «Le gouvernement Legault ne donne aucun espoir à moyen et long terme aux Québécois.»

Sur la scène fédérale, ce rôle de politicien rebelle revient à Maxime Bernier, chef du Parti populaire du Canada et plusieurs fois ministre dans les gouvernements de Stephen Harper (2006-2015). En entrevue avec Sputnik, celui que l’on surnomme Mad Max dénonce l’absence d’une «analyse coûts/bénéfices» dans la gestion de la crise par l’État fédéral et les provinces.

«Nous sommes face à un État policier qui dicte à la population quoi faire, jusqu’à causer plus de mal que de bien. […] Dès octobre dernier, trois professeurs de Harvard, Oxford et Stanford ont mis en garde contre les effets désastreux du confinement en signant la Déclaration de Great Barrington. Il faut protéger les gens plus vulnérables et, pour ce faire, les ‘‘lockouts’’ ne sont pas nécessaires», plaide Maxime Bernier à notre micro. 

Après avoir failli prendre la tête du Parti conservateur en 2017 –lequel forme toujours l’opposition officielle à Ottawa–, Maxime Bernier a lancé en septembre 2018 le Parti populaire du Canada, destiné à concurrencer son ancien parti. Aux dernières élections fédérales, à l’issue de sa toute première campagne, la nouvelle formation de droite a obtenu 1,6% des scrutins, soit un peu moins de 300.000 votes. 

L’opposition au confinement, un calcul électoral?

Pour monter dans les intentions de vote, Maxime Bernier entend représenter les citoyens de tous les horizons opposés au prolongement du confinement. Il estime que les Canadiens sont de plus en plus conscients des «dommages collatéraux» des mesures adoptées par les provinces sous la houlette du pouvoir fédéral:

«Il y a une baisse des tests de dépistage de cancers. Cela va entraîner une diminution de l’espérance de vie des cancéreux. La santé mentale se détériore partout. En Ontario, 10% des adultes auraient des pensées suicidaires. C’est quatre fois plus élevé qu’en temps normal. En Colombie-Britannique et en Ontario, il y a une épidémie de surdoses d’opioïdes. […] La population commence à se révolter», souligne-t-il. 

Selon l’organisme Statistique Canada (StatCan), 43,9 % des entreprises canadiennes déclarent ne pas pouvoir assumer plus d’endettement. Un grand nombre de sociétés pourraient donc choisir prochainement de déclarer en faillite, une situation jugée préoccupante par plusieurs experts. Le chef du Parti populaire déplore un «appauvrissement à vitesse grand V». 

«On creuse le déficit. L’État fédéral est en faillite. C’est la Banque du Canada qui est devenue le banquier de l’État fédéral. […] On imprime de l’argent et on sait que ça crée de l’inflation. Le gouvernement du Canada endette ses citoyens, mais n’a pas non plus le courage de taxer les Canadiens pour combler tous ces déficits. L’inflation sera une taxe déguisée», dénonce Maxime Bernier.

Si l’ancien ministre fédéral se montre très critique de la gestion des gouvernements, il déplore aussi ce qu’il considère comme un «consensus médiatique» autour du confinement.

«Ce qu’on voit au Québec et dans d’autres provinces, ce sont des points de presse où l’on met toujours l’accent sur le nombre de cas d’infection. C’est l’unique variable prise en compte. On fait peur à la population et les grands médias font preuve d’une complaisance servile. Durant ces points de presse, il est très rare d’entendre un journaliste poser une question délicate», conclut-il. 

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