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    Mila Rozanova : « L’interaction avec les spectateurs me réjouit »

    Mila Rozanova : « L’interaction avec les spectateurs me réjouit »

    Photo : kinobizon.ru
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    Le cinéma est devenu un loisir familial assez populaire de nos jours en Russie. A la manière de leurs confrères européens, les distributeurs russes tentent de faire face à la prédominance des films étrangers dans les cinémas de Russie. Ils désirent habituer le public à des films de qualité et ne délaissent pas les tentatives de conquérir une audience de masse. La productrice de cinéma Mila Rozanova qui est entrée en 2012 dans le classement du magazine Screen Play des meilleurs distributeurs de films dans le monde, explique à La Voix de la Russie s’il est possible de convaincre le public de regarder également des films russes.

    Mila Rozanova a commencé à s’intéresser au cinéma à la fin des années 1990, lorsqu’elle était encore étudiante. A cette époque, les cinémas n’étaient pas populaires en Russie et on ne pouvait que rêver de la relance de l'industrie cinématographique.

    « Nous analysions ce qui était intéressant pour le spectateur », raconte Mila Rozanova. « Et notre cible, c’étaient les gens de notre âge. Ceux qui s’intéressaient au cinéma, comme nous. Il n’y avait pas de commerce lié au box-office à cette époque. De nombreux cinémas ont fermé, ou ont changé de profil, se transformant en magasins, bureaux ou centres de divertissement. Il y avait donc très peu d’écrans sur lesquels les films pouvaient être projetés. Pour la projection en salle, les films étaient dupliqués en 20 ou 30 exemplaires, et c’était normal. Actuellement, on distribue jusqu’à 2000 copies pour tout le pays ».

    Mila Rozanova a commencé son affaire avec des amis qui partageaient ses idées. Le premier projet qu’elle lancé, c’était un site d’information sur le cinéma, créé à la manière du portail américain www.imdb.com . Et en une quinzaine d’années, ce petit projet amusant s’est transformé en une grande société avec plusieurs activités.

    « Drougoïe kino (L’autre cinéma) – c’est une série pour les amateurs des œuvres cinématographiques qui font réfléchir. Nous étions ce public lorsque nous étions jeunes. Ce public existe, mais il n’est pas nombreux. Nous sortons 9 à 10 films par an dans cette série. Les coûts et les efforts qu’il faut fournir pour qu’un film soit projeté en salles est le même – que cela soit pour une production à 50 copies, ou une production qui en aura 500. Il faudra dépenser toujours autant d’efforts et de temps ».

    Philologue de formation, Mila Rozanova est actuellement productrice de la compagnie Novyye lioudi (Gens nouveaux) et directrice de la compagnie de location Karmen-film. Rozanova s’occupe de la sélection et de la distribution des films qui seront projetés en salles en Russie. Sa vie est partagée entre Moscou et Los Angeles. Rozanova essaie de mettre en œuvre les connaissances et les compétences qu’elle a acquises aux Etats-Unis, en les adaptant à la réalité du marché cinématographique russe. Et elle n’est pas la seule à partager sa vie entre les deux continents. Les spectateurs russes sont plus jeunes que les Américains, souligne la productrice.

    « Cette audience est composée d’adolescents à 70%. Des 11-17 ans - écoliers ou étudiants des premières années de l’université qui sont très actifs et qui ont beaucoup de temps libre. Lorsque j’étais jeune, je n’allais pas au cinéma, parce qu’il n’y en avait pas près de chez moi ».

    L’âge moyen du public et l'intérêt des spectateurs pour des films étrangers, ainsi que la facilité du téléchargement illégal sur Internet sont des problèmes auxquels se trouvent confrontés les producteurs russes. Mais les plus jeunes d’entre eux sont prêts à travailler dur pour y faire face. Le plus important pour eux – c’est l’intérêt. C’est pourquoi même les distributeurs se mettent aujourd’hui à produire des films, explique Rozanova. Et sa société n’est pas une exception dans ce processus. La société Novyye lioudi a déjà produit six films, notamment Iouriev den (Jour de la Saint-Georges) de Kirill Serebrennikov, ainsi que Mon père – Barychnikov de Dmitri Povolotski et Mark Drougoï. Quand elle se lance dans un nouveau projet, Mila Rozanova se demande à chaque fois pour quel public elle le réalise.

    « L’interaction avec les spectateurs me réjouit. Lorsque je trouve quelque chose qui suscite une réaction positive chez le public, je suis ravie. Je me rends aux premières des films que j’ai produits et j’observe la réaction du public. Si c’est un film pour enfants et qu’ils applaudissent et rient, cela valait le coup de réaliser ce projet ». T

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