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La ministre canadienne du Développement économique et des Langues officielles vient de dévoiler son projet de réforme de la Loi sur les langues officielles visant à promouvoir le français et à renforcer «le sentiment de sécurité linguistique» dans le pays.

Renforcer la dualité linguistique canadienne, c'est ce que cherche à obtenir le gouvernement via la réforme de la Loi sur les langues officielles préparée par la ministre du Développement économique et des Langues officielles Mélanie Joly. Selon elle, le temps est venu de «faire le point» sur la situation linguistique dans ce pays où le taux de bilinguisme, officiellement instauré en 1969, s’élève aujourd’hui à seulement 17,9%.

«Nous reconnaissons que la langue française est minoritaire par rapport à la langue anglaise et que nous avons un devoir accru de la protéger», écrit la ministre dans un document de travail rendu public ce 19 février, appelant à «en arriver à l’égalité réelle» entre les deux langues officielles.

Des juges bilingues à la Cour suprême

L’une des mesures fortes proposées dans le texte est l’exigence du bilinguisme pour des juges nommés à la Cour suprême. Bien que, selon la version actuelle de la loi, chacun ait le droit d’être compris par les juges, sans l’aide d’un interprète, devant tous les tribunaux fédéraux, les magistrats du plus haut tribunal du Canada font jusqu’ici exception à cette règle.

«Les juges nommés à la Cour suprême doivent être bilingues», estime Mme Joly.

Par ailleurs, le gouvernement prévoit de renforcer la dualité des langues dans la fonction publique en élaborant «un nouveau cadre de formation en langue seconde pour la fonction publique qui garantira un enseignement de qualité».

Faire rayonner le français

Le texte propose entre autres de reconnaître par la loi le rôle de CBC/Radio-Canada, plus ancien service de diffusion canadien, en tant qu’institution culturelle promouvant les langues officielles.

Qui plus est, le gouvernement promet de mettre en place des mesures visant à «faire rayonner le français partout dans le monde, notamment au sein des grandes organisations internationales et des ambassades, des hauts-commissariats et des missions du Canada à l’étranger».

De plus en plus de Canadiens anglophones veulent apprendre le français

Renforcer le poids du français, c’est aussi rendre son apprentissage plus accessible aux anglophones, de plus en plus intéressés par la langue française.

«Les parents anglophones n’ont jamais autant inscrit leurs enfants en classe d’immersion», expose le document qui promet aux Canadiens de présenter davantage d’occasions d’apprendre le français en invitant des enseignants francophones dans les provinces hors du Québec.

«Fini les listes d’attente dans les écoles d’immersion au pays.»

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bilinguisme, langue française, Canada
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