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Des centaines de dessins sur des thèmes tous différents, plus de 80.000 abonnés à son compte Instagram et un plaisir inexprimable du travail accompli - voilà un court portrait du dessinateur-caricaturiste iranien Majid Khosroanjom. Il voit dans son art un remède éventuel au monde martyrisé par le terrorisme, confie-t-il dans un entretien à Sputnik.

Le style du caricaturiste est l'utilisation d'objets réels dans ses dessins ce qui produit une composition vive, satirique et pleine d'humour. Parmi les objets utilisés, on trouve par exemple des pièces de monnaie, des serrures, des pièces d'échecs, des fruits, des fleurs et des vêtements.

. میفرماد: گفت چشم تنگ دنیادوست را یا قناعت پر کند یا خاک گور

Фото опубликовано مجید خسروانجم (@khosroanjom_majid) Фев 8 2016 в 1:02 PST

La première caricature de Majid

Quel est son parcours? Majid Khosroanjom est né dans un quartier pauvre de Téhéran en 1978. Il s'est intéressé aux caricatures à l'âge de 15 ans, raconte-t-il à Sputnik.

"Bien que je sois designer industriel de formation, les créations des caricaturistes m'attiraient depuis mon enfance. Mon histoire personnelle de créateur a commencé en 1993".

Une fois, le père de Majid lui a apporté quatre feuilles de papier, format A4, un produit rare à cette époque-là. Le garçon n'a pas pu s'endormir de la nuit et a essayé de dessiner quelque chose. Ainsi est apparue sa première caricature.

Caricaturiste en Iran

Globalement, ce style de dessiner est populaire et l'Iran ne fait pas exception.

"Notre peuple a un sens de l'humour très développé", fait-il remarquer. "Les Iraniens réagissent traditionnellement immédiatement à ce qui se passe dans le monde, inventant des blagues à ce sujet. Nous sommes tous très rieurs, et c'est ce qui explique notre passion pour les caricatures".

Les piliers du style de Majid

Sa gallérie Instagram est tout à fait singulière et ne regroupe pas que des caricatures.

"Vous pouvez y trouver par exemple des illustrations humoristiques, elles sont un peu différentes", dit le caricaturiste. "Le style que j'ai choisi est populaire notamment grâce à ce mélange de graphisme avec des objets réels, ce qui produit un plaisir visuel particulier chez celui qui le regarde, et ce plaisir est préservé dans son imagination et dans sa conscience".

Sans doute, c'est ce puzzle (graphisme + objet réel) qui a rendu les illustrations si populaires auprès des utilisateurs d'Instagram. Mais par ailleurs, Majid maîtrise aussi d'autres styles comme par exemple la photographie, le collage ou le style classique.

"Quoi que ce soit, chaque artiste doit avoir son propre style auquel il tient", croit l'interlocuteur de Sputnik. "Quant à moi, j'ai choisi celui que reflète ma gallérie".

Moins de politique, plus de sujets sociaux

Il poste régulièrement ses nouvelles créations sur son compte Instagram, mais n'aborde pas les sujets politiques. Cependant, plusieurs caricatures concernent des problèmes sociaux ce qui les lient inévitablement, mais indirectement, à la politique.

"Parmi les illustrations que j'ai créé depuis plus de 20 ans, il en existe certaines que l'on peut considérer comme politisées", admet-il. "Mais en général ça ne m'intéresse pas de dessiner des caricatures politiques".

Majid n'évoque pas les thèmes comme les élections, ne dessine pas les dirigeants politiques mondiaux connus. Mais il y a des cas dépassant la politique nationale, qui revêtent un caractère plutôt social. Exemple? Daech, et concrètement son idéologie et ses destructions qu'il inflige au monde, tout en représentant ses actions en tant que valeurs de l'islam.

"Moi je vois ce problème d'une autre façon", fait remarquer Majid. "Comme artiste, je suis obligé de protester, à travers mes œuvres, contre les terroristes, contre les atrocités qu'ils interprètent comme dogmes de l'islam. Et je vais le faire quand j'ai une plume dans mes mains et de l'imagination dans ma tête".

Les créations de Majid sont présentes dans plusieurs expositions internationales de caricatures et des histoires sur les terroristes de Daech, mais le caricaturiste préfère quand même dessiner pour son propre plaisir.

Majid dessine partout. Même les murs dans son appartement sont décorés de ses illustrations. Il utilise par ailleurs comme plateforme artistique les murs dans la ville, ce qui n'est pas toujours apprécié par la police.

Actuellement, Majid se prépare pour Norouz, le Nouvel An iranien, fêté selon le calendrier persan, bien sûr comme tout l'Iran, mais aussi artistiquement.

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Tags:
dessins, entretien, art, caricature, Etat islamique, Téhéran, Iran
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