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    Les étrangers entre l’Europe et l’Asie

    Les étrangers entre l’Europe et l’Asie

    Photo: RIA Novosti
    Culture
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    Le pittoresque village russe de Chiriaïevo, riverain de la Volga, est depuis 1999 une véritable

    Le pittoresque village russe de Chiriaïevo, riverain de la Volga, est depuis 1999 une véritable Mecque des peintres actuels qui se rassemblent ici un été sur deux à l’occasion de la Biennale d’art contemporain qui a pour nom « Entre l’Europe et l’Asie ». Cette fois, les artistes venus de Suède, de Russie, d’Allemagne, de France et du Kazakhstan ont choisi pour thème « Les étrangers » (4-30 août).

    « En effet, il est parfois difficile de faire contacter entre eux les gens dissemblables appartenant aux cultures différentes, - fait remarquer la commissaire de la Biennale Nelia Korjova. Or, notre Biennale a été justement inventée par les artistes pour communiquer, échanger des idées et concevoir des projets communs ».

    Une équipe internationale composée d’une trentaine d’artistes a débarqué ici pour essayer de créer un produit artistique nouveau en s’inspirant de la métaphysique et de la vision du monde russes.

    Le village de Chiriaïevo, situé dans la région de Samara, y prédispose réellement. C’est un lieu emblématique pour la culture russe. Vieux de 300 ans, ce village a été « découvert » aussi loin qu’en 1870 par le grand peintre réaliste russe Ilya Répine. Venu un jour ici à l’endroit où la Volga fait une boucle dans le décor des pittoresques monts Jigouliovski, il est resté pour toujours un fervent adepte de ces lieux. On voit par exemple un paysage du fleuve sur son fameux tableau « Les haleurs de la Volga » conservé au Musée russe de Saint-Pétersbourg. D’autres maîtres, comme le mariniste Aïvazovski, le paysagiste Chichkine et l’avant-gardiste Lentoulov, ont également fait des séjours à Chiriaïevo. Plus tard, c’était au tour des étudiants de venir ici en plein air pour se faire la main à la peinture des paysages. On peut donc dire que l’art contemporain s’est installé à Chiriaïevo il y a cent ans et ne l’a pas quitté depuis.

    C’est la septième édition de la Biennale mais son thème est plus actuel que jamais. Les étrangers... La migration est devenue depuis 15 à 20 ans dans le monde entier un phénomène aussi remarqué que sensible. Les peintres actuels qui se heurtent souvent à l’incompréhension sont bien placés pour déceler les écueils et même les drames que provoque le voisinage des hommes et des cultures dissemblables. Conscient de ce problème, le peintre russe Evgueni Tchertopliassov a décidé de s’associer au projet « Les murailles de Chine ». Il est certain que « de même qu’un Chinois à l’étranger, le peintre contemporain est tout simplement obligé de se montrer inventif pour survivre ».

    « La Chine est incontestablement un pays à la culture traditionnelle mais c’est en même temps un atelier d’assemblage à l’échelle mondiale parce que tout ce qui nous entoure porte globalement la marque « Made in China ». Notre travail s’y assimile à plus d’un titre ».

    Les artistes qui participent à la Biennale sont pendant deux semaines hébergés par les villageois et se préparent à l’événement central qui est le « show des nomades ». Le 20 août, l’équipe internationale se transformera en nomades et, accompagnée de spectateurs, suivra l’itinéraire artistique qui passera par le musée Répine, l’exposition des objets d’art crées au village et les grottes calcaires dans les monts Jigouliovski également aménagés en sites d’exposition. Plus d’un millier de personnes ont assisté au show des nomades à l’occasion de la dernière Biennale.

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