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    « L'Âge d'argent » russe, une lueur avant la nuit

    « L'Âge d'argent » russe, une lueur avant la nuit

    Photo: RIA Novosti
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    Fut un temps célèbre en Russie pour ses grands peintres et poètes, philosophes et musiciens, artistes et cinéastes, cette époque était désignée « l'Âge d'argent » en Russie.

    Outre les artistes, une pléiade brillante de mécènes russes est également entrée dans l’histoire culturelle. Après le déclin de cette époque, c’est en grande partie grâce aux mécènes qu’ont été créés et conservés de nombreux chefs-d’œuvre d’art russe et des institutions culturelles

    Les mécènes les plus connus étaient issus du milieu de négociants riches. La famille Mamontov, à l’origine de l’épanouissement de l’opéra russe, soutenait certains artistes. Les générations qui ont suivi éprouvent une reconnaissance particulière aux collectionneurs de l’art décoratif russe. Par exemple, aux frères Tretiakov qui ont offert une galerie d’art à Moscou, ainsi qu’à Stépan Riabouchinski qui a rassemblé une collection magnifique d’icônes pour cette galerie. Et bien entendu, à Alexeï Bakhrouchine – créateur du Musée du théâtre de Moscou, qui est aujourd’hui un des plus grands musées en son genre.

    Selon le directeur du musée Dmitri Rodionov, « On peut y voir une loi imperceptible expliquant pourquoi l’époque de l’Âge d’argent fît naître non seulement des artistes disposant d’un potentiel créateur puissant, mais également les gens qui l’ont tout de suite senti, l’ont estimé et sont devenus conservateurs de leur art. C’est étonnant ! Pourquoi tout à coup à travers toute la Russie, pas seulement dans les capitales, sont nés de tels gens issus non de la haute société, mais de la classe moyenne ? Serait-ce le pressentiment d’un temps horrible qui menacerait la Russie 20-30 ans plus tard ?... »

    Quoi qu’il en soit, l’Âge d’argent a laissé un testament artistique destiné à la culture russe et mondiale. Il suffit de se rappeler un des plus grands philosophes de cette époque, Nicolaï Berdiaev, qui occupe une place honorable parmi les « pères-fondateurs » de l’existentialisme européen. Ou encore le père de la peinture abstraite – le peintre Vassili Kandinsky qui a littéralement « contaminé » l’Europe avec l’abstractionnisme.

    Selon l’expert russe Andreï Pelipenko, « Sans l’Âge d’argent, il n’y aurait pas eu d’avant-garde russe, qui est considéré comme une des manifestations les plus merveilleuses de la culture russe à l’époque où elle devançait l’Europe. Les idées de l’Âge d’argent sont actuelles jusqu’à présent. Elles continuent d’être un exemple d’opposition à tout ce contre quoi on luttait à l’époque. Il s’agissait du caractère vulgaire de la bourgeoisie de l’époque, et aujourd’hui, tout ce qui est vulgaire, tout ce qui est bas et primitif. »

    L’Âge d’argent portait également un autre nom – la « Renaissance russe ». Voilà comment son auteur Nicolaï Berdiaev expliquait cette époque : « Il y avait un engouement de l’élan créateur, une nouveauté, une lutte, une attaque. A l’époque, la Russie était comblée de talents…» /N

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