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    Syrie : un patrimoine culturel en détresse

    Syrie : un patrimoine culturel en détresse

    © Photo: AP/Dusan Vranic
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    Les régions de Syrie et d’Irak contrôlées par les groupements radicaux armés sont le théâtre de la destruction systématique du patrimoine culturel de ces contrées. Les statistiques de l'UNESCO sont imparables : sont perdus ou endommagés irrévocablement des centaines de monuments historiques, d’expositions précieuses de musées.

    C'est n'est pas le seul problème de la Syrie et de l'Irak. « Le printemps arabe » a apporté beaucoup de malheurs au patrimoine culturel des autres pays de la région. Les pertes des musées égyptiens, particulièrement en province, sont bien connues. En Libye, les villes de Sabrata et de Leptis Magna, fondées par les Phéniciens – d’immenses musées à ciel ouvert - ont sérieusement souffert. Mais les monuments culturels de la Syrie et de l'Irak subissent les pertes les plus fortes. Rien qu’au cours des dernières semaines, on a pillé les musées dans la ville irakienne de Mossoul recelant des collections de la période sumérienne, assyrienne, babylonienne et islamique.

    En Syrie, d'après les données du Fonds du Patrimoine mondial, au cours des combats ou à la suite des actes de vandalisme, étaient endommagés tous les sites figurant dans la liste du patrimoine culturel mondial. Et 5 sites syriens sur 6 présents dans cette liste, y compris l’ancienne ville de Palmira, le château des croisés Krak des Chevaliers et les quartiers du Vieux Alep ont été ravagés.

    Le directeur général du département du patrimoine culturel de la Syrie Mamoun Abdoulkarim évoque la situation pour la La Voix de la Russie.

    « La destruction du patrimoine culturel, c’est, en effet, une menace réelle présente dans notre pays. Le personnel du Département du patrimoine culturel, deux mille cinq cent personnes travaillant dans différentes provinces du pays, tentent de changer la situation en risquant leurs vies. Des structures d'État ainsi que des habitants, inquiets face à la destruction des monuments antiques nous aident. »

    Hélas, aujourd'hui, au 21e siècle, se sont réveillées les forces de l’ignorance, capables de détruire sans aucun scrupules ni états d’âme le patrimoine culturel du pays. Elles nous repoussent délibérément vers l'époque de la barbarie. Leur conception dogmatique du monde n'accepte pas une attitude respectueuse à l’égard des anciennes cultures. En fin de compte, plusieurs régions historiques de la Syrie ont subi des destructions. Sont endommagés les monuments à Deir-Ez-Zor, détruits les monuments assyriens dans le quartier sud de la ville d'Al-Khasaka, le tombeau de Chach-Khamdan à Alep, un monument du 1 siècle avant J.C., et beaucoup d’autres monuments.

    Depuis les régions sous contrôle de l'opposition armée, de larges flux d'anciens artefacts, provenant des musées pillés et des lieux des fouilles illégales, sont exportés illégalement vers l'étranger. Le Département syrien du patrimoine culturel recherche ce qui a été volé dans les musées, et il a déjà réussi à rapatrier plusieurs objets. Mais les objets trouvés par "les archéologues noirs» sont perdus à jamais, probablement.

    Seulement les opérations conjointes de la communauté mondiale peuvent arrêter ce processus, croit Mamoun Abdoulkarim. Peut-être, cette tâche commune aidera-t-elle les politiques des différents pays à se faire entendre et à tracer par les efforts conjugués la voie vers la paix en Syrie. Car, tant que dure une guerre non déclarée contre ce pays, sa culture restera dans la liste des principales victimes. T


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