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    Pierre Cheremetiev

    «Ce que la Russie a perdu, la France l’a gagné»

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    La révolution russe de 1917 fut une époque de grands changements, mais aussi de grosses pertes, pour la Russie. Dans une interview accordée à Sputnik, le directeur du Conservatoire russe de Paris Serge Rachmaninoff, le comte Pierre Cheremetiev, entrouvre la porte sur la «contribution» culturelle russe à la République française de l’époque.

    L'interconnexion et l'influence mutuelle entre la France et la Russie sont immenses, de l'amour que le peuple russe a depuis des siècles pour la langue française à la pratique moderne des années croisées entre ces deux pays.

    Sputnik a rencontré le comte Pierre Cheremetiev, actuel directeur du Conservatoire russe de Paris Serge Rachmaninoff, afin de discuter avec lui de la contribution culturelle russe, de l'époque de la révolution de 1917 et son influence sur la France.

    En se présentant comme « le descendant d'une immense famille qui a toujours voulu s'éloigner de la politique et faire de la bienfaisance autour d'elle », M. Cheremetiev évoque les origines du Conservatoire russe se trouvant au cœur de la capitale française :

    « Le Conservatoire a été créé par un groupe de musiciens, compositeurs qui ont quitté la Russie en 1917. Ils étaient tous du Conservatoire de musique de Saint-Pétersbourg, Chaliapine qui était plutôt un chanteur qu'un compositeur, Tcherepnine qui était un compositeur comme Glazounov, très célèbre compositeur. »

    Il poursuit l'histoire en accueillant les journalistes de Sputnik dans son cabinet et souligne que ses murs sont décorés « des photos qui ont été prises en 1923 » et  « signées par les personnes qui se sont fait photographier à cette époque-là. » On y voit toute une pléiade des grandes célébrités de la musique du début du XXe siècle.

    Fedor Chaliapine, Serge Lifar, Alexandre Glazounov… autant de noms qui résonnent et qui marquent une époque glorieuse pour la France, pays qui les a accueillis, mais aussi pour la Russie, pays qui les a « offerts » à la France. Parmi les 300 000 Russes immigrés suite à la Révolution, on compte des dizaines de ces « artisans » de la musique et de la danse qui ont accompagné le voyage intemporel de la France à travers l'art.

    « Et le Conservatoire a mené ici, enfin les gens qui ont créé le Conservatoire ont amené ici leur talent, leurs traditions musicales et surtout la mémoire de tout ce que nous avons quitté en Russie et que nous avons emmené avec nous en France », poursuit M. Cheremetiev.

    Il présente ensuite une pièce où sont encore donnés aujourd'hui « de beaux concerts » :

    « Je peux dire que nous avons réussi à maintenir la culture russe d'avant la révolution ici et nous continuons. Et nous sommes le seul Conservatoire russe en France, mais quel Conservatoire, et comme il est célèbre ! Parce qu'il donne une très bonne éducation et, puisqu'il y a des Russes, les méthodes sont russes aussi. »

    « Et la France s'est embellie et s'est rendue célèbre en accueillant tous ces Russes qui venaient avec des talents extraordinaires. Ce que la Russie a perdu, la France l'a gagné », conclut M. Cheremetiev.

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    conservatoire, musiciens, compositeur, Grande révolution socialiste en Russie (1917), Conservatoire russe de Paris Serge Rachmaninoff, Alexandre Glazounov, Serge Lifar, Fedor Chaliapine, Paris, France, Russie
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