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    Corée/Nord : les USA s’acharnent à défier Pyongyang

    Corée/Nord : les USA s’acharnent à défier Pyongyang

    Photo : EPA
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    La Corée du Nord a effectué un essai nucléaire qui a provoqué l'indignation de la communauté mondiale. Indignation tout à fait justifiée étant donné les nombreux accords et conventions qu'elle a adoptés pour les dénoncer ensuite.

    L'explosion en tant que telle n'a pas présenté de grand danger pour l'environnement : sa puissance était relativement faible, en plus elle a eu lieu à une grande profondeur. Les pays voisins ont bien sûr renforcé le contrôle de la radiation, mais c'était plutôt pour le plaisir du geste que par nécessité. Le Conseil de sécurité de l'ONU adoptera évidemment une nouvelle résolution condamnant la RPDC et provoquera, sans aucun doute, une réaction de Pyongyang. Puis tout se calmera jusqu'au prochain regain de tension.

    Mais c'est ce calme apparent qui préoccupe. A en juger d'après les nouvelles communiquées, la Corée du Sud et les Etats-Unis mènent une politique bien réfléchie et structurée en vue de défier la RPDC. Tels des enfants qui se taquinent dans un bac à sable, ils font tout pour que la Corée du Nord n'oublie pas un seul instant qu'elle est entourée d'ennemis dangereux et malintentionnés. Prenons le dernier essai nucléaire. Est-ce que la Corée du Nord l'a effectué à la dérobée sans en informer personne? Est-ce une manifestation de son mauvais caractère et de la mauvaise volonté de ses dirigeants? Pas tout à fait. D'abord, les « ennemis jurés », les Etats-Unis et la Corée du Sud, ainsi que la Chine voisine ont été informés à l'avance de la date de l'essai. Le reste du monde l'a appris au fur et à mesure, mais de toute façon les personnes intéressées étaient au courant. Des sources dans les services de renseignement russes le confirment. Il n'y avait nul besoin de faire des déclarations retentissantes adressées au monde entier en réalisant une explosion de 6 ou 7 kilotonnes seulement. D'autant plus que pour le reste du monde (à l'exception des Etats-Unis, de la Corée du Sud et de la Chine) les conséquences de l'explosion ne pouvaient être que politiques.

    Qui plus est, il y avait un prétexte. En décembre 2012, la Corée du Nord a lancé une fusée spatiale et a mis en orbite un satellite. Les parties intéressées ont aussitôt réagi en déclarant que la fusée spatiale avait une vocation double : à savoir qu’elle aurait pu porter une ogive nucléaire au lieu d’un satellite. Et alors, ont-elles renchéri, après avoir volé 13 000 kilomètres vers les Etats-Unis et être tombée quelque part une telle fusée peut déclencher une guerre nucléaire entre la Corée du Nord et son « ennemi officiel », les Etats-Unis.

    Ce n'est pas un secret que les fusées spatiales ont une vocation double. Cela concerne la Russie, les Etats-Unis et les autres pays. Il serait étrange que cela soit différent en Corée du Nord.

    Pyongyang a reçu une correction magistrale pour sa menace de prolifération de l'arme nucléaire. D'abord c'étaient les manoeuvres navales des Etats-Unis et de la Corée du Sud organisées à proximité des côtes nord-coréennes. Les sanctions ont suivi. Les actifs étrangers de nombreuses sociétés nord-coréennes ont été gelés et plus particulièrement ceux du Comité des technologies aérospatiales, de la Société minière de Corée du Nord et de la banque Bank of East Land, entre autres. Les Etats-Unis et la Corée du Sud ont interdit d'entrée de leur territoire le directeur général du cosmodrome nord-coréen, le chef du centre de contrôle des satellites et deux banquiers.

    La Corée du Nord n'a pas riposté par la saisie des actifs du personnel de l'ONU sur son territoire ou par des interdictions d'entrée sur son territoire. Elle a aussitôt déclaré que la réaction serait asymétrique. Et elle a réagi comme elle l'avait promis.

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