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    L’ensemble Alexandrov a subjugué le public polonais

    L’ensemble Alexandrov a subjugué le public polonais

    Photo : Zofia Bąbczyńska-Jelonek
    Culture
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    Les spectacles de l’Ensemble Académique de Chants et Danses de l’Armée Russe Alexandrov reflètent le véritable sentiment des Polonais envers les Russes. Cela fait déjà 10 ans que Piotr Skulski, directeur de l’agence polonaise EAR, organise ses concerts et cela fait également 10 ans que les spectacles se déroulent à guichets fermés. Le 3 novembre, les artistes russes commencent une nouvelle tournée en Pologne, où ils donneront 13 concerts. Chaque concert sera organisé dans une ville différente. Pour la première fois, La Voix de la Russie en est partenaire informationnel des concerts.

    « Cela fait 10 ans que je suis lié à cet ensemble. Nous avons organisé les deux premiers concerts en mars 2004 et en octobre nous avons entamé une nouvelle tournée de 28 concerts. La salle retentissait d’applaudissements, alors que la préparation de la tournée n’est pas une chose simple. À ce moment-là, personne ne me couvrait d’éloges, je faisais sans cesse face à des problèmes administratifs absurdes.

    Après tant d’années passées, je peux vous dire que tous ceux qui étaient contre nos concerts aujourd’hui nous soutiennent. En 2004, la culture russe n’intéressait personne en Pologne. Elle n’y a jamais été popularisée, personne n’en parlait. Mais cette attitude évoluait avec le temps. L’ensemble Alexandrov a été accueilli par le public très chaleureusement depuis le début : la salle applaudissait debout. Ses concerts exercent une énorme influence sur la perception des Russes par les Polonais. J’espère qu’en tant qu’organisateurs de spectacles de l’ensemble en Pologne, nous y sommes pour quelque chose »,explique Piotr Skulski.

    Il est persuadé que ces concerts sont l’évènement logistique le plus important dans la vie culturelle de la Pologne. Tous les jours, il faut caser près de 130 artistes et 30 membres de l’équipe technique avec l’équipement dans des cars. Il faut les transporter d’une ville à une autre, gérer le travail commun des équipes techniques russes et polonaises qui gèrent les salles de concert, assurer le logement, le transport, organiser la vente de billets et s’occuper de la publicité. Et bien sûr, il faut toujours être prêt à des « surprises » qui peuvent survenir lors d’une tournée. Piotr Skulski a avoué que l’équipe technique russe ne dort pratiquement pas, il ne lui reste pas de temps pour cela.

    L’itinéraire de la tournée en Pologne change à chaque fois, aussi bien que le répertoire. Toutefois, l’accueil reste constamment chaleureux.

    « Après les premiers concerts, nous nous demandions si les autres seraient accueillis aussi bien, s’ils seraient salués par une ovation aussi chaleureuse et si les salles seraient aussi pleines. Et c’est bien le cas : les spectacles affichent complet, le public est enthousiaste et les billets se vendent comme des petits pains.

    À chaque fois, l’itinéraire de la tournée en Pologne change. Il faut donner un peu de repos aux admirateurs de l’ensemble. Nous pouvons organiser des spectacles tous les ans dans les grandes villes, alors que dans des petites non. Nous essayons donc de venir là, où nous ne sommes jamais allés, grâce à quoi le nombre de spectateurs augmente à chaque fois »,note Piotr Skulski.

    Les 10 ans de la collaboration de l’agence polonaise EAR, de son directeur avec des artistes russes ont posé les fondements d’une amitié solide. Piotr Skulski visite souvent la Russie, il la connaît très bien et parle le russe :

    « Je me suis lié d’amitié non seulement avec tous les membres de l’ensemble Alexandrov, mais, on peut dire, avec toute l’armée russe. Je suis souvent invité en Russie pour des fêtes militaires et des concerts importants. »

    Lors des discussions personnelles, ces contacts aident Piotr Skulski à combattre les stéréotypes sur la russophobie polonaise et à créer une image plus positive des Polonais et de la Pologne :

    « Je suis une sorte de Polonais de service lors des fêtes militaires. Si, en me voyant, les Russes font la grimace, mes amis russes leur expliquent que c’est vraiment un bon Polonais. »

    Aussi étrange que cela puisse paraître, l’histoire complexe des relations russo-polonaises aide Piotr Skulski dans ses contacts avec les Russes.

    « C’est vrai que l’histoire m’aide beaucoup. Le frère de mon arrière grand-père, Léopold Skulski, était Premier ministre dans la première moitié de 1919 et en 1920-1921, il était à la tête du ministère de l’Intérieur. Un peu nationaliste et un peu socialiste, il a démissionné en signe de protestation contre l’utilisation de la force armée contre les travailleurs en grève. Lors de la Seconde Guerre mondiale, il a été arrêté par le NKVD sur le territoire biélorusse et ensuite a été porté disparu.

    Je raconte cela à mes amis russes, en leur prouvant que le destin de nombreux Polonais a été déterminé par des relations complexes russo-polonaises, mais que ce fait ne doit pas assombrir nos relations actuelles. Laissons donc l’histoire aux historiens. L’histoire et l’époque actuelle sont sur des plans différents. Je ne peux pas considérer la collaboration avec les Russes à travers le prisme du destin d’un de mes proches qui a vécu il y a 100 ans. Connaître l’histoire c’est une chose, mais établir des relations contemporaines et rationnelles avec la Russie en est une autre.

    La Russie est un voisin fort et riche de la Pologne. Et ce n’est qu’avec un tel voisin que l’on peut gagner. » T

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