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Situation en Afghanistan (730)
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Ali, dont le pseudonyme scénique est Ali ATH est un chanteur de rap afghan. Non seulement il compose la musique et écrit les textes de ses chansons, mais il assume entièrement l'enregistrement de ses morceaux.

Rappeur professionnel est un métier rare en Afghanistan: on n'en recense pas plus d'une centaine et tous coopèrent, défiant les lois qui régissent le monde du show business.  Il y a six ans, le héros de notre article et son ami ont créé un studio d'enregistrement dans l'appartement d'Ali. Depuis, ce petit studio improvisé situé dans une de ruelles de Kaboul a sorti non seulement les 21 tubes de son fondateur, mais aussi des albums d'autres chanteurs de rap afghans.

"Nous avons commencé à partir de zéro", confie Ali dans un entretien à Sputnik. "Nous n'avions qu'un seul ordinateur. C'est tout. En effet, j'étais en tête à tête avec mon talent qui devait se réaliser. Je suis passé à l'action et très vite d'autres mini-studios afghans ont commencé à s'adresser à moi pour profiter de mon expérience et me proposer de collaborer. L'un avait une partie d'équipements, l'autre en avait d'autres, mais tous ensemble nous pouvions procéder à un enregistrement de très haute qualité. Avec le temps, nous nous sommes procurés d'autres équipements et depuis l'année dernière travaillons avec du matériel professionnel", confie Ali dans un entretien à Sputnik.

Mais pourquoi le rap, un genre peu habituel pour l'Afghanistan, demanderez-vous? Ali explique que ce courant n'exige pas beaucoup de connaissances musicales pour pouvoir débuter et puis pousse au développement.

"Ceci m'a attiré. J'ai commencé à me perfectionner. Puis je me suis orienté sur l'écriture des textes et c'était une nouvelle étape pour moi, encore plus difficile. Et c'est ce défi qui m'a inspiré", confie-t-il.

 

Ce qu'il fait aujourd'hui est imprégné d'amour, qu'il s'agisse de ses proches, de sa patrie ou de ses compatriotes qui ont la vie dure.

"Je n'oublie pas les femmes et les enfants. Souvent ils se retrouvent au centre de mes compositions. Bien évidemment, chaque acte artistique doit être basé sur une expérience personnelle. Toutes mes émotions – comme l'amour ou la tristesse – trouvent un reflet dans ma musique", indique l'interlocuteur de Sputnik, ajoutant que pour lui la musique est un moyen de parler des problèmes qui le touchent le plus.

Intitulé "Allons mes compatriotes", son premier morceau est consacré à sa patrie, l'Afghanistan, et a été enregistré en trois langues – en dari, en persan et en anglais.

Le jour où un de ses albums s'est vendu à plus de 100.000 exemplaires, Ali s'est fixé pour objectif de devenir célèbre en dehors de sa patrie.
"Un ami américain à qui j'ai fait part de mes ambitions m'a présenté au célèbre rappeur américain – Grey. Je ne le cache pas, j'étais touché lorsque ce chanteur si populaire m'a répondu en m'envoyant un mail dans lequel il a hautement apprécié mon travail et a proposé de collaborer", avoue Ali.
Les deux rappeurs ont alors enregistré un morceau commun et projettent de lancer un album en anglais et en dari. Le travail sur ce dernier bat son plein.

"Je dois remercier la Toile de m'avoir offert l'occasion de collaborer avec  un chanteur aussi branché que Grey! Pour des raisons diverses, notre collaboration n'est pour l'instant que virtuelle", relate celui qui a déjà choisi pour héros du futur album un garçon ordinaire de Kaboul, dont la vie n'a pas toujours été facile. Son personnage lyrique profite de chaque journée de sa vie, cherche sans répit à élargir ses horizons, mais l'obscurité de l'ignorance le poursuit partout. Malgré ce défi, le héros parvient à sortir de ce monde ténébreux.

Le jeune prodige afghan envisage de verser les bénéfices du prochain album à des œuvres de bienfaisance, y compris aux fondations d'aide aux victimes des attaques terroristes qui secouent régulièrement son pays natal, l'Afghanistan. 

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Tags:
défis, terrorisme, art, musique, rap, Kaboul, Afghanistan
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