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Avec la concurrence du numérique, l’existence du livre papier est-elle menacée? Pour le directeur général de la chaîne de librairies Payot en Suisse, la question «est déjà réglée». Interrogé par Sputnik, il a désigné le perdant de cette confrontation.

Contrairement à ce que l’on pourrait craindre dans un contexte d’expansion des technologies, le numérique est en grand recul par rapport au livre papier dans les pays de l’Europe continentale de l’Ouest, a confié à Sputnik Pascal Vandenberghe, chef du réseau des librairies Payot en Suisse.

Pour l’entrepreneur, «[en] Europe continentale de l’Ouest, la bataille entre le numérique et le papier est terminée». Les livres en version électronique n’ont pas connu d’élan dans leur croissance:

«Quand, au bout de 10 ans, vous faites 3 [%] de parts de marché, c’est que vous n’existez pas ou que vous êtes complémentaires».

Et de poursuivre que «même en Grande-Bretagne et aux États-Unis, depuis quatre ans, le numérique recule au profit du papier»:

«Il y a vraiment eu une vague pour des raisons économiques, culturelles, tout ce que vous voulez, pour faire vite, mais depuis quatre ans, cela recule. Alors cela a dévasté complètement le monde du livre, mais c’est en recul et le papier a repris».

Lorsque le numérique devient «une opportunité»

M.Vandenberghe insiste toutefois sur certaines exceptions, où le numérique peut être une véritable solution, s’il s’agit de pays «très grands comme la Russie» ou de pays où l’on est «très loin de la langue d’origine», comme en Inde, par exemple:

«C’est également le cas en Afrique à condition qu’ils aient Internet et des appareils. Mais l’Afrique est partagée en gros entre des pays anglophones, qui montent, et des pays francophones, qui descendent. Et pour accéder aux livres physiques, c’est très compliqué dans ces régions. Alors, le livre numérique peut être une vraie opportunité pour ces régions-là, pour accéder aux contenus.»

Librairies: une nouvelle ère

Le directeur général de Payot est également revenu sur la tendance actuelle concernant les librairies. D’après lui, «on n’est plus dans des années où [elles] reculent, on est dans des années où les librairies reviennent», mais pour éviter la baisse de leur popularité, il faut changer certaines choses et certains concepts:

«Elles doivent être plus vivantes, elles doivent devenir plus des lieux de vie. […] Nous, on était à 100 événements par an sur notre réseau en 2010, on est à 800 aujourd’hui. On a des rencontres, des animations pour les enfants, des vernissages, des dédicaces, plein de choses, avec de l’humain. Et il faut donner de bonnes raisons aux clients de venir en magasin.»

M.Vandenberghe estime «que ceux qui n’ont pas changé depuis 20 ans sont morts aujourd’hui».

«Vous savez, j’ai racheté mon entreprise Payot il y a cinq ans et puis des journalistes m’ont dit comme cela: "mais, vous croyez encore au livre?" et j’ai dit: "non, bien sûr, c’est pour cela que je prends le risque de racheter cette entreprise"», conclut ironiquement le patron du réseau Payot.

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Tags:
librairie, lecture, Europe occidentale, livre
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