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Le projet de réacteur russe à neutrons rapides (RNR) à caloporteur métallique BREST-300, le premier au monde, sera prêt en septembre 2014.

Le réacteur est développé par l'institut Dollejal de Moscou. Il est notoire que la Russie est un leader mondial dans la construction de réacteurs à neutrons rapides. Le réacteur industriel BN-600 fonctionne depuis de nombreuses années à la centrale nucléaire de Beloïarsk (région de Sverdlovsk). Aujourd'hui il est l'unique RNR en service au monde. Cependant l'expert du Centre scientifique russe Institut Kourtchatov Andreï Gararinski signale que le projet BREST constitue un axe tout à fait différent de l'énergie nucléaire :

« C'est une idée nouvelle, mais elle n'est pas encore réalisée. C'est un RNR à caloporteur plomb. Les RNR construits actuellement dans le monde sont refroidis au sodium. Mais le sodium brûle, en plus il réagit mal à l'eau et il faut les isoler. Il a d'autres propriétés à problèmes ».

Le plomb en est exempt. Les réacteurs actuellement en service dans le monde utilisent de l'eau pressurisée qui ne bout pas à de hautes températures. Par contre, le plomb fond seulement à plus de 300 degrés. C'est pourquoi la pression peut être plus basse. Le plomb est chimiquement passif, à l'opposé du sodium qui est actif. Voilà pourquoi l'idée d'un réacteur nouveau s'est matérialisée dans le projet BREST-300, réacteur d'une puissance de 300 MWe. Les partisans du projet estiment qu'il est moins dangereux par rapport à d'autres RNR qui sont dans leur quasi-totalité à caloporteur sodium. Cependant il y a des critiques qui prétendent qu'un réacteur à caloporteur plomb n'existe pas et que ce n'est qu'une idée théorique. Selon eux, construire un réacteur qui n'a jamais existé et, en plus, d'une puissance de 300 MWe, représente un très grand risque et il vaudrait mieux commencer par un réacteur d'essai. En plus ce réacteur requerra un combustible nouveau. Mais les partisans de BREST ont un argument de poids : après Fukushima la branche nucléaire cherche des caloporteurs nouveaux dénués de propriétés dangereuses, notamment de celles de l'eau qui entre en réaction chimique, produisant de l'hydrogène. Andreï Gagarinski trouve cependant que le caloporteur plomb ou plomb-bismuth est très prometteur.

« La Russie envisage actuellement trois versions différentes de développement des RNR. Le projet BN-1200 est traditionnel, à caloporteur sodium. Il y a aussi un petit réacteur d'essai à caloporteur plomb-bismuth d'une puissance de 100 MWe qui doit être construit près de Dimitrovgrad. Enfin, c'est le projet BREST ».

L'intérêt pour les RNR à caloporteur plomb est réservé dans le monde. Sur des centaines de versions, 6 seulement, dont un réacteur à plomb, ont été retenues dans le cadre du projet international de réacteur de 4e génération. Ce réacteur a intéressé un consortium roumano-italien. La Roumanie veut offrir son site et l'Italie, un projet. Bien que ni l'une ni l'autre ne s'en soient jamais occupées. Il faut reconnaître que les positions des partisans des réacteurs à sodium sont très solides. Seuls les Français font exception à cette tendance générale en témoignant de l'intérêt pour les RNR à gaz. N

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