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    Le marché de l’art contemporain russe au seuil des changements

    Le marché de l’art contemporain russe au seuil des changements

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    La propriétaire de l'Aïdan Galerie, Aïdan Salakhova a annoncé le 11 avril qu’elle arrêtait son activité commerciale. Marat Guelman (Galerie Guelman) et Elena Selina (XL Galerie) ont suivi quelque temps après son exemple.

    Une réunion portant sur les problèmes et les contradictions du marché russe de l’art contemporain s’est tenue lundi dans le centre de Vinzavod à Moscou. Lors d’une conférence de presse, les galeristes russes ont parlé de leurs projets : ils ferment leurs galeries commerciales et changent le format de leur activité. 

    Marat Guelman s’est lamenté de son travail ennuyeux dans le cadre d’une galerie commerciale. « La période de l’enthousiasme est finie », tandis que l’envie de se développer est restée. Il compte organiser des expositions des peintres régionaux sous l’égide du centre de production « Alliance culturelle ».

    L’intérêt d’Aïdan Salakhova pour l’activité des galeries s’est également détérioré. Elle avait de grandes ambitions dans les années 90, elle voulait être la première en Russie à vendre Andy Warhol, à faire découvrir de nouveaux noms au grand public. Du point de vue commercial, les projets actuels ne rapportent pas assez d’argent. Aïdan Salakhova gagne plus comme peintre, sa galerie s’étant transformée en un atelier ouvert à tout le monde. 

    Quant à Elena Selina, sa XL Galerie se ferme pour devenir XL Projects. Mme Selina veut se concentrer maintenant sur le développement de l’art contemporain par l'intermédiaire des expositions dans les grands et petits musées.

    Le marché russe traverse actuellement une grande crise. L’Etat ne participe pas au développement de l’art contemporain et les collectionneurs ne font pas progresser les peintres russes à l’échelle mondiale, ils n’ont pas d’accès aux projets internationaux. 

    Selon le collectionneur et éditeur Pierre Brochet, cette politique a de tristes résultats : la plupart des gens ne comprennent pas, tout simplement, ce qu’est l’art contemporain. Et comment les gens auraient-ils pu se débrouiller dans un pays qui manque d’un vrai musée d’art contemporain ? 

    Les participants de la rencontre ont également estimé que l’œuvre des peintres contemporains n’était pas suffisamment couverte par les médias. L’art devrait être soutenu au niveau étatique et financier. 

    Quel sera l’avenir des peintres qui collaboraient avec les galeries fermée ? Et avec le marché ? Même une personne peu professionnelle pourrait comprendre que le départ de ces trois grands acteurs n’était pas une action symbolique mais bien une grande secousse pour le marché. 

    Le marché russe de l’art contemporain est un espace fermé où les notions généralement admises sont inadmissibles. 

    Selon la présidente de la maison des enchères de Londres MacDougall’s, Ekaterina MacDougall, la situation sur le marché russe est stationnaire. Après la chute du marché en 2008, les prix se stabilisent petit à petit, mais ils n’ont pas encore atteint le niveau d’avant-crise. 

    En ce qui concerne les résultats de la transformation des galeries, le marché changera sans aucun doute. Quels que soient ces changements, nous les verrons très prochainement.

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