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    « Les époux Arnolfini » de Botero vendus aux enchères pour 842 500 dollars

    « Les époux Arnolfini » de Botero vendus aux enchères pour 842 500 dollars

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    Des œuvres d’art latino-américains, de l’époque coloniale (16ème siècle) à nos jours, ont été mis aux enchères par la maison Christie’s les 22 et 23 mai à New York. Au centre de la vente aux enchères, la présentation des travaux des artistes contemporains des pays de l’Amérique latine et des îles des Caraïbes.

    L'un des lots phares de la vente aux enchères était l'œuvre de l'artiste colombien Fernando Botero. Il s’agit d’une interprétation plutôt arbitraire de l'un des tableaux les plus connus et les plus énigmatiques, fait à l’origine par le peintre flamand Jan Van Eyck qui s’appelle les Epoux Arnolfini (1434). Ce tableau de Botero a été vendu pour 842 500 dollars.

    Au début de sa carrière artistique Botero n'était pas très différent des centaines de peintres dans le monde. A la recherche de lui-même, il s’est essayé à plusieurs styles. Dans les peintures de ses débuts, on ressent l’influence d’une grande variété de maîtres de la peinture – des peintres de la Renaissance italienne, de Paul Gauguin aux muralistes Diego Rivera et José Clemente Orozco.

    Un style caractéristique et facilement reconnaissable de Botero est apparu dans la deuxième moitié des années 1950. C’est alors qu'il a commencé à peindre des personnes surdimensionnées. Tout le monde est énorme sur ses tableaux : les hommes, les chevaux, les chiens, et même les pommes. Comme l'artiste le dit lui-même, cette idée lui est venue par hasard, lorsqu’il peignait à Bogota une Nature morte avec la mandoline. Tout à coup l’instrument est devenu énorme sur sa toile. C’est alors que Botero a trouvé son thème principal.

    « J’essaie d’influencer la sensibilité et la sensualité des gens avec les formes et les volumes », explique l’artiste, pour qui l'obésité est devenue un critère de beauté, un idéal, et un credo artistique.

    De nombreux tableaux de Botero reprennent des personnages classiques, très familiers, même s’ils ont tendance à prendre un aspect un peu parodique. L’artiste a ainsi passé en revue Les tournesols de Van Gogh, ou le Portrait de Caroline Rivière d’Ingres. Bien sûr, il n’a pas pu éviter de refaire un portrait de la Mona Lisa de Léonard de Vinci. Botero avait une passion pour l’art de Van Eyck depuis assez longtemps, car sa première version des Epoux Arnolfini remonte aux années 1960.

    (Les époux Arnolfini de Jan van Eyck, 1434)

    Aujourd'hui, Botero est l’un des plus célèbres et l'un des artistes contemporains les plus chers de l’Amérique latine. Son bagage créatif est énorme : plus de 3 000 tableaux et des centaines de sculptures, avec aussi d’innombrables dessins et aquarelles. Ses oeuvres ont beaucoup de succès lors des ventes aux enchères, et leur valeur dépasse souvent un million de dollars.

    Les musées russes renferment seulement un tableau du peintre – la Nature morte à la pastèque, qui a été offert par Botero au Musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg. Il est exposé à la salle de l’Europe et de l’Amérique du 20ème siècle.

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