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    Moscou pourrait déployer ses Iskander pour parer l'expansion de l'Otan (experts)

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    Renforcement de la présence de l'Otan en Europe (295)
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    La Russie pourrait déployer des missiles Iskander (SS-26 Stone, selon le code Otan) dans son enclave européenne de Kaliningrad si l'Otan décidait de renforcer sa présence militaire en Europe de l'Est, affirme le général Evgueni Boujinski, ex-responsable de la direction des accords internationaux auprès du ministère russe de la Défense.

    La Russie pourrait déployer des missiles Iskander (SS-26 Stone, selon le code Otan) dans son enclave européenne de Kaliningrad si l'Otan décidait de renforcer sa présence militaire en Europe de l'Est, affirme le général Evgueni Boujinski, ex-responsable de la direction des accords internationaux auprès du ministère russe de la Défense.

    Les pays membres de l'Otan ont dévoilé mercredi que, dans le contexte des violences en Ukraine, l'Alliance pourrait déployer des contingents militaires permanents en Europe de l'Est. Comme le rappelle l'agence Reuters, les troupes de l'Otan sont actuellement présentes dans les pays d'Europe de l'Est mais par courtes rotations.

    Les Iskanders reviennent dans la partie

    "La Russie est une puissance nucléaire. En cas d'activité de la part de l'Otan elle projetterait une division d'Iskanders dans la région de Kaliningrad", a déclaré mercredi Evgueni Boujinski à RIA Novosti.

    D'après l'expert, la volonté de l'Otan de renforcer sa présence militaire en Europe de l'Est n'est qu'une partie de la guerre médiatique menée par les Etats-Unis contre la Russie en raison de la situation en Ukraine. Selon lui, cette menace ne représente pas de véritable risque pour la sécurité de la Russie.

    "Je ne vois aucun risque de conflit armé entre la Russie et l'Otan en Europe avec la participation d'unités terrestres. Il n'existe aucun risque militaire, c'est une guerre médiatique", estime le général.

    Le déploiement éventuel d'Iskanders comme contre-mesure à la création de la troisième zone de positionnement du bouclier antimissile américain (ABM) a été officiellement annoncé en automne 2008 par le président russe de l'époque, Dmitri Medvedev, mais les spécialistes avaient évoqué cette option bien avant, étant donné que les performances des Iskanders font d'eux des candidats parfaits au rôle d'"exterminateur d'ABM".

    En décembre 2013, avant le déchaînement des passions dans les relations entre la Russie et l'Occident, Vladimir Poutine avait souligné que la décision de déployer des Iskanders dans la région de Kaliningrad n'avait pas encore été prise. Selon lui, "il n'y a personne à protéger mais il faut éviter de provoquer quiconque à prendre des mesures de rétorsion".

    Après l'exacerbation de la situation en Ukraine, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a parlé d'une activité "sans précédent" des forces armées des Etats-Unis et de l'Otan près des frontières ouest de la Russie.

    Le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen a répondu que la promesse de ne pas déployer à titre permanent des troupes dans les nouveaux pays membres de l'Otan n'était plus valable quand le "niveau de sécurité changeait".

    D'après lui, la Russie se comporte actuellement comme un ennemi plutôt qu'un partenaire.

    Pour cette raison, selon Rasmussen, il est nécessaire de rendre l'Otan "plus visible" sur le territoire des pays membres.

    Les masques tombent

    Frants Klintsevitch, vice-président de la commission de la défense à la Douma (chambre basse du parlement russe), a déclaré à RIA Novosti que l'Otan confirmerait très probablement sa décision de déployer des troupes à titre permanent en Europe de l'Est, ce qui provoquerait un grand scandale.

    Cependant selon lui, la Russie a l'intention d'user de moyens diplomatiques pour expliquer aux dirigeants de ces pays que le "déploiement de bases de l'Otan sur leur territoire mettrait automatiquement ces pays en danger".

    "La présence, sur le territoire lituanien, d'un missile nucléaire moderne, pourrait signer la fin du pays. Pour les habitants et les hommes politiques, c'est un sérieux problème", estime le député.

    Dmitri Sabline, membre de la commission pour la défense et la sécurité au Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe), pense que les mesures symétriques ne sont pas encore nécessaires : "Les forces armées russes prendront des décisions pour réagir aux actions concrètes de l'Alliance".

    "Les déclarations du secrétaire général de l'Otan montrent que les masquent tombent définitivement. Il était déjà évident que le déploiement de l'ABM en Europe de l'Est signifiait l'expansion de l'Alliance vers l'est", conclut le sénateur.

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