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    Justine Triet, Virginie Efira et Vincent Lacoste

    La crise de nerfs version française vu par les Russes dans «Victoria» de Justine Triet

    © Sputnik . Maria Sergééva
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    A l’occasion de l'avant-première moscovite de «Victoria», leader des ventes en France, l’équipe du film, Justine Triet, Virginie Efira et Vincent Lacoste, l'a présenté aux spectateurs russes. Au programme, des questions inattendues du public à l’équipe dévoilant le regard russe sur la façon française de vivre une crise et un entretien à Sputnik.

    Le deuxième Festival de cinéma français s’est ouvert le mercredi 12 octobre dans la soirée à Moscou devant une foule d’amateurs.

    Prévu sur cinq jours, du 12 au 16 octobre, ce festival met à l'honneur le cinéma français contemporain dans 20 villes dont Saint-Pétersbourg et Moscou, ainsi que dans six villes où sont implantées des alliances françaises: Nijni-Novgorod, Ekaterinbourg, Perm, Saratov, Ufa et Novossibirsk.

    Au cours de ce deuxième festival, six nouveaux films français seront présentés en avant-première en version originale française avec sous-titres russes avant leur sortie cet automne: « Victoria » de Justine Triet, Frantz de François Ozon, La fille inconnue de Luc et Jean-Pierre Dardenne, « La dream team » de Thomas Sorriau, « Dans les forêts de Sibérie » de Safy Nebbou, « Éternité » de Tran Anh Hung.

    A l’occasion de l'avant-première moscovite,  Justine Triet, Virginie Efira et Vincent Lacoste ont présenté le film aux spectateurs.

    Virginie Efira et Vincent Lacoste
    Virginie Efira et Vincent Lacoste

    Destiné à renverser la tendance en baisse en Russie des entrées des films français les plus porteurs depuis environ deux ans, le festival a rempli parfaitement son rôle: les cinéphiles ont acheté tous les billets disponibles à l’avance et ont entouré l’équipe pour demander des autographes et poser de nombreuses questions.

    Virginie Efira et Vincent Lacoste prennent des photo avec ses fans
    © Sputnik . Maria Sergééva
    Virginie Efira et Vincent Lacoste prennent des photo avec ses fans

    Justine Triet a confié à Sputnik que la Russie est le premier pays étranger à accueillir l'avant-première et elle se dit « inquiète et fébrile de savoir comment ça va être reçu ». 

    « J’espère juste qu’on continuera à nous inviter parce que c’est toujours très enrichissant de pouvoir partager ce qu’on fait avec notre culture… Mon film, par exemple, je suis curieuse de savoir ce que ça raconte à un jeune Russe ».

    L’inquiétude de la réalisatrice n’était pas justifiée. Le public a chaleureusement accueilli le film et a posé des questions typiquement russes qui ont surpris l’équipe.

    Justine Triet a décidé de rester dans la salle pour le début de la projection pour assister à la première séance en Russie et vérifier le son
    © Sputnik . Maria Sergééva
    Justine Triet a décidé de rester dans la salle pour le début de la projection pour assister à la première séance en Russie et vérifier le son

    Par exemple, la partie féminine de la salle ne comprenait pas comment Victoria, avocate au bord de la crise de nerfs, interprétée brillamment par la délicieuse Virginie Efira, avait pu s’adonner pleinement à la dépression et ne pas se soucier de l’éducation de ses deux petites, confiant le rôle de la mère poule à un baby-sitter dealer qu’elle connaissait à peine.

    Virginie Efira a expliqué que c’est justement parce que Victoria se permettait si peu et culpabilisait trop souvent qu’elle avait sombré dans une dépression profonde.

    Justine Triet a également ajouté que chacune a le droit de vivre sa maternité comme elle le veut et bien que ce ne soit pas le thème principal du film, c’est bien que le spectateur russe y ait prêté attention. Ça veut dire que ce sujet « est encore problématique dans l’imaginaire des gens ».

    A la question de savoir si l’équipe du film réfléchit souvent à l’influence que l'entropie de l'Univers exerce sur nos vies, le sujet traité au début du film, Vincent Lacoste, qui a avoué lire souvent des horoscopes dans le Parisien, a immédiatement réagi.

    Il a dit que la récente « découverte » de la NASA qui pourrait bousculer tous les signes astrologiques l’avait laissé bouche bée. Il a plaisanté en remarquant que c’était problématique de devenir Gémeaux quand on se croit toute sa vie Cancer, un signe très talentueux et artistique. C’est de cette découverte de la NASA « que vient la période sobre que traverse Victoria »

    Quant à la question de savoir si Vincent Lacoste est aussi compréhensif, attentif envers les femmes que son personnage, « presque un homme idéal » mais un peu féminin, il a répondu être généralement très proche de Sam: très attentif… mais dans le même temps très viril. Juste un mec parfait.

    Concernant la baisse des entrées des comédies françaises en Russie, Justine Triet a essayé d’expliquer à Sputnik le phénomène.

    « Je ne peux pas expliquer par rapport au public russe mais par contre le spectateur est plus exigeant envers les comédies, j’ai l’impression, qu’avec les drames. On peut faire des histoires très très tristes, très violentes et se planter, il y a toujours deux ou trois choses bien, mais dans une comédie, quand ça ne marche pas, c’est vraiment une catastrophe », estime la réalisatrice.

    Pour elle, d’ailleurs, son film n’est pas une comédie pure et dure mais une comédie dramatique.

    « Il y a des aspects comiques mais c’est quand-même le fond qui est assez dramatique, assez grave. Et ce dont il est question, ce n’est pas forcément quelque chose de très léger on va dire. Ça m’intéresse justement d’aborder ces sujets d’une façon un peu plus légère et donc d’amener du rire mais ce n’est pas proprement dit une comédie avec des gags toutes les 30 secondes », souligne la cinéaste.

    Elle se montre optimiste par rapport au cinéma français mais préconise de s’ouvrir plus vers l’international pour s’approprier des expériences différentes. 

    « Il y a quand-même une histoire du cinéma français qui a beaucoup rayonné à l’international et évidemment j’aimerais que ça se prolonge. C’est sûr que moi, je trouve intéressant que les Français, que le cinéma français, regarde ce qui se passe à l’étranger », conclut Justine Triet. 


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    avant-première, première, femme, vision, réalisateur, critiques, dépression, drogue, Victoria Spick, Victoria (film de Justine Triet), Festival de cinéma français 2016 à Moscou, Vincent Lacoste, Virginie Efira, Justine Triet, France, Russie
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