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    Icônes russes à Rome et crucifix italiens à Saint-Pétersbourg

    Icônes russes à Rome et crucifix italiens à Saint-Pétersbourg

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    Le musée privé d’icônes russes, unique en Russie, a pour la première fois exposé sa collection à l’étranger et notamment à Rome, dans le vieux Château Saint-Ange.

    Le musée privé d’icônes russes, unique en Russie, a pour la première fois exposé sa collection à l’étranger et notamment à Rome, dans le vieux Château Saint-Ange. Cette exposition d’icônes russes du 15e au début du 20e siècle figure au programme de l’année croisée Italie-Russie qui se déroule du 26 septembre 2011  au 12 février 2012.

    Crée à l’initiative du mécène et entrepreneur Mikhaïl Abramov, le musée n’existe que depuis cinq ans mais n’en est pas moins devenu la plus grande collection privée d’œuvres de tradition chrétienne orientale avec près de 4000 pièces. 43 monuments de l’art russe ont été sélectionnés pour l’exposition à Rome dont aucun n’avait jamais été exposé à l’étranger. Les Italiens ont eux-mêmes choisi les icônes en faisant preuve, selon la conservatrice du musée Irina Chalina, « d’un goût infaillible et d’une connaissance profonde de l’iconographie russe ». Madame Chalina raconte dans son interview à la Voix de la Russie que le choix des experts du Château Saint-Ange s’est évidemment porté sur l’icône de la Vierge, en l’occurrence la Vierge Hodigitria, l’une des plus anciennes de l’école d’iconographie de Novgorod qui s’étaient préservées jusqu’à nos jours :

    « Elle est vraiment unique, affirme la conservatrice, puisqu’elle date du XVème siècle, époque de l’épanouissement de la grande cité russe de Novgorod. On comprend parfaitement ce qui a motivé le choix des Italiens qui associent l’icône à l’image de la Vierge à l’enfant Jésus. En fait, toute image de la Vierge, protectrice d’une maison, d’une ville ou d’une région, est sacrée pour eux. »

    Mais les visiteurs du musée de Rome pourront admirer en plus des icônes du Nord-Ouest de la Russie (Novgorod et Pskov), celles de Moscou, de la Volga, de l’Oural et du Nord, icônes venues des quatre coins du pays. Les collaborateurs du musée ont préparé un catalogue très détaillé qui décrit par le menu chacune des pièces pour permettre au public italien de mieux sentir la spécificité des écoles iconographiques russes. « La destinée des icônes en Russie est tout ce qu’il y a de plus dramatique », - rappelle Irina Chalina en évoquant la période de l’athéisme militant, quasiment tout le 20e siècle, quand les églises, les icônes et tout ce qui était lié à la religion faisaient l’objet d’une destruction systématique et impitoyable. « C’est vraiment par miracle que de nombreuses icônes ont pu se préserver jusqu’à nos jours », affirme l’experte.

    Irina Chalina estime que le musée peut surtout se prévaloir de trois icônes de Pskov datant du 16e siècle qui sont exposées en Italie. Elle fait remarquer qu’il ne reste que très peu d’icônes de Pskov de cette période. Celles qui s’étaient préservées sont naturellement allées grossir les collections du musée de Pskov. Il existe deux icônes dans le Musée Russe de Saint-Pétersbourg. Il est même beaucoup plus facile d’en trouver de plus anciennes! – s’exclame Irina Chalina. – C’est parce que les icônes de Pskov en tant que phénomène n’ont été découvertes que très tard, dans les années 1920. Quand les collectionneurs avaient compris qu’ils étaient en présence d’un phénomène absolument inédit, ils se sont immédiatement mis à leur recherche mais il était déjà trop tard. La conservatrice raconte que les rares icônes de l’école de Pskov étaient découvertes tout à fait par hasard par des peintres qui venaient en plein air dans la région de Pskov. Il arrivait qu’un d’eux, en s’installant sur un banc devant son chevalet dans une chapelle désaffectée, découvrait qu’il était assis sur une icône. Il arrachait la planche, restaurait l’image sainte qui se révélait être une icône du XVIe siècle! Chaque collectionneur rêve de tomber un jour sur une icône de Pskov, conclut la conservatrice et ajoute que le musée en compte 12!

    L’exposition des icônes russes qui a ouvert ses portes à Rome se double de l’exposition « Croix et crucifix » provenant d’une collection italienne privée qui vient de s’ouvrir à Saint-Pétersbourg. C’est le principe sur lequel se fonde le programme de l’année croisée Russie-Italie.

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