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    Olga Zinovieva, directrice de l'Institut biographique Alexandre Zinoviev, coprésidente du Club Zinoviev de Rossiya Segodnya

    Le prix d'un "avenir radieux" dans une caverne primitive

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    Les sanctions économiques et politiques contre la Russie vont se retourner contre l'UE, estime Olga Zinovieva, directrice de l'Institut biographique Alexandre Zinoviev, coprésidente du Club Zinoviev de Rossiya Segodnya

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    Quel prix paieront ceux qui suivent malgré eux les sanctions menaçantes de Washington contre la Russie? Le sujet mérite une attention particulière des spécialistes de tout niveau — des économistes aux écologistes en passant par les psychiatres.

    On sait ce que paieront les pays obéissants de la Communauté européenne qui suivent "de leur plein gré" les directives dictées à coups de matraque depuis l'autre côté de l'océan. Ces États qui ne font pas partie du G8 mais qui ont déjà reçu un avertissement: s'ils se souvenaient soudainement de leur souveraineté et de leur indépendance, on leur rappellerait sans tarder comment cela a été "expliqué" à la Yougoslavie par des bombardements, comment on a massacré la population civile en Irak et en Syrie, comment la France et l'Allemagne ont échoué à récupérer leurs réserves d'or… Les experts de Langley et les conseillers de la Maison blanche connaissent un tas d'histoires.

    Le monde occidental et semi-occidental (l'Ukraine, les pays baltes et les anciens membres du Conseil d'assistance économique mutuelle) connaîtra la perspective radieuse d'être "réchauffé" par le gaz de schiste de l'Oncle Sam, qui ne plaisante jamais: s'il a décidé de chauffer, il le fera. Même s'il faut pour cela recourir à des procédés destructeurs, toxiques et polluants pour extraire ce gaz. Après tout, les Américains ont ignoré le protocole de Kyoto il y a 15 ans, alors pourquoi devraient-ils renoncer à leurs principes aujourd'hui? Même si en fin de compte, tout en se disant qu'ils ont besoin de réduire la population européenne pour libérer la place au principal pays garant de la paix, de la démocratie, de l'ordre et de la justice sur la planète, leur cœur se serre de compassion pour les antipodes désintéressés.

    Dmitri Koulikov,  membre du Club Zinoviev de Rossiya Segodnya
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    L'Occident, le semi-Occident et les pays "insignifiants" comme la Chine et l'Inde savent que si les USA ont décidé que la paix devait être rétablie en Ukraine, il en sera ainsi. Après tout, ils vont se battre par le biais de forces tierces sur un territoire étranger tant qu'il ne restera pas pierre sur pierre. Et peu importe qui paiera et combien — massacrez tous ces insurgés et opposants avec des chars et des bombes à phosphore pour qu'ils ne fassent plus jamais obstacle au progrès et à l'indépendance apportés par l'Amérique, qui sème le trouble sur tous les points politiques et économiques problématiques de la planète!

    Alors, qui est responsable de tous les maux qui se sont abattus sur la communauté internationale? Si le gouvernement Porochenko n'est pas coupable d'avoir déclenché la guerre civile en Ukraine et n'est pas l'auteur des décisions "pacifiques" cannibales, les libéraux convaincus sont forcés d'accuser l'URSS, qui aurait créé l'Ukraine "artificiellement".

    Pavel Rodkine, expert en image de marque et en communication visuelle, candidat en critique d'art, membre du Club Zinoviev de Rossiya Segodnya.
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    Une question très désagréable se pose alors et à laquelle, tôt ou tard, il faudra répondre devant la Cour internationale: qui a imposé et soutenu le régime fasciste en Ukraine? Qui répondra devant la civilisation d'avoir incité l'Ukraine à créer un État mono-ethnique, un État-ghetto, une réserve au cœur de l'Europe civilisée? Qui répondra de l'effondrement économique insufflé aux pays européens? Il est évident que ceux qui veulent rejeter toute la responsabilité sur l'URSS et la Russie (notre pays est accusé de tous les séismes historiques sur la planète depuis la période glaciaire!) devront faire preuve d'une ingéniosité digne des illusionnistes pour relier des faits qui montrent le contraire. Selon la logique américano-ukrainienne, la Maison des syndicats d'Odessa s'est enflammée toute seule; Donetsk, Lougansk et Slaviansk se sont elles-mêmes bombardées avec l'aviation et les mortiers; les réfugiés fuient chez les déclencheurs de la guerre en Russie ou rendent visite à leurs grand-mères.

    Et tous les journalistes et les opérateurs inscrits sur les listes noires de l'Ukraine éclairée et de l'Occident, tout comme les députés russes, les membres de l'administration présidentielle, les artistes — bref, tout le monde — attisent une guerre contre un pays indépendant et pacifique pillé par la Russie, laissant la population ukrainienne qui n'a pas encore été écrasée par des chars sans gaz russe…

    Timofeï Sergueïtsev, membre du Club Zinoviev de Rossiya Segodnya
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    L'Amérique a du mal a tenir sa position de faiseuse de paix alors que le plat propagandiste sent le roussi et qu'il est servi dans l'assiette de l'espace médiatique mondial. En espionnant ses amis et en mentant au point que même le baron de Münchhausen en rougirait. Seule différence: ce dernier était le personnage sympathique des aventures qu'il s'inventait, où personne n'était blessé — et c'était très amusant. Alors que les "aventures" dans lesquelles l'Oncle Sam pousse la communauté internationale sont terrifiantes par leur absence de contrôle, leur cruauté et la conviction obsessionnelle que la Terre repose sur trois éléphants américains — la notion américaine de liberté, l'indépendance et le gros hamburger.

    Or ils auront tous faim, surtout après des sanctions politiques et économiques aussi abracadabrantes contre la Russie. On ne peut qu'être surpris par l'obstination des auteurs des sanctions: ils agissent selon le principe "pour que la vache du voisin crève, même si les conséquences pourraient être deux fois pires pour nous".

    Telles sont les tristes réflexions concernant l'avenir "prospère" de ceux qui creusent la tombe de l'autre, en oubliant que dans l'obscurité d'une caverne, en plus de la présence de tigres affamés, certains seront victimes de leur propre férocité. Et cette mort sera certainement terrible.

    L'Europe,mal chauffée et sans électricité, pourrait effectivement tomber dans l'un des trous de sanctions politiques et économiques creusés à la Russie. Alors que cette dernière sera parfaitement chauffée et éclairée car elle assume la responsabilité de ses actes devant la population et sur l'arène internationale, ce qu'on ne peut pas dire du Vieux Continent ni du Nouveau monde.

    La psychose de masse injectée aux dizaines de milliers d'Ukrainiens s'efforçant de prouver qu'ils ne sont pas prorusses, s'avère avoir une panoplie d'effets secondaires et un grand rayon de contamination.

    Un psychiatre compétent semble indispensable, d'autant que le patient est la partie du monde occidental du "troisième âge". Alors que le choix du diagnostic est vaste: la mégalomanie, les trous de mémoire, la paranoïa, le gaspillage d'argent incontrôlable et une manie de détruire. De détruire le monde russe qui n'a pas besoin des directives sanguinaires de Big Brother.

    C'est pourquoi mes amis qui réfléchissent reviennent de Russie en Allemagne, au Brésil, en France, en Grèce et en Italie avec des rubans de Saint-Georges sur leurs sacs-à-dos et prévoient leurs voyages à venir en Russie.

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