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    Le roi-«publivore» français sur ce qu'ont les Russes que les Français ne possèdent plus

    Le roi-«publivore» français sur ce qu'ont les Russes que les Français ne possèdent plus

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    A la veille de la 25e Nuit des publivores, le père-fondateur de cet événement cinématographique, Jean-Marie Boursicot, raconte à Sputnik comment lui est venue cette idée et précise quels pays sont les plus sensibles à son produit raffiné.

    Le publivore est celui qui consomme de la publicité par gourmandise jusqu'à en faire une indigestion, selon le fondateur de la Nuit des publivores, Jean-Marie Boursicot, qui se tient ce samedi 28 avril pour la 25e fois en Russie. Le mouvement existe depuis 40 ans et présente, chaque année, une partie particulière consacrée à la publicité d'un pays donné — d'où la connaissance parfaite des goûts du public. Pour savoir comment l'idée de créer ce mouvement est née et en quoi diffèrent les préférences des publivores de par le monde, Sputnik donne la parole à M.Bouriscot en prévision de la nuit cinématographique.

    Pour lui, la publicité «est une fenêtre ouverte sur le monde, le reflet le plus précis des états d'esprit, des mentalités, des besoins, des envies des gens. La publicité c'est le reflet de la société à un moment donné». Ainsi, en traversant les frontières, son spectacle international permet de «voyager dans son fauteuil pendant six heures dans 35-40 pays».

    Jean-Marie Boursicot
    © Sputnik . Eugene Odinokov
    Jean-Marie Boursicot
    «De plus en plus aujourd'hui il y a de moins en moins de différence d'un pays à l'autre. La modélisation, le câble, le satellite, les voyages, aujourd'hui on a les mêmes besoins et les mêmes envies dans le monde entier», ajoutant qu'il existe tout de même des différences.

    «Dans les pays de l'Est: que ce soit la Roumanie, la Hongrie, la Pologne, la Russie en Europe de l'Est, ce sont les gens qui aiment le plus s'amuser. Aux États-Unis, on fait très peu de rire, ils sont blasés, ils n'ont plus envie de rien. En France, on arrête de plus en plus de faire de rire. On fait l'Italie, on fait la Belgique, on fait beaucoup de villes du monde entier, mais au Mexique ça marche mieux qu'en France. En Europe de l'Est — ce sont des gens qui aiment s'amuser, qui aiment faire la fête. Actuellement en France, malheureusement, les gens n'ont plus envie de rien faire», déplore-t-il. «Les gens n'ont plus envie de s'amuser.»

    En Russie, il a découvert un grand appétit pour la publicité, mais aussi «un côté amitié» auquel il ne s'attendait même pas et qu'il n'a pas trouvé dans les pays anglo-saxons.

    «En dehors du côté politique», affirme-t-il à Sputnik, «je suis beaucoup plus proche au niveau de la mentalité d'un Russe que d'un Américain. Je suis beaucoup plus à l'aise avec les organisateurs russes qu'avec les organisateurs américains qui jouent leurs comédies, qui en font des tonnes qui sont très commerçants. Il n'y a pas de cœur, il n'y a pas d'émotion dans les relations qu'on a. C'est vraiment très professionnel. Alors qu'avec les Russes on est vraiment devenus amis depuis 25 ans.»

     

     

    En 2008, dans son programme, il y avait une partie entièrement consacrée à la publicité russe parce que chaque année un pays est mis à l'honneur, explique M.Boursicot. Il avait retrouvé de vieux supports publicitaires des années 1930, de l'époque soviétique «qui étaient extraordinairement, à la fois puérils, touchants et historiquement c'était important».

    «Les films russes, pour moi, ont un défaut», avoue-t-il pourtant. «Il y a des films merveilleux en Russie sur les anciens combattants, pour la fête de ceux qui ont combattu dans telle ou telle guerre. Ils sont magnifiques ces films-là, il y a des musiques, des images et un jeu de comédiens extraordinaires. Le problème, c'est qu'ils sont tristes.»

    Le métier pour M. Bouriscot est le partage d'une passion: «Depuis le plus petit je collectionne des films publicitaires, j'en ai fait mon métier depuis quarante mais au départ ce fut une collection d'enfant. J'aimais la publicité et j'aimais le cinéma. Le film publicitaire est un mélange des deux», indique-t-il, soulignant que raconter une histoire en 30, 40 secondes plutôt que pendant une heure et demie est une tâche peu facile.

    «Le produit, le côté marketing est absolument peu important pour moi. J'essaie de montrer le côté artistique et cinématographique. Ce sont deux grands moments du cinéma», rajoute-t-il, heureux que son public fidèle revient chaque année.

    Jean-Marie Boursicot reçoit à peu près 25.000 films par an du monde entier et le programme de cette année va être présenté pour la première fois.

    «C'est la première mondiale et j'aurai aimé y être pour voir la réaction du public parce que je ne sais pas comment ça va se passer», confie-t-il. «Cette année, on a beaucoup de films japonais qui sont assez nuls mais drôles, ils sont drôles dans le fait qu'ils sont très nuls et ça, ça m'amuse beaucoup.»

    L'agence de presse RIA Novosti du groupe médiatique Rossia Segodnia est l'agence de presse officielle de la Nuit des publivores. Le concours de la publicité sociale d'État «Impulsion» soutient l'événement.

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    événements, publicité, culture, art, cinéma, Jean-Marie Boursicot, Japon, France, Russie
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